SCENE XVI
NAUDIN, ROLAND, portant des fleurets qu'il pose s'ir une chaise en entrant. .
roland. Eh ! bien, vous êtes encore là, M. Naudin?.. et Gabriel, où est-il?
naudin. Gabriel ?
roland. Sans doute !. . je vous avais prié de me l'envoyer.
naudin. C'est vrai!., mais il me semblait que tout-à-l'heure dans le jardin...
roland. Je ne l'ai pas vu, et pourtant j'ai causé assez long-temps arec sa coufine.
naudin, à part. Il paraît que les choses en sont toujours au même point.
roland. C'est vraiment une femme charmante. Il est temps que je m'éloigne, que je batte en retraite... si je la voyais souvent... elle a une âme, une sensibilité...
naudin, à part. Je commence à comprendre... je commence... je commence...
roland. Mais il se fait tard... allez me le chercher, papa Naudin ; dites-lui que je l'attends.
naudin. Gabriel! oui, capitaine. (A part.) Courons lui donner ma lettre, afin qu'elle la lui remette elle-même et sur-lechamp...
ROLAN&.
Air de la walse du mari par intérim.
Maître Naudin , partez, l'heure s'avance , Et du combat voici bientôt l'instant.
NAUDIN
Jamais du ciel la juste prévoyance Ne permettra ce du»:l révoltant.
(A part.)
San* nul retard, courons vers Gabrielle , Elle est encor da,ns le jardin, je croi; Oui, pour cela, fions-nous à son zèle, C'est bien plus sûr et pour elle et pour moi.
roland, à Naudin. Eh bien ! y sommesnous?..
* ENSEMBLE
* ROLAND
Maître Naudin, partez, l'heure s'avaece, Et du combat voici bientôt l'instant :
Votre lenteur lasse ma patience ; En vérité, ça devient révoltant.
« NAUDIN
Comptez sur moi : jcfpars ; l'heure s'avance; Mais du combat, yi jain , voici l'instant, Jamais du ciÊl la juste prévoyance ^Te permettra ce duel révoltant.
Jl sort par le fond.
\ SCENEriXV.
ROLAND, GABRIELLE, en costume j militaire.
Elle arrive par la gauche au moment où Naudin sort par le fond.
gabrielle. Ah ï c'est vous , capitaine , je vous cherchais.
roland. Et moi , je te demandais à tout le monde... je viens d'envoyer M. Naudin à la décourerîe; il sort à l'instaat.
gabrielle. Il ne me trouvera pas.
roland. J'ai du nouveau à l'apprendre:
M. Naudin est raisonnable, il n'exige pas que tu épousée... c'est fort heureux... et sitôt le combat terminé, nous décampons simultanément.
gabrielle. Vous êtes donc bien pressé de partir?
roland. Très pressé. . . d'abord pour toi. . . lu es trop près de mademoiselle Nancy; il faut entre vous une distancehonnête. . . et de mon côté, je ne suis pas tranquille, non plus. . . ta cousine est trop aimable.
gabrielle. Vous trouvez?
roland. Nous venons de causer ensemble , et en la voyant de plus près, sa ressemblance avec toi m'a frappé encore davantage.
gabrielle. N'est-ce pas? c'est surprenant.. . et que vous a-t-elle dit?
roland. Mille choses qu'il me serait facile d'interpréter à mon avantage, et si on avait de l'amour-propre , on pourrût supposer. . . Mais non!. .n'y pensons plus, ma résolution est invariable. ..
gabrielle , dpart Dieu !. . est-il entêté.
roland C'est de toi seul que je veux ■n'occuper* il s'agit pour le quart-d'heure de te comporter en- brave , de fafte tes ,Cf\ preuves. (ïl"*M>prendr.e les fleurets.) Et ton J* ^ ■du'ttl est4 une superbe occasion... cependant le courage ne suffit pas... du courage sans adresse, c'est un métier de dupe, et ton éducation a été si négligée, je veux voir par moi-même, comment tu sais te défendre...
Il lui présente les fleurets.
gabrielle., * part*en prenant un. Mon Dieu, comment me tirer de-là.. .
roland. Allons, en garde...
gabrielle , d part. Faisons comme j'ai vu* faire quelquefois !..
Elle se met en garde gauchement.
roland , lui portant une botte. Courre* toi... couvre^toi...
GÀBRjEfcfcE, laissant tomber son fleurit* Àb !>> tous m'ûves fait mal,