TOUS TROIS
Oui, c'est bien ™?1
Que ie
^ J revoi..
Je vous
Viens enfin calmer nos aU fct je viens calmer vos Viens t r • Pour Iesfîmr' Viens , , Pour lesbannir Ne songeons plus qu'au plaisir!
gabrielle!» bonjour, M.« Naudin... que je t'embrasse ma bonne Nancy; comme elle est embellie depuis un an que je ne suis venue.
naudin. C'est bien, vous vous ferezdes amitiés plus tard, nous avons à nous occuper d'affaires plus essentielles.
gabrielle. Que se passe-t-il donc? il faut en effet qu'il y ait quelque chose d'ex-
traordinaire ; vous m'envoyez chereber à ma pension, vous me faire venir à la hâte, et cela sans me prévenir, sans me dire pourquoi.
naudin. Est-ce que j'ai eu le temps.
gabrielle. Vous m'avez inquiétée.
nancy. Oh ! il n'y a pas de danger.
naudin. Non, pas positivement! mais l'affaire est ^embarrassante, très embar-
rassante, il s'agit de l'arrivée au capitaine Roland.
gabrielle. Qu'est-ce que le capitaine Roland?
naudin. Ah! c'est juste, il n'était que maréchal-des-logis dans ce temps-là, ce jeune militaire qui t'a confiée à mes soins, et dont nous n'avions pas reçu de nouvelles depuis quelques années; il existe, et bientôt...
gabrielle. Il serait possible! je ne m'étais donc pas trompée; c'est lui que j'ai vu ce matin.
nancy. Ce matin ?
gabrielle. A quelques lieues d'ici., .au moment où ma voiture passait, un cheval s'emporte, le cavalier tombe, mais il se relève aussitôt; et en voyant mon effroi, il m'a fait signe de la main pour me rassurer : c'était bien lui ; mais je doutais, je n'étais pas sûre ; il y a si long-temps..,
naudin. Comment, tu l'as reconnu?
gabrielle. Oh ! oui, je ne l'ai pas oublié... j'allais périr, lorsqu'il m'a sauvée... ces souvenirs-là ne s'effacent jamais, et puis, ce quim'ôte un peu de mon mérite, c'est qu'il n'est presque pas changé.
naudin. Voilà un incident qui complique encore la question.
gabrielle. Et vous dites qu'il est capitaine? il vous a écrit?
naudin. Voici sa lettre ; elle m'a été remise par son domestique, qui a pris les devants avec ses bagages.
nancy. Lisez la donc, mon oncle, ca nous mettra au courant tout destine.
naudin. Au fait! ça vaut mieux. (Il lit.) «Stuttgard, 9 juillet, 181D. Estimable »M. Naudin, je reviens de Russie où j'é- » tais prisonnier depuis 1812.
gabrielle. Comme il a dû souffrir?
naudin. Ceci explique son silence, pendant quatre ans; car, jusque-là, il m'nvait fait parvenir exactement le prix de ta pension ; c'est une justice à lut rendre. gabrielle. Continuez, je vous en prie.
naudin. Volontiers!.. (Il lit.) « Forcé «de m'arrêter à Stuttgard, où j'attends »de l'argent qui m'est envoyé de France, «et vous savez que l'argent se fait toujours » attendre. Je vous écris à tout hasard, «persuadé que vous fiteg encore de co
«monde; mais ça ne suffit pas... Qu'est I «devenu l'enfant que j'ai remis entre vos » mains.. . I« t œur me bal quand j'y pen- »se... car, voyez-vous, c'est aujourd'hui ■ tout mon espoir, toute ma famille, et je «me suis accoutumé à le regarder comme «mon fiis
GABRIELLE. Comme SOU fils ?
HAiiDiN. Qui, ma chère amie, voilà la difficulté, ef son erreur est naturelle!., quand il t'a amenée chez moi, après l'avoir sauvée, tu port, «js un costume de petit garçon; d'ailleurs tu ne parlais qu'allemand . .et lui, n'entendait que le français... votre dialogue devait être un peu obscur.
gabrielle. Mais depuis, il fallait le détromper.
naudin. Impossible; je ne l'ai jamais revu. gabrielle. N'a-t'-il jamais donné de ses nouvelles.
naudin. Sans doute.. . ça lui était facile , j'étais ici , je ne bougeais pas !.. mais lui , quelle différence; toujours à la suite de Napoléon... quand je te croyais à Paris, il était à Vienne, et quand je le croyais à Madrid, il était à Moscou!., pas moyen de lui écrire !.. à moins de mettre sur l'adresse: «M. Roland, militaire français, en Europe, poste restante...»
nancy. En effet, ce n'était pas commode.
gabrielle. Et maintenant, cette nouvelle va l'affliger peut-être...
naudin. Je le crains... c'est-à-dire, que j'en ai uue frayeur considérable... lui qui compte sur un garçon , qui bâtit là-dessus des plans, des projets... la preuve, c'est qu'il t'a envoyé par son domestique un cadeau superbe.
gabrielle. Quoi donc?..
naudin. Un uniforme complet... sa lettre en fait mention... que va-t-il dire, quand il saura que j'ai été forcé de mettre son fils dans un pensionnat de demoiselles.'
gabrielle. Il faut cependant bien le lui apprendre.
naudin. J'en conviens , et il me semble que lu devrais t'en charger, parce qu'avec ta grâce et ton adresse naturelle...
gabrielle. Moi!., y pensez-vous ?. . et si au lieu de m'accueillir, il allait me repousser... je souffrirais trop, je n'oserais jamais.
nandin. C'est juste !.. il est plus convenable que ce soit ma nièce ; elle n'est pas maladroite non plus.
nancy. Mais mon oncle!., c'est à vous que Gabrielle a été confiée.. ^ c'est à vous d'en parler le premier au capitaine.
naudin. Tu n'as pas le sens commun!..
gabrielle. Moi , je trouve qu'elle a raison.
naudin. Comment, vous pensez que je dois...
nancy. Mais sans doute.
naudin. Nous verrons ça. . nous verrons ça.
cabrielle. Ecoutez!, n'entendez-vous pas le galop d'un cheval?..
naudin. Ah! mon Dieu... déjà ! ..
gabrielle, qui a remonté la scène. C'est lui !. . il entre dan? la cour.
nancy. Viens Gabrielle... laissons-le avec mon oncle.
Air: Fuyons sans bruit. (2me acte de Michel Perrin. )
ENSEMBLE
NANCY et GABRIELLE.
Oui!., le voici !..
Taisons-nous... de la prudence !..
Retirons-nous, Laissons-le seul avec lui.
NAUDIN
Dieu!., le voici !..
Taisons-nous... de la prudence !..
Retirez-vous, Laissez-moi seul avec lui.
„qp»Quel embarras !
Je sens le frisson d'avance.
Quel embarras Vrai, je n'en sortirai pas.
Oui, le voici !.. etc.
Gabrielle et Nancy sortent par la gauche,