‹ Le capital et le travail [microforme]Chapitre 2 sur 2 · AMIE · texte numérisé non relu

AMIE

Nous venons de Prononcer ces mots: maladie,

liCUX jours, établissement des enfants. C'est reconnaître à l'ouvrier le droit de se créer un avoir—de se faire un capital. Nous ne mentionnons ici que pour la forme, Monsieur le Président, ces thèses avancées du socialisme qui visent à tout mettre en commun au profit de la collectivité. Nous avons à Winnipeg même des doctrinaires qui marmottent entre leurs dents ces idées subversives, qui ont fait banqueroute chaque fois qu'on a essayé de les faire passer dans le domaine de la pratique.

Je parle ici devant un auditoire catholique — un auditoire nourri, par conséquent, de doctrines d'une équité parfaite. Certaines questions, quand on les pose nettement, font sourire.

Est-il dans cette salle un ouvrier qui consentirait à donner demain matin le titre de sa demeure à un comité quelconque sous prétexte que dans ce bas monde le partage doit être égal entre tous ?

Est-il un ouvrier qui livrerait demain matin son compte de banque, ses polices d'assurances et ses meubles pour que tout cela rentrât dans une masse commune ?

Est-il un ouvrier qui consentirait à recevoir la même compensation pour son travail que l'ouvrier maladroit, paresseux ou intempérant ?

Le socialisme, poussé à ses conclusions logiques, fait table rase du droit de posséder selon son mérite, non seulement pour ceux qu'on appelle capitalistes, mais aussi pour l'ouvrier et Pour sa famille. C'est l'égalité — l'égalité dans la ruine. C'est le régime actuel de la Russie. Et voyez le spectacle qu'il donne, cet infortuné pays, avec son gouver ::ment soviétiste

et son socialisme intégral appliqué à la solution des problèmes économiques. I] faut remonter au siège de

Jérusalem pour retrouver les horreurs de Petrograd et de Moscou.

Et voulez-vous savoir, vous qui vous faites vanter le bolchevisme jusqu'en plein Winnipeg, voulez-vous Savoir quelle liberté ce bolchevisme accorde même à ceux qui veulent s'en réclamer? Les mitrailleuses et les canons!

Ecoutez deux lignes, parues dans l'Echo de Paris du 26 juillet dernier:

“Les Bolcheviks répriment les grèves en Russie. —Tout en fomentant l'agitation ouvrière dans le reste de l’Europe, les Bolcheviks répriment impitoyablement les grèves en Russie. Ainsi, le commissaire Nevsky est allé avec une division de tirailleurs, réprimer la grève dans une trentaine d'entreprises de la ville de Tver, qui était sans eau, sans lumière, sans tramways, sans journaux. Nevsky interdit tous les meetings, arrêta les imprimeurs, et sous la menace des canons et des mitrailleuses, il obligea les grévistes à reprendre le travail. En même temps, il réguisitionna le dixième des ouvriers Pour les enrôler dans l'armée rouge.”

Reconnaissons-le, ou plutôt, constatons-le avec sa. tisfaction: c'est encore au Canada où les choses se sont le moins gâtées. Il y a ici beaucoup de réformes à opérer, mais il ne s'agit pas pour nous, heureusement, de relever les ruines: il s’agit plutôt de conjurer des périls menaçants et de guérir des maladies qui ne

Sont pas encore rendues à l’état aigu. C'est aux éléments pondérés dans chaque groupement et dans chaque partie du pays à s'organiser.

Vous, ouvriers catholiques et ouvriers de langue aise, dont la conduite fut toujours digne, vos Concitorens s'adressent à vous en toute confiance. Vous :‘vez une boussole Pour vous conduire: c'est l’infullibité de votre Eglise dans l'énonciation des principes généraux qui déterminent vos devoirs. Tant que vous suivrez la théologie de votre curé, nous n'aurons rien à dire, ou plutôt nous aurons à dire quelque chose et ce sera pour vous appuyer.

Et puis, affirmez-vous dans les unions dont vous faites partie. Il est urgent que dans ces unions des hommes énergiques fassent régner l'ordre, la modération et la probité.

Le droit de grève? On ne doit pas chercher à nier à l'ouvrier le droit de grève, —pourvu que la grève se fasse pour des motifs sérieux; pourvu qu'on ait essayé de la prévenir par la conciliation, et par l'arbitrage en certains cas: pourvu qu'elle soit exempte de violence; pourvu qu'elle ne lèse pas les droits généraux du public. Nous nous rappelons des grèves, survenues à Winnipeg même, qui étaient opportunes à cause de l'entètement et de l'avarice des patrons; ces grèves eurent de bons r'ésultas.

Mais encore ici, ouvriers chrétiens et partisans de l'ordre, ne souffrez pas que des agitateurs irréfléchis vous fassent coopérer à leurs oeuvres de ruine et d’oppression.

notre foi beaucoup d'hommes qui ne réclament rien que de juste et qui seraient heureux de s’allier à nos ouvriers catholiques Pour tenir en respect les pêcheurs en eau trouble.

Vous avez, Messieurs, un Patrimoine de vérité; vous devez en faire l’'aumône, la charité, aux autres groupements de ce pays d'enseignement si faux et si périlleux pour les esprits. Vous êtes les plus éclairés par la véritable instruction. Vous vous devez à vousmêmes, vous devez à vos familles, et vous devez à la Population au milieu de laquelle vous vivez de travailler au maintien de cette chose si rare et si précieuse, de cette vertu civique indispensable, qui s'appelle: LE JUSTE MILIEU.

Voilà, Monsieur le Président, quelques idées que je crois saines; je vous remercie de m'avoir fourni l'occasion d’en faire l'exposé.

Ce que nous pouvons dire ici dans Saint-Boniface est peut-être condamné à peu de retentissement. N'importe. Tenons libre de miasmes notre propre atmo- Sphère; faisons en sorte qu'il y ait chez nous l'esprit qu'il faut; occupons-nous de chez nous. Pour moi je pense sous ce rapport comme pensait Chanteclerc, le coq fameux d'Edmond Rostand:

je chante pour mon vallon en souhaitant Que dans chaque vallon un Coq en fasse autant.

Ecoles Neutres et Programmes Scolaires

Par Sa Grandeur Monseigneur Arthur Béliveau

L'unité: 5 sous par la poste, La douzaine: 50 sous, Le cent: $4.,00,

Plus les frais de poste.

plus les frais de poste.

Par Monsieur Noël Bernier

L'unité: 10 sous par la poste.

La douzaine: $1. 00,

Plus les frais de poste.

Le cent:

$8.00, plus les frais de poste,

ns

On peut se Procurer encore au Comité de Propagande LaVérendrye de l'A.C.J.C., 39, avenue Provencher, toutes les brochures et les tracts

qui se publient à Montréal et à Québec.

Toute commande est payable d'avance au

Page 1