Reports, etc., for 31 st., oct. 1848, p
en tout six heures et demie, conformément à*la loi ! Mieux encore. Pour faire coïncider leur travail avec celui des ouvriers adultes jusqu’à 8 h. 7 2 du soir, il suffisait aux fabricants de ne leur donner aucun ouvrage avant 2 h. de l’après-midi, et de les retenir ensuite sans interruption dans la fabrique jusqu à
8 li. J / 2 . « Aujourd’hui, l’on avoue expressément, que
par suite de la cupidité des fabricants et de leur envie de tenir leurs machines en haleine pendant plus de dix heures, la pratique s’est glissée en Angleterre de faire travailler jusqu’à 8 h i 2 / i du soir des enfants des deux sexes, de huit à treize ans, seuls avec les hommes, après le départ des adolescents et des femmes 1 .» Ouvriers et inspecteurs protestèrent au nom de la morale et de l’hygiène. Mais le capital pense comme Shylock : « Que le poids de mes actes retombe sur ma tête! Je veux mon droit, l’exécution de mon bail et tout ce qu’il a stipulé. »
En réalité, d’après les chiffres produits devant la Chambre des communes le 26 juillet 1850, et malgré toutes les protestations, il y avait le 15 juillet 1850, 3742 enfants dans 275 fabriques soumis à cette « pratique » nouvelle*. Ce n’était pas encore assez! L’œil de lynx du capital découvrit que la loi de 1844 défendait bien, il est vrai, de faire travailler plus de cinq heures avant midi sans une pause d’au moins trente minutes pour se restaurer, mais aussi qu’il ne prescrivait rien de pareil pour le travail postérieur. Il demanda donc et obtint la jouissance non-seulement de faire trimer de 2 à 9 h. du soir, sans relâche, des enfants de huit ans, mais encore de les faire jeûner et de les affamer.
« C’est la chair qu’il me faut, disait Shylock ; ainsi le porte le billet 3 . »
Cette façon de s’accrocher à la lettre de la loi, en tant qu’elle règle le travail des enfants, n’avait pour but que de préparer la révolte ouverte contre la même loi, en tant qu’elle règle le travail des adolescents et des femmes. On se souvient que l’objet principal de cette loi était l’abolition du faux système de relais. Les fabricants commencèrent leur révolte en déclarant tout simplement que les articles de la loi de 1844 qui défendent d’employer ad libitum les adolescents et les femmes en leur faisant suspendre et reprendre leur travail à n’importe quel moment de fa journée, n’étaient qu’une bagatelle comparativement tant que le temps de travail demeurait fixé