Depuis 1866, époque à laquelle j’écrivais ceci, il s’est
YII
La lutte pour la journée de travail normale.
Contre-coup de la législation anglaise sur les autres pays.
Le lecteur se souvient que l’objet spécial, le but réel de la production capitaliste, c’est la production d’une plus-value ou l’extorsion de travail extra, abstraction faite de tout changement dans le mode de production, provenant de la subordination du travail au capital. Il se souvient qu’au point de vue développé jusqu’ici, il n’y a que le travailleur indépendant, légalement émancipé, qui, en qualité de possesseur de marchandise, puisse passer contrat avec le capitaliste. Si dans notre esquisse historique nous avons donné un rôle important d’une part à l’industrie moderne, d’autre part au travail d’enfants et de personnes mineures physiquement et juridiquement, cette industrie n’était cependant pour nous qu’une sphère particulière, et ce travail qu’un exemple particulier de l’exploitation du travail. Cependant, sans empiéter sur les développements qui viendront plus tard, voici ce qui résulte du simple exposé des faits : <
Premièrement, le penchant du capital à prolonger la journée de travail sans trêve ni merci, trouve d’abord à se satisfaire dans les industries révolutionnées par l’eau, la vapeur et la mécanique, dans les premières créations du mode de production moderne, telles que les filatures de coton, de laine, de lin et de soie. Les changements du mode matériel de production et les changements correspondants dans les rapports sociaux de production 1 sont la première cause de cette transgression démesurée qui réclame ensuite, pour lui faire équilibre, l’intervention sociale, laquelle, à son tour, limite et règle uniformément la journée de travail avec ses temps de repos légaux. Cette intervention ne se présente donc, pendant la première moitié du dix-neuvième siècle, que comme législation exceptionnelle *. Apeine avait elle conquis ce terrain primitif du mode de production nouveau, il se trouva, sur ces entrefaites, que non-seulement beaucoup d’autres branches de production étaient entrées dans le régime de fabrique proprement dit, mais encore que des manufactures avec ud genre d’exploitation plus ou moins suranné, telles que les verreries, les poteries, etc., des métiers de vieille roche, tels que la boulangerie, et enfin même les travaux à l’établi disséminés çà et là, tels que celui du cloutier®, étaient tombés dans le domaine
opéré une nouvelle réaction. Les capitalistes, dans les branches d industrie menacées d’être soumises à la législation des fabriques, ont employé toute leur influence parlementaire pour soutenir leur • droit de citoyen » à l’exploitation illimitée de la force de travail. Ils ont trouvé naturellement dans le ministère libéral Gladstone des serviteurs de bonne volonté.
1. «La conduite de chacune de ces classes (capitalistes et ouvriers) a été le résultat de la situation relative dans laquelle elles ont été placées. » ( Reports , etc. for 31 st. Oct. 1848, p. 112.)
2. « Deux conditions sont requises pour qu’une industrie soit sujette à être inspectée et que le travail puisse y être restreint; il faut qu’on y fasse usage de la force d’eau ou de vapeur et qu’on y fabrique certains tissus spéciaux. » (Reports, etc., for 31 october 1864, p. 8).
3. On trouve sur la situation de ce genre d’industrie de trèsnombreux renseignements dans les derniers rapports de la « Children's employment commission. »