CHAPITRE XV
mière, elle donne lieu à la révolte brutale de l’ouvrier contre le moyen de travail.
Le moyen de travail accable le travailleur. Cet antagonisme direct éclate surtout lorsque des machines nouvellement introduites viennent faire la guerre aux procédés traditionnels du métier et de la manufacture. Mais dans la grande industrie ellemême, le perfectionnement du machinisme et le développement du système automatique ont des effëts analogues.
« Le but constant du machinisme perfectionné est de diminuer le travail manuel, ou d’ajouter un anneau de plus à l’enchaînure productive de la fabrique en substituant des appareils de fer à des appareils humains 1 . » « L’application de la vapeur ou de la force de l’eau à des machines qui jusqu’ici n’étaient mues qu’avec la main, est l’événement de chaque jour.... Les améliorations de détail ayant pour but l’économie de la force motrice, le perfectionnement de l’ouvrage, l’accroissement du produit dans le même temps, ou la suppression d’un enfant, d’une femme ou d’un homme sont constantes, et bien que peu apparentes, elles ont néanmoins des résultats importants 2 . » « Partout où un procédé exige beaucoup de dextérité et une main sûre, on le retire au plus tôt des mains de l’ouvrier trop adroit, et souvent enclin à des irrégularités de plusieurs genres pour en charger un mécanisme particulier, dont l’opération automatique est si bien réglée qu’un enfant peut la surveiller . 3 » « D’après le système automatique le talent de l’artisan se trouve progressivement remplacé par de simples surveillants de mécaniques 4 . » « Non-seulement les machines perfectionnées n’exigent pas l’emploi d’un aussi grand nombre d’adultes, pour arriver à un résultat donné, mais elles substituent une classe d’individus à une autre, le moins adroit au plus habile, les enfants aux adultes, les femmes aux hommes. Tous ces changements occasionnent des fluctuations constantes dans le taux du sa-
même cause peut en même temps rendre la population surabondante et détériorer la condition du travailleur. » Ricardo, l. c. p. 469. « Le but constant et la tendance de tout perfectionnement des machines est de se passer du travail de l’homme ou de diminuer son prix en substituant le travail des femmes et des enfants à celui des adultes ,ou le travail d’ouvriers grossiers et inhabiles à celui d’ouvriers habiles. « ( Ure, l. c. t. I p. 35. )