Rep., etc., for 31 oct. 1862, » p
claver. Mais quelque chose d’encore plus affreux, c’est la manière dont les changements dans les procédés de production s’effectuaient aux dépens de l’ouvrier. C’étaient de véritables expériences in corpore vili , comme celles des vivisecteurs sur les grenouilles et autres animaux à expériences. « Bien que j’aie fait connaître les recettes réelles des ouvriers dans beaucoup de fabriques, dit l’inspecteur Redgrave, il ne faut pas croire qu’ils perçoivent la même somme par semaine. Us subissent les fluctuations les plus considérables par suite des expérimentations (experimentalizing) continuelles des fabricants.... leurs salaires s’élèvent et s’abaissent suivant la qualité des mélanges faits avec le coton ; tantôt ils ne s’écartent que de 15 % de leur taux normal, et une ou deux semaines après, l’écart est de 50 à 60 °/ 0 l • » Et ces essais ne coûtaient pas seulement à l’ouvrier une bonne partie de ses vivres, il les lui fallait payer encore avec les souffrances de ses cinq sens à la fois. « Ceux qui sont chargés de nettoyer le coton m’assurent que l’odeur insupportable qui s’en dégage les rend malades.... Dans la salle où l’on carde et où l’on fait les mélanges, la poussière et la saleté causent des irritations dans toutes les ouvertures de la tête, excitent la toux et rendent la respiration difficile.... Pour l’encollage des filés dont les fibres sont courtes, on emploie au lieu de la farine d’abord usitée une multitude de matières différentes. C’est là une cause de nausée et de dyspepsie chez les tisseurs. La poussière occasionne des bronchites, des inflammations de la gorge, et les saletés contenues dans le Surate engendrent des maladies cutanées par suite de l’irrritation de la peau. »
D’autre part les matières substituées à la farine étaient pour les fabricants, grâce au poids qu’elles ajoutaient aux filés, un vrai sac de Fort-unatus. « Grâce à elles, 15 livres de matières premières une fois tissées pesaient 20 livres 2 3 . » On lit dans les rapports des inspecteurs de fabrique du 30 avril 1864 : '« L’industrie exploite aujourd'hui cette source de profits d’une manière vraiment indécente. Je sais de bonne source qu’un tissu de huit livres est fait avec cinq livres de coton et deux livres trois quarts de colle. Il entrait deux livres de colle dans un autre tissu de cinq livres un quart. C’étaient des chemises ordinaires pour l’exportation. Dans d’autres espèces de tissus la colle constituait parfois 50 % du tout, de sorte que les fabricants pouvaient se vanter et se vantaient, en effet, de devenir riches en vendant des tissus pour moins d’argent que n’en coûtaient nominalement les filés qu’ils contenaient \ » Mais les ouvriers n’avaient pas seulement à souffrir des expériences des • fabricants et des municipalités, du manque de travail et de la réduction des salaires, de la pénurie et de l’aumône, des éloges des lords et des membres de la chambre des communes, ce De malheureuses filles, sans occupation par suite de la crise cotonnière, devinrent le rebut de la société et restèrent telles....