London Economist, 19 July
4. Il nous semble que le mot valorisation exprimerait le plus exactement le mouvement qui fait d’une valeur le moven de sa propre multiplication.
saurait être que le fait d’un avare en délire *. L’accumulation des marchandises, quand elle n’est pas un incident passager de leur circulation même, est le résultat d’un encombrement du marché ou d’un excès de production 1 2 3 .
Le langage de la vie ordinaire confond encore l’accumulation capitaliste, qui est un procès de production, avec deux autres phénomènes économiques, savoir : l’accroissement des biens qui se trouvent dans le fonds de consommation des riches et ne s’usent que lentement*, et la formation de réserves ou d’approvisionnements, fait commun à tous les modes de production.
L’économie politique classique a donc parfaitement raison de soutenir que le trait le plus caractéristique de l’accumulation, c’estqueles gens entretenus par le produit net doivent être des travailleurs productifs et non des improductifs 4 5 . Mais ici commence aussi son erreur. Aucune doctrine d’Adam Smith n’a autant passé à l’état d’axiome indiscutable que celle-ci : que l’accumulation n’est autre chose que la consommation du produit net par des travailleurs productifs ou, ce qui revient au même, que la capitalisation de la plus-value n’implique rien de plus que sa conversion en force ouvrière.
Ecoutons, par exemple, Ricardo :
« On doit comprendre que tous les produits d’un pays sont consommés, mais cela fait la plus grande différence qu’on puisse imaginer, qu’ils soient consommés par des gens qui produisent une nouvelle valeur ou par d’autres qui ne la reproduisent pas. Quand nous disons que du revenu a été épargné et joint au capital, nous entendons par là que la portion du revenu qui s’ajoute au capital est consommée par des travailleurs productifs au lieu de l’être par des improductifs. Il n’y a pas de plus grande erreur que de se figurer que le capital soit augmenté par la non-consommation 6 . »
Il n’y a pas de plus grande erreur que de se figurer que « la portion du revenu qui s’ajoute au capital soit consommée par des travailleurs productifs. » D’après cette manière de voir, toute la plus-value transformée en capital deviendrait capital variable, ne serait avancée qu’en salaires. Au contraire, elle se divise, de même que la valeur-capital dont elle sort, en capital constant et capital variable, en
1. Aussi chez Balzac, qui a si profondément étudié toutes les nuances de l’avarice, le vieil usurier Gobseck est-il déjà tombé en démence, quand il commence à amasser des marchandises en vue de thésauriser.
2. “ Accumulation de marchandises... stagnation dans l’échange... excès de production. * (Th. Corhett, 1. o., p. 14).
3. C’est dans ce sens que Necker parle des « objets de faste et de somptuosité » dont « le temps a grossi l'accumulation » et que * les lois de propriété ont rassemblés dans une seule classe de la société. » OEuvres de M. Necker. Paris et Lausanne, 1789, t. II : « De l'Administration des finances de la France, p.291.
4. « Il n’est pas aujourd’hui d’économiste qui, par épargner, entende simplement thésauriser, mais, à part ce procédé étroit et insuffisant, on ne saurait imaginer à quoi peut bien servir ce terme, par rapport à la richesse nationale, si ce n’est pas à indiquer le différent emploi fait de ces épargnes selon qu’el les soutiennent l'un ou l’autre genre de travail (productif ou improductif). » Malthus, l.c.