Times, 3 sept
2. Benjamin Thompson : « Essays political, economica and philosophical, etc. » (3 vol Lond., 1796-1802). Bien entende, nous n’avons affaire ici qu’à la partie économique de ces « Essais. » Quant aux recherches de Thompson sur la chaleur, etc., leur mérite est aujourd’hui généralement reconnu. —Dans son ouvrage : « The state of the poor etc. » sir F. M. Eden fait valoir chaleureusement les vertus de cette soupe à la Rumford, et la recommande surtout aux directeurs des icorkhnuses. Il réprimande les ouvriers anglais, leur donnant à entendre « qu’en Écosse bon nombre de familles se passent de froment, de seigle et de viande, et n’ont, pendant des mois entiers, d’autre nourriture que du gruau d’avoine et de la farine d’orge mêlée avec de l’eau et du sel, ce qui ne les empêche pas de vivre très-convenablement (to live very comfortably too ). » (L. c., t. I, liv. II, ch. ii.) Au dix-neuvième siècle,il ne manque pas de gens de cet avis. « Les ouvriers anglais, » dit, par exemple, Charles R. Parry, « ne veulent manger aucun mélange de grains d’espèce inférieure. En Écosse où l 'éducation est meilleure, ce préjugé est inconnu. » ( The question of the necessity of the existing corn laws considered. Lond., 1816, p. 69 ) Le même Parry se plaint néanmoins de ce que l’ouvrier anglais « soit maintenant (1815) placé dans une position bien inférieure à celle qu’il occupait » à l’époque édénique (1797).
3. Les rapports de la dernière commission d’enquête parlementaire sur la falsification de denrées prouvent qu’en Angleterre la falsification des médicaments forme non l’exception, mais la règle. L’analyse de trente-quatre échantillons d’opium, achetés chez autantde pharmaciens, donne, par exemple, ce résultat que trente et un étaient falsifiés au moyen de la farine de froment, de Fécale de pavot, de la gomme,
la terre glaise, du sable, etc. La plupart ne contenaient pas un atome de morphine.
squires fixèrent, en 1795, le taux des salaires pour le Speenhamland, ils avaient fort bien dîné et pensaient évidemment que les travailleurs n’avaient pas besoin de faire de même.... Ils décidèrent donc que le salaire hebdomadaire serait de 3 sh. par homme, tant que la miche de pain de huit livres onze onces coûlerait 1 sh., et qu’il s’élèverait régulièrement jusqu’à ce que le pain coûtât 1 sh. 5 d. Ce prix une fois dépassé, le salaire devait diminuer progressivement jusqu’à ce que le pain coûtât 2 sh., et alors la nourriture de chaque homme serait d’un cinquième moindre qu’auparavant 1 . »
En 1814, un comité d’enquête de la Chambre des lords posa la question suivante à un certain A. Bennet, grand fermier, magistrat, administrateur d’un workhouse (maison de pauvres) et régulateur •officiel des salaires agricoles : « Est-ce qu’on observe une proportion quelconque entre la valeur du travail journalier et l’assistance paroissiale? —Mais oui, répondit l’illustre Bennet; la recette hebdomadaire de chaque famille est complétée au delà de son salaire nominal jusqu’à concurrence d’une miche de pain de huit livres onze onces et de trois pence par tête.... Nous supposons qu’une telle miche suffit pour l’entretien hebdomadaire de chaque membre de la famille, et les trois pence sont pour les vêtements. S’il plaît à la paroisse de les fournir en nature, elle déduit les trois pence. Cette pratique règne non-seulement dans tout l’ouest du Wiltshire, mais encore, je pense, dans tout le pays 2 3 . »
C’est ainsi, s’écrie un écrivain bourgeois de cette époque, « que pendant nombre d’années les fermiers ont dégradé une classe respectable de leurs compatriotes, en les forçant à chercher un refuge dans le workhouse Le fermier a augmenté ses pro¬
pres bénéfices en empêchant ses ouvriers d’accumuler le fonds de consommation le plus indispensable*. » L’exemple du travail dit à domicile nous a déjà montré quel rôle ce vol, commis sur la consommation nécessaire du travailleur, joue aujourd'hui dans la formation de la plus-value et, par conséquent, dans l’accumulation du capital. On trouvera de plus amples détails à ce sujet dans le chapitre suivant.
Bien que, dans toutes les branches d’industrie, la joartie du capital constant qui consiste en outillage 4 doive suffire pour un certain nombre d’ouvriers, — nombre déterminé par l’échelle de l’entreprise, — elle ne s’accroît pas toutefois suivant la même proportion que la quantité du travail mis en œuvre. Qu’un établissement emploie, par exemple, cent hommes travaillant huit heures par jour, et ils four-
1. G. B. Newnham (barristerat law) : A Review of the Evidence before The committees of the two Houses of Parliament on the Cornlaws. Lond., 1815, p. 20, note.
3. Ch. H'. Parry, 1. c., p. 78. De leur côté, les propriétaires fonciers ne s’indemnisèrent pas seulement pour la guerre antijacobine qu’ils faisaient au nom de l’Angleterre. En dix-huit ans, « leurs lentes montèrent au double, triple, quadruple, et, dans certains cas exceptionnels, au sextuple. » (L. c., p. 100 101 .)
é. Nous entendons par « outillage » l’ensemble des moyens de travail, machines, appareils, instruments, bâtiments, constructions, voies de transport et de communication, etc.
niront quotidiennement huit cents heures de travail. Pour augmenter cette somme de moitié, le capitaliste aura ou à embaucher un nouveau contingent de cinquante ouvriers ou àt faire travailler ses anciens ouvriers douze heures par jour au lieu de huit. Dans le premier cas, il lui faut, un surplus d avances non-seulement en salaires, mais aussi en outillage, tandis que, dans l'autre, l’ancien outillage reste suffisant. Il va désormais fonctionner davantage, son service sera activé, il s’en usera plus vite, et son terme de renouvellement arrivera plus tôt, mais voilà tout. De cette manière un excédant de travail, obtenu par une tension supérieure de la force ouvrière, augmente la plus-value et le produit net, la substance de l’accumulation, sans nécessiter un accroissement préalable et proportionnel de la partie constante du capital avancé.
Dans l’industrie extractive, celle des mines, par exemple, les matières premières n’entrent pas comme élément des avances, puisque là l’objet du travail est non le fruit d’un travail antérieur, mais bien le don gratuit de la nature, tel que le métal, le minéral, le charbon, la pierre, etc. Le capital constant se borne donc presque exclusivement à l’avance en outillage, qu’une augmentation de travail n’affecte pas. Mais, les autres circonstances restant les mêmes, la valeur et la masse du produit multiplieront en raison directe du travail appliqué aux mines. De même qu’au premier jour de la vie industrielle, l’homme et la nature y agissent de concert comme sources primitives de la richesse. Voilà donc, grâce à l’élasticité de la force ouvrière, le terrain de l’accumulation élargi sans agrandissement préalable du capital avancé
Dans l’agriculture on ne peut étendre le champ de cultivation sans avancer un surplus de semailles et d’engrais. Mais, cette avance une fois faite, la seule action mécanique du travail sur le sol en augmente merveilleusement la fertilité. Un excédant de travail, tiré du même nombre d’ouvriers, ajoute à cet effet sans ajouter à l’avance en instruments aratoires. C’est donc de nouveau l’action directe de l’homme sur la nature qui fournit ainsi un fonds additionnel à accumuler sans intervention d’un capital additionnel.
Enfin, dans les manufactures, les fabriques, les usines, toute dépense additionnelle en travail présuppose une dépense proportionnelle en matières premières, mais non en outillage. De plus, puisque l’industrie extractive et l’agriculture fournissent à l’industrie manufacturière ses matières brutes et instrumentales, le surcroît de produits obtenu dans celles-là sans surplus d’avances revient aussi à l’avantage de celle-ci.
Nous arrivons donc à ce résultat général, qu’en s’incorporant la force ouvrière et la terre, ces deux sources primitives de la richesse, le capital acquiert une puissance d’expansion qui lui permet d’augmenter ses éléments d’accumulation au delà des limites apparemment fixées par sa propre grandeur, c’està-dire par la valeur et la masse des moyens de production déjà produits dans lesquels il existe.
Un autre facteur important de l’accumulation, c’est le degré de productivité du travail social.