John Bellers, 1. c. p
2. B. de Mandeville ; « The falle of the Bees », 5« édition, Lond. 1728, Ifemarks, p. 212, 213, 328. — « Une vie sobre, un travail incessant; tel est pour le pauvre le chemin du bon-
^ heur matériel (l’auteur entend para bonheur matériel » la plus
r longue journée de travail possible et le minimum possible de subsistances) et c’est en même temps le chemin de la richesse pour l’État (l’État, c’est-à-dire les propriétaires fonciers, les capitalistes et leurs agents et dignitaires gouvernementaux).» An Essay on Trade and commerce. Lond 1770, p. 54.)
des pauvres ou histoire de la classe laborieuse en Angleterre :
« Notre zone exige du travail pour la satisfaction des besoins, et c’est pourquoi il faut qu’au moins une partie de la société travaille sans relâche.... Il en est qui ne travaillent pas et qui néanmoins disposent à leur gré des produits de l’industrie. Mais ces propriétaires ne doivent cette faveur qu’à la civilisation et à l’ordre établi; ils sont créés par les institutions civiles. »Eden aurait dû se demander : Qu’est-ce qui crée les institutions civiles? Mais de son point de vue, celui de l’illusion juridique, il ne considère pas la loi comme un produit des rapports matériels de la production, mais au contraire ces rapports comme un produit de la loi. Linguet a renversé d’un seul mot l’échafaudage illusoire de « l’esprit des lois » de Montesquieu : «L’esprit des lois, a-t-il dit, c’est la propriété. » Mais laissons continuer Eden :
« Celles-ci (les institutions civiles) ont reconnu, en effet, que l’on peut s’approprier les fruits du travail autrement que par le travail. Les gens de fortune indépendante doivent cette fortune presque entièrement au travail d’autrui et non à leur propre capacité, qui ne diffère en rien de celle des autres. Ce n’est pas la possession de tant de terre ou de tant d’argent, c’est le pouvoir de disposer du travail (« the command of labour ») qui distingue les riches des pauvres.... Ce qui convient aux pauvres, ce n’est pas une condition servile et abjecte, mais un état de dépendance aisée et libérale (« a State of easy and liberal dependence ») ; et ce qu’il faut aux gens nantis, c’est une influence, une autorité suffisante sur ceux qui travaillent pour eux.... Un pareil état de dépendance, comme l’avouera tout connaisseur de la nature humaine, est indispensable au confort des travailleurs eux-mêmes 1 . » Sir F.-M. Eden, soit dit en passant, est le seul disciple d’Adam Smith qui, au dix-huitième siècle, ait produit une œuvre remarquable 2 .