Essay on Trade and Commerce .» Lond., 1770, p
tent l’injustice tout autant que ceux que l’on condamne à l’oisiveté forcée ( condemned to forced idleness ). Si le travail était distribué d’une manière équitable, il y aurait dans ce district assez de besogne pour que chacun en eût sa part. Nous ne demandons que notre droit en invitant nos maîtres à raccourcir généralement la journée tant que durera la situation actuelle des choses, au lieu d’exténuer les uns de travail et de forcer les autres, faute de travail, à vivre des secours de la bienfaisance 1 ».
La condamnation d’une partie de la classe salariée à l’oisiveté forcée non-seulement impose à l’autre un excès de travail qui enrichit des capitalistes individuels, mais du même coup, et au bénéfice de la classe capitaliste, elle maintient l’armée industrielle de réserve en équilibre avec le progrès de l’accumulation. Prenez par exemple l’Angleterre : quel prodige que la masse, la multiplicité et la perfection des ressorts techniques qu’elle met en œuvre pour économiser le travail I Pourtant, si le travail était demain réduit à une mesure normale, proportionnée à l’âge et au sexe des salariés, la population ouvrière actuelle ne suffirait pas, il s’en faut de beaucoup, à l’œuvre de la production nationale. Bon gré, mal gré, il faudrait convertir de soi-disant «travailleurs improductifs» en «travailleurs productifs ».
Les variations du taux general des salaires ne répondent donc pas à celles du chiffre absolu de la population ; la proportion différente suivant laquelle la classe ouvrière se décompose en armée active et en armée de réserve, l’augmentation ou la diminution de la surpopulation relative, le degré auquel elle se trouve tantôt «engagée», tantôt «dégagée », en un mot, ses mouvements d’expansion et de contraction alternatifs correspondant à leur tour aux vicissitudes du cycle industriel, voilà ce qui détermine exclusivement ces variations. Vraiment ce serait une belle loi pour l’industrie moderne que celle qui ferait dépendre le mouvement du capital d’un mouvement dans le chiffre absolu de la population ouvrière, au lieu de régler l’offre du travail par l’expansion et la contraction alternatives du capital fonctionnant, c’est-à-dire d’après les besoins momentanés de la classe capitaliste. Et c’est pourtant là le dogme économiste!
Conformément à ce dogme, l’accumulation produit une hausse de salaires, laquelle fait peu à peu accroître le nombre des ouvriers jusqu’au point où ils encombrent tellement le marché que le capital ne suffit plus pour les occuper tous à la fois. Alors le salaire tombe, la médaille tourne et montre son revers. Cette baisse décime la population ouvrière, si bien que, par rapport à son nombre, le capital devient de nouveau surabondant, et nous voilà revenus à notre point de départ.
Ou bien, selon d’autres docteurs ès population, la baisse des salaires et le surcroît d’exploitation ouvrière quelle -entraîne stimulent de nouveau l’accumulation, et en même temps cette modicité du salaire empêche la population de s’accroître davantage. Puis, un moment arrive où la demande