Reports of Insp. ofFactories, 31 oct. 1863 », p
de travail recommence à en dépasser l’offre, les salaires montent, et ainsi de suite.
Et un mouvement de cette sorte serait compatible avec le système développé de la production capitaliste ! Mais, avant que la hausse des salaires eût effectué la moindre augmentation positive dans le chiffre absolu de la population réellement capable de travailler, on aurait vingt fois laissé passer le temps où il fallait ouvrir la campagne industrielle, engager la lutte et remporter la victoire !
De 1849 à 1859, une hausse de salaires insignifiante eut lieu dans les districts agricoles anglais, malgré la baisse simultanée du prix des grains. Dans le Wiltshire, par exemple, le salaire hebdomadaire monta de sept sh. à huit, dans le Dorsetshire de sept ou huit sh. à neuf, etc. C’était l’effet d’un écoulement extraordinaire des surnuméraires ruraux, occasionné par les levées pour la guerre de Crimée, par la demande de bras que l’extension prodigieuse des chemins de fer, des fabriques, des mines, etc., avait provoquée. Plus le taux des salaires est bas, plus forte est la proportion suivant laquelle s’exprime toute hausse, même la plus faible. Qu’un salaire hebdomadaire de vingt sh., par exemple, monte à vingt-deux, cela ne donne qu’une hausse de 10 pour cent : n’est-il au contraire que de sept sh. et monte-t-il à neuf, alors la hausse s’élève à 28 f pour cent, ce qui sonne mal aux oreilles. En tout cas, les fermiers poussèrent des hurlements et l ’Economist de Londres, à propos de ces salaires de meurt-de-faim, parla sans rire d’une hausse générale et sérieuse, « a general and substantial advance *». Mais que firent les fermiers? Attendirent-ils qu’une rémunération si brillante fît pulluler les ouvriers ruraux et préparât de cette manière les bras futurs, requis pour encombrer le marché et déprimer les salaires de l’avenir ? C’est en effet ainsi que la chose se passe dans les cerveaux doctrinaires. Par contre, nos braves fermiers eurent tout simplement recours aux machines, et l’armée de réserve fut bientôt recrutée au grand complet. Un surplus de capital, avancé sous la forme d’instruments puissants, fonctionna dès lors dans l’agriculture anglaise, mais le nombre des ouvriers agricoles subit une diminution absolue.
Les économistes confondent les lois qui régissent le taux général du salaire et expriment des rapports entre le capital collectif et la force ouvrière collective, avec les lois qui distribuent la population entre les diverses sphères de placement du capital.
Des circonstances particulières favorisent l’accumulation tantôt dans telle branche d’industrie, tantôt dans telle autre. Dès que les profits y dépassent le taux moyen, des capitaux additionnels sont fortement attirés, la demande de travail s’en ressent, devient plus vive et fait monter les salaires. Leur hausse attire une plus grande partie de la classe salariée à la branche privilégiée, jusqu’à ce que celle-ci soit saturée de force ouvrière, mais, comme l’affluence des candidats continue, le salaire retombe bientôt à son niveau ordinaire ou descend plus bas