‹ Le capitalChapitre 281 sur 356 · Economist, Jan · texte numérisé non relu

Economist, Jan

encore. Alors l’immigration des ouvriers va npnseulement cesser, mais faire place à leur émigra-, don en d’autres branches d’industrie. Làlécono-' miste se flatte d’avoir surpris le mouvement social 1 sur le fait. Il voit de ses propres yeux que l’accumulation du capital produit une hausse des salaires, cette hausse une augmentation des ouvriers, cette augmentation une baisse des salaires, et celle-ci enfin une diminution des ouvriers. Mais ce n’est après tout qu’une oscillation locale du marché de travail qu’il vient d’observer, oscillation produite par le mouvement de distribution des travailleurs entre les diverses sphères de placement du capital.

Pendant les périodes de stagnation et d’activité moyenne, l’armée de réserve industrielle pèse sur l’armée active, pour en refréner les prétentions pendant la période de surproduction et de haute prospérité. C’est ainsi que la surpopulation relative, une fois devenue le pivot sur lequel tourne la loi de l’offre et la demande de travail, ne lui permet de fonctionner qu’entre des limites qui laissent assez de champ à l’activité d’exploitation et à l’esprit dominateur du capital.

Revenons, à ce propos, sur un grand exploit de la « science ». Quand une partie du fonds de salaires vient d’être convertie en machines, les utopistes de l’économie politique prétendent que cette opération, tout en déplaçant, à raison du capital ainsi fixé, des ouvriers jusque-là occupés, dégage en même temps un capital de grandeur égale pour leur emploi futur dans quelque autre branche d’industrie. Nous avons déjà montré (voir « Théorie de la compensation », chapitre XY, numéro vi), qu’il n’en est rien ; qu’aucune partie de l’ancien capital ne devient ainsi disponible pour les ouvriers déplacés, mais qu’eux-mêmes deviennent au contraire disponibles pour les capitaux nouveaux, s’il y en a. Ce n’est que maintenant qu’on peut apprécier toute la frivolité de cette «théorie de compensation.»

Les ouvriers atteints par une conversion partielle* du fonds de salaire en machines appartiennent à diverses catégories. Ce sont d’abord ceux qui ont été licenciés, ensuite leurs remplaçants réguliers, enfin le contingent supplémentaire absorbé par une industrie dans son état ordinaire d’extension. Ils sont maintenant tous disponibles, et tout capital additionnel, alors sur le point d'entrer en fonction, en peut disposer. Qu’il attire eux ou d’autres, l’effet qu’il produit sur la demande générale du travail restera toujours nul, si ce capital suffit juste pour retirer du marché autant de bras que les machines y en ont jetés. S’il en retire moins, le chiffre du surnumérariat augmentera au bout du compte, et, enfin, s’il en retire davantage, la demande générale du travail ne s'accroîtra que de l’excédant des bras qu’il «engage» sur ceux que la machine a «dégagés». L’impulsion que des capitaux additionnels, en voie de placement, auraient autrement donnée à la demande générale de bras, se trouve donc en tout cas neutralisée, jusqu’à concurrence des bras jetés par les machines sur le marché du travail.

Et c’est là l’effet général de toutes les méthodes qui concourent à rendre des travailleurs surnuméraires. Grâce à elles, l’offre et la demande de tra-

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