‹ Le capitalChapitre 286 sur 356 · A. Dissertation on the Poor Laws, by a Wellwisher of · texte numérisé non relu

A. Dissertation on the Poor Laws, by a Wellwisher of

Si le moine vénitien trouvait dans la fatalité économique de la misère la raison d’être de la charité chrétienne, ducélibat, des monastères, couvents, etc., le révérend préhendé y trouve donc au contraire un prétexte pour passor condamnation sur les « poor iaws », les lois anglaises qui donnent aux pauvres le droit aux secours de la paroisse.

« Le progrès de la richesse sociale, » dit Storch , « enfante cette classe utile de la Société.... qui exerce les occupations les plus fastidieuses, les plus viles et les plus dégoûtantes, qui prend, en un mot, sur ses épaules tout ce que la vie a de désagréable et d’assujettissant et procure ainsi aux autres classes le loisir, la sérénité d’esprit et la dignité conventionnelle (I) de caractère, etc. »*. Puis, après s’être demandé en quoi donc au bout du compte ellel’emporte sur la barbarie, cette civilisation capitaliste avec sa misère et sa dégradation des masses, il ne trouve qu’un mot à répondre — la sécurité !

Sismondi constate que, grâce au progrès de l’industrie et de la science, chaque travailleur peut produire chaque jour beaucoup plus que son entretien quotidien. Mais cette richesse, produit de son travail, le rendrait peu propre au travail, s’il était appelé à la consommer. Selon lui « les hommes (bien entendu, les hommes non-travailleurs) renonceraient probablement à tous les perfectionnements des arts , à toutes les jouissances que nous donnent les m,anufactures, s'il fallait que tous les achetassent par un travail constant , tel que celui de l'ouvrier... Les efforts sont aujourd’hui séparés de leur récompense ; ce n’est pas le même homme qui travaille et qui se repose ensuite : mais cesl parce que l'un travaille que l’autre doit se reposer... La multiplication indéfinie des pouvoirs productifs du travail ne peut donc avoir pour résultat que l’augmentation du luxe ou des jouissances des riches oisifs*». Cherbuliez , disciple de Sismondi, le complète en ajoutant : «Les travailleurs eux-mêmes..., en coopérant à l’accumulation des capitaux productifs , contribuent à l'évènement qui , tôt ou tard , doit les priver d'une partie de leurs salaires J »

Enfin, le zélateur à froid de la doctrine bourgeoise, Deslutt de Tracy , dit carrément:

« Les nations pauvres, c’est là où le peuple est à

Mankind (theReverend M. J. Townsend), 1786, nouvelle éd. Londres, 1817, p. 15. Ce pasteur « délicat », dont le pamphlet que nous venons de citer ainsi que le Voyage en Espagne ont été impudemment pillés par Malthus, emprunta lui-même une bonne partie de sa doctrine à Sir J. Steuart, tout en le défigurant. Si Steuart dit, par exemple : «L’esclavage était le seul moyen de faire travailler les hommes au delà de leurs besoins, et pour qu’une partie de l’État nourrît gratuitement l’autre ; c’était un moyen violent de rendre les hommes laborieux [pour d’autres hommes]. Alors les hommes étaient obligés à travailler, parce qu’ils étaient esclaves d’autres hommes; aujourd’hui les hommes sont obligés de travailler [pour d’autres hommes qui ne travaillent pas], parce qu’ils sont esclaves de leur propre besoin » (Steuart, 1. c , ch. vu.)— il n’en conclut pas, comme le philanthrope clérical, qu’il faut mettre aux salariés le râtelier bien haut. Il veut, au contraire, qu’en augmentant leurs besoins on les incite à travailler davantage pour les gens comme il faut.

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