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chapitre XXV

C’est Londres qui occupe le premier rang sous le rapport des logements encombrés, ou absolument impropres à servir d’habitation humaine. Il y a deux faits certains, dit le docteur Hunter : « Le premier, c’est que Londres renferme vingt grandes colonies fortes d’environ dix mille personnes chacune, dont l’état de misère dépasse tout ce qu’on a vu jusqu’à ce jour en Angleterre, et cet état résulte presque entièrement de l’accommodation pitoyable de leurs demeures. Le second, c’est que le degré d’encombrement et de ruine de ces demeures est bien pire qu’il y a vingt ans 1 . Ce n’est pas trop dire que d’affirmer que dans nombre de quartiers de Londres et de Newcastle la vie est réellement infernale 2 . »

A Londres, la partie même la mieux posée de la classe ouvrière, en y joignant les petits détaillants et d’autres éléments de la petite classe moyenne, subit chaque jour davantage l’influence fatale de ces abjectes conditions de logement, à mesure que marchent les « améliorations, » et aussi ladémolitiondes anciens quartiers, à mesure que les fabriques toujours plus nombreuses font affluer des masses d’habitants dans la métropole, et enfin que les loyers des maisons s’élèvent avec la rente foncière dans les villes. « Les loyers ont pris des proportions tellement exorbitantes, que bien peu de travailleurs peuvent payer pins d’une chambre 3 .33 Presque pas de propriété bâtie à Londres qui ne soit surchargée d’une foule d’intermédiaires (middlemen). Le prix du sol y est très-élevé en comparaison des revenus qu’il rapporte annuellement, chaque acheteur spéculant sur la perspective de revendre tôt ou tard son acquêt à un prix de jury (c’est-à-dire suivant le taux établi par les'jurys d’expropriation), ou sur le voisinage d’une grande entreprise qui en hausserait considérablement la valeur. De là un commerce régulier pour l’achat de baux près d’expirer. « Des gentlemen de cette profession il n’y a pas autre chose à attendre ; ils pressurent les locataires le plus qu’ils peuvent et livrent ensuite la maison dans le plus grand délabrement possible aux successeurs 4 .33 La location est à la semaine, et ces messieurs ne courent aucun risque. Grâce aux constructions de voies ferrées dans l’intérieur de la ville, « on a vu dernièrement dans la partie est de Londres une foule de familles, brusquement chassées de leurs logis un samedi soir, errer à l’aventure, le dos chargé de tout leur avoir en ce monde, sans pouvoir trouver d’autre refuge que leWorkhouse 5 .33 Les Workhouses sont déjà remplis

!. L. c., p. 89. Le D r Hunter dit à propos des enfants que ' renferment ces colonies : « Nous ne savons pas comment les enfants étaient élevés avant cette époque d’agglomération des pauvres toujours plus considérable : mais ce serait un audacieux prophète que celui qui voudrait nous dire quelle conduite nous avons à attendre d’enfants qui, dans des conditions sans précédent en ce pays, font maintenant leur éducation — qu’ils mettront plus tard en pratique — de classes dangereuses, en passant la moitié des nuits au milieu de gens de tout<ôge, ivres, obscènes et querelleurs » (1. c., p. 56).

3 Iteport af the Of/icer of Health of St. Martin's in the Fields. 1865.

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