Public Health. Seventh Report. Lond., 1865, p
sures de salubrité n’étaient pas prises sur-le-champ. Il y a un an environ, M. Jay s’engagea à faire préparer une maison où les gens qu’il occupe devaient passer aussitôt qu’ils seraient atteints de maladie contagieuse. Il a renouvelé sa promesse vers la fin du mois de juillet dernier, mais il n’a rien fait, bien que depuis lors on ait eu à constater plusieurs cas de petite vérole dans les cabanes mêmes qu’il me décrivit comme étant dans des conditions effroyables. Pour votre information (celle du ministre) je dois ajouter que notre paroisse possède une maison isolée, dite la maison des pestiférés (pest-house), où les habitants atteints de maladies contagieuses reçoivent des soins. Cette maison est depuis des mois encombrée de malades. Dans une même famille, cinq enfants sont morts de la petite vérole et de la fièvre. Depuis le premier avril jusqu’au premier septembre de cette année, il n’y a pas eu moins de dix cas de morts de la petite vérole, quatre dans les susdites cabanes, le foyer de la contagion. On ne saurait indiquer le chiffre des cas de maladie, parce que les familles qui en sont affligées font tout leur possible pour les cacher 1 . »
Les houilleurs et les autres ouvriers des mines appartiennent aux catégories les mieux payées de la classe ouvrière anglaise. A quel prix ils achètent leur salaire, on Ta vu précédemment 2 . Mais ici nous ne considérons leur situation que sous le rapport de l’habitation. En général, l’exploiteur de la mine, qu’il en soit le propriétaire ou le locataire, fait construire un certain nombre de cottages pour ses ouvriers. Ceux-ci reçoivent en outre du charbon gratis, c’est-à-dire qu’une partie de leur salaire leur est payée en charbon et non en argent. Les autres, qu’on ne peut loger de cette façon, obtiennent en compensation quatre 1. st. par an.
Les districts des mines attirent rapidement une grande population composée des ouvriers mineurs et des artisans, débitants, etc., qui se groupent autour d’eux. Là, comme partout où la population est très-dense, la rente foncière est très-élevée. L’entrepreneur cherche donc à établir à l’ouverture des mines, sur l’emplacement le plus étroit possible, juste autant de cottages qu’il en faut pour parquer ses ouvriers et leurs familles. Quand on ouvre, aux environs, des mines nouvelles, ou que Ton reprend l’exploitation des anciennes,.la presse devient naturellement extrême. Un seul motif préside à la construction de ces cottages, & l’abstinence » du capitaliste, son aversion pour toute dépense d’argent comptant qui n est pas de rigueur.
1. L. c., p. 18, note. Le curateur des pauvres de la Chapelen-le-Frith-Union écrit dans un rapport au Registrar général :
« A Doveholes, on a percé, dans une grande colline de terre calcaire, un certain nombre de petites cavités servant d’habitation aux terrassiers et autres ouvriers occupés au chemin de fer. Elles sont étroites, humides, sans décharge pour les immondices et sans latrines. Pas de ventilation, si ce n’est au moyen d’un trou à travers la voûte, lequel sert en même temps de cheminée. La petite vérole y fait rage et a déjà occasionné divers cas de mort parmi les Troglodytes. » L. c. n. 2.
2. La note donnée à la fin de la section IV se rapporte surtout aux ouvriers des mines de charbon. Dans les mines de métal, c’est encore bien pis. Voy. le Rapport consciencieux de la « Royal Commission » de 1864.