‹ Le capitalChapitre 296 sur 356 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

troisième rang. « Ici, dans une des villes les plus riches de l’Europe, la pauvreté réduite au plus extrême dénuement (blank poverty) surabonde, ainsi que la misère domestique *. »

c) La population nomade. — Les mineurs.

Les nomades du prolétariat se recrutent dans les campagnes, mais leurs occupations sont en grande partie industrielles. G’e s t l’infanterie légère du capital, jetée, suivant les besoins du moment, tantôt sur un point du pays, tantôt sur un autre. Quand elle n’est pas en marche, elle campe. On l’emploie à la bâtisse, aux opérations de drainage, à la fabrication de la brique, à la cuite de la chaux, à la construction des chemins de fer, etc. Colonne mobile de la pestilence, elle sème sur sa route, dans les endroits où elle assoit son camp et alentour, la petite vérole, le typhus, le choléra, la fièvre scarlatine, etc. *. Quand des entreprises, telles que la construction des chemins de fer, etc., exigent une forte avance de capital, c’est généralement l’entrepreneur qui fournit à son armée des baraques en planches ou des logements analogues, villages improvisés sans aucunes mesures de salubrité, en dehors de la surveillance des autorités locales, mais sources de gros profits pour monsieur l’entrepreneur, qui exploite ses ouvriers et comme soldats de l’industrie et comme locataires. Suivant que la baraque contient un, deux ou trois trous, l’habitant, terrassier, maçon, etc., doit payer par semaine 1, 2, 3 sh. 3 . Un seul exemple suffira : En septembre 1864, rapporte le docteur Simon, le président du Nuisance Removal Committee de la paroisse de Sevenoaks dénonça au ministre de l’intérieur, Sir George Grey, les faits suivants :

« Dans cette paroisse, la petite vérole était encofc, il y a un an, à peu près inconnue. Un peu avant cette époque, on commença à percer une voie ferrée de Lewisham à Tunbridge. Outre que le gros de l’ouvrage s’exécuta dans le voisinage immédiat de cette ville, on y installa aussi le dépôt central de toute la construction. Comme le grand nombre des individus ainsi occupés ne permettait pas de les loger tous dans des cottages, l’entrepreneur, M. Jay, afin de mettre ses ouvriers à l’abri, fit construire sur différents points, le long de la voie, des baraques dépourvues de ventilation- et d’égouts, et de plus nécessairement encombrées, car chaque locataire était obligé d’en recevoir d’autres chez lui, si nombreuse que fût sa propre famille et bien que chaque hutte n’eût que deux chambres. D’après le rapport médical qu’on nous adresse, il résulta de tout ceci que ces pauvres gens, pour échapper aux exhalaisons pestilentielles des eaux croupissantes et des latrines situées sous leurs

( fenêtres, avaient à subir pendant la nuit tous les tourments delà suffocation. Des plaintes furent enfin portées devant notre comité par un médecin qui

I 'avait eu l’occasion de visiter ces taudis. Il s'exprima en termes amers sur l’état de ces soi-disant habitations, et donna à entendre qu’il y avait à craindre les conséquences les plus funestes, si quelques me¬

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