Un point que sir James Stewart fait ressortir
blés en même temps qu’elle et qu’ils durent figurer à l’avenir comme élément matériel du capital variable. Désormais le paysan dépossédé dut en acheter la valeur, sous forme de salaire, de son nouveau maître, le capitaliste manufacturier. Et il en fut des matières premières de l’industrie provenant de l’agriculture comme des subsistances : elles se transformèrent en élément du capital constant.
Figurons-nous, par exemple, une partie des paysans westphaliens, qui du temps de Frédéric II filaient tout le lin, brusquement expropriée du sol, et la partie restante convertie en journaliers de grandes fermes. En même temps s’établissent des filatures et des tissanderies de dimensions plus ou moins considérables où les ci-devant paysans sont embauchés comme salariés.
Le lin ne paraît pas autre que jadis, pas une de ses fibres n’est changée, mais une nouvelle âme sociale s’est, pour ainsi dire, glissée dans son corps. Il fait désormais partie du capital constant du maître manufacturier. Réparti autrefois entre une multitude de petits producteurs qui le cultivaient eux-mêmes et le filaient en famille par petites fractions, il est aujourd’hui concentré dans les mains d’un capitaliste pour qui d’autres filent et tissent. Le travail supplémentaire dépensé dans le filage se convertissait autrefois en un supplément de revenu pour d’innombrables familles de paysans, ou, si l’on veut, puisque nous sommes au temps de Frédéric, en impôts « pour le roi de Prusse. « Il se convertit maintenant en profit pour un petit nombre de capi talistes. Les rouets et les métiers, naguère dispersé sur la surface du pays, sont à présent rassemblé dans quelques grands ateliers casernes, ainsi que