Tuckett, 1. c., vol. I, p
houses, du crédit et des paniques, deux nations hostiles, l’une agricole, l’autre commerciale 1 . » Mais de cette séparation fatale date le développement nécessaire des pouvoirs collectifs du travail et la transformation de la production morcelée, routinière, en production combinée, scientifique. L’industrie mécanique consommant cette séparation, c’est elle aussi qui la première conquiert gu capital tout le marché intérieur.
Les philanthropes de l’économie anglaise, tels que J. St. Mill, Rogers, Goldwin Smith, Fawcett, etc., les fabricants libéraux, les John Bright et consorts, interpellent les propriétaires fonciers de l’Angleterre comme Dieu interpella Caïn sur son frère Abel. Où s’en sont-ils allés, s’écrient-ils, ces milliers de francs-tenanciers ( free-holders )? Mais vous-mêmes, d’où venez-vous, sinon de la destruction de ces free-holders? Pourquoi ne demandezvous pas aussi ce que sont devenus les tisserands, les fileurs et tous les gens de métiers indépendants ?
1. David Urquhart, 1. c., p. 122. Mais voici Carey qui accuse l’Angleterre, non sans raison assurément, de vouloir convertir tous les autres pays en pays purement agricoles pour avoir seule le monopole des fabriques. Il prétend que c’est ainsi que la Turquie a été ruinée, l’Angleterre « n’ayant jamais permis aux propriétaires et cultivateurs du sol turc de se fortifier par l’alliance naturelle de la charrue et du métier, du marteau et de la herse » [The Slave Trade, etc., p. 125). D’après lui, D. Urquhart lui-même aurait été un des principaux agents de la ruine de la Turquie en y propageant dans l’intérêt anglais la doctrine du libre échange. Le plus joli, c’est que Carey, grand admirateur du gouvernement russe, veut prévenir la séparation du travail industriel d’avec le travail agricole au moyen du système protectionniste, qui n’en fait qu’accélérer la marche.