‹ Le capitalChapitre 44 sur 356 · Aristote, 1. c. p · texte numérisé non relu

Aristote, 1. c. p

2. « Le profit, dans les conditions usuelles du marché, ne provient pas de l’échange. S’il n’eut pas existé auparavant, il ne pourrait pas exister davantage après cette transaction. » (Ramsay, 1. c. p. 184.)

par leur propre vertu. Il peut élever la valeur d une marchandise en ajoutant par un nouveau travail une valeur nouvelle à une valeur présente, en faisant, par exemple, avec du cuir des hottes. La même matière vaut maintenant davantage parce qu’elle a absorbé plus de travail. Les bottes ont donc plus de valeur que le cuir ; mais la valeur du cuir est restee ce qu’elle était, elle ne s’est point ajouté une plusvalue pendant la fabrication des bottes. Il parait donc tout à fait impossible qu’en dehors de la circulation, sans entrer en contact avec d autres échangistes, le producteur-échangiste puisse faire valoir la valeur, ou lui communiquer la propriété d engendrer une plus-value. Mais sans cela, pas de transformation de son argent ou de sa marchandise en capital,

Nous sommes ainsi arrivés à un double résultat.

La transformation de l’argent en capital doit etre expliquée en prenant pour base les lois immanentes de la circulation des marchandises, de telle sorte que l’échange d’équivalents serve de point de départ *. Notre possesseur d’argent, qui n’est encore capitaliste qu’à l’état de chrysalide, doit d’abord acheter des marchandises à leur juste valeur, puis les vendre ce qu’elles valent, et cependant, à la fin retirer plus de valeur qu’il n’en avait avancé. La métamorphose de l’homme aux écus en capitaliste doit se passer dans la sphère de la circulation et en même temps doit ne point s’y passer. Telles sont les conditions du problème. Hic Rhodus, hic salta!

1. D’après les explications qui précèdent, le lecteur comprend que ceci veut tout simplement dire : la formation du capital doit être possible lors même que le prix des marchandises est égal à leur valeur. Elle ne peut pas être expliquée par une différence, par un écart entre ces valeurs et ces prix. Si ceux-ci diffèrent de celles-là, il faut les y ramener, c’està-dire faire abstraction de cette circonstance comme de quelque chose de purement accidentel, afin de pouvoir observer le phénomène de la formation du capital dans son intégrité, sur la base de l’échange des marchandises, sans être troublé par des incidents qui ne font que compliquer le problème. On sait du reste que cette réduction n’est pas un procédé purement scientifique. Les oscillations continuelles des prix du marché, leur baisse et leur hausse se compensent et s’annulent réciproquement et se réduisent d’ellesmêmes au prix moyen cemme à leur règle intime. C’est cette règle qui dirige le marchand ou l’industriel dans toute entreprise qui exige un temps un peu considérable. Il sait que si l’on envisage une période assez longue, les marchandises ne se vendent ni au-dessus ni au-dessous, mais à leur prix moyen. Si donc l’industriel avait intérêt à y voir clair,il devrait se poser le problème de la manière suivante : Comment le capital peut-il se produire, si les prix sont réglés par le prix moyen, c’est-à-dire en dernière instance par la valeur des marchandises? Je dis « en dernière instance » parce que les prix moyens ne coincident pas directement avec les valeurs des marchandises, comme le croient A. Smith, Ricardo et d’autres.

Page 1