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Storch distingue la matière première proprement dite

Gomme toute chose possède des propriétés diverses et prête, par cela même, à plus d’une application, le même produit est susceptible de former la matière première de différentes opérations. Les grains servent ainsi de matière première au meunier, à l’amidonnier, au distillateur, à l’éleveur de bétail, etc ; ils deviennent, comme semence, matière première de leur propre production. De même le charbon sort comme produit de l’industrie minière et y entre comme moyen de production.

Dans la même opération, le même produit peut servir et de moyen de travail et de matière première ;

— dans l’engraissement du bétail, par exemple,

— l’animal, la matière travaillée, fonctionne aussi comme moyen pour la préparation du fumier.

Un produit qui déjà existe sous une forme qui le rend propre à la consommation, peut cependant devenir à son tour matière première d’un autre produit ; le raisin est la matière première du vin. Il y a aussi des travaux dont les produits sont impropres à tout autre service que celui de matière première. Dans cet état, le produit n’a reçu, comme on dit, qu’une demi-façon et il serait mieux de dire qu’il n’est qu’un produit sériel ou gradué , comme, par exemple, le coton, les filés, le calicot, etc. La matière première originaire, quoique produit ellemême, peut avoir à parcourir toute une échelle de remaniements dans lesquels, sous une forme toujours modifiée, elle fonctionne toujours comme matière première jusqu’à la dernière opération qui l’élimine comme objet de consommation ou moyen de travail.

On le voit : le caractère de produit, de matière première ou de moyen de travail ne s’attache à une valeur dusage que suivant la position déterminée qu’elle remplit dans le procès de travail, que d’après la place qu’elle y occupe, et son changement de place change sa détermination.

Toute valeur d’usage entrant dans des opérations nouvelles comme moyen de production, perd donc son caractère de produit, et ne fonctionne plus que comme facteur du travail vivant. Le fileur traite les broches et le lin simplement comme moyen et objet de son travail. Il est certain qu’on ne peut filer sans instruments et sans matière; aussi l’existence de ces produits est-elle déjà sous-entendue au début du filage. Mais, dans ce dernier acte, il est tout aussi indifférent que lin et broches soient des produits d’un travail antérieur, qu’il est indifférent dans l’acte de la nutrition que le pain soit le produit des travaux antérieurs du cultivateur, du meunier, du boulanger, et ainsi de suite. Tout au contraire, ce n est que par leurs défauts qu’une fois l’œuvre mise en train, les moyens de production font valoir leur caractère de produits.Des couteaux qui ne coupent pas, du fil qui se casse à tout moment, eveillent le souvenir désagréable de leurs fabricants. Le bon produit ne fait pas sentir le travail dont il tire ses qualités utiles.

Une machine qui ne sert pas au travail est inutile. Elle se détériore en outre sous l’influence des-

qu’il nomme simplement « matière », des matières auxiliaire* qu’il désigne sous le nom de «matériaux, » et que Cherbuliez 4 appelle « matières instrumentales.»

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