‹ Le capitalChapitre 72 sur 356 · Reports, etc., 31 st. Oct. 1860, p. 23. Pour montrer avec · texte numérisé non relu

Reports, etc., 31 st. Oct. 1860, p. 23. Pour montrer avec

quel fanatisme, d’après les dépositions des fabricants devant la justice, « leurs bras » s’opposent à toute interruption du travail dans la fabrique, il suffît de citer ce cas curieux : Au commencement de juin 1836, des dénonciations furent adressées aux magistrats de Dewsbury (Yorkshire) d’après lesquelles 1rs propriétaires de huit grandes fabriques dans le voisinage de Butley auraient violé le Factory Act. Une partie de ces messieurs étaient accusés d’avoir exténué de travail 5 garçons âgés de 12 à 15 ans, depuis vendredi, 6 heures du matin jusqu’au samedi, 4 heures du soir, sans leur permettre le moindre répit excepté pour les repas, et une heure de sommeil vers minuit. Et ces enfants avaient eu à exécuter ce travail incessant de 30 heures dans le « shoddy hole », ainsi se nomme le bouge où les chiffons de laine sont mis en pièces et où une épaisse atmosphère de poussière force même le .travailleur adulte à se couvrir constamment la bouche avec des mouchoirs pour protéger ses poumons! Les accusés certifièrent — en qualité de quakers ils étaient trop scrupuleusement religieux pour prêter serment que dans leur grande compassion pour ces pauvres enfants ils leur avaient permis de dormir 4 heures, mais que ces entêtés n’avaient absolument pas voulu aller au lit i MM. les quakers furent condamnés à une amende de 20 liv. st.. Dryden pressentait ces quakers, quand il disait :

« Renard tout fourré de sainteté,

Qui craint un serment, mais mentirait comme le diable,

t)"i, avec un air de carême, roule pieusement des regards obliques,

Et n oserait commettre un pèche, non 1 sans avoir dit sa prière. »

de justice leur assure encore un bilan en leur faveur 1 . » « Quand le temps additionnel est obtenu dans le cours de la journée par une multiplication de petits vols [a multiplication of small thefls ), les inspecteurs éprouvent, pour constater les délits et établir leurs preuves, des difficultés presque insurmontables 2 . » Ils désignent aussi ces petits vols du capital sur le temps des repas et les instants de délassement des travailleurs sous le nom de « petty pilferingsof minutes », petits filoutages de minutes”, « snatching a few minutes » escamotage de minutes 4 ; ou bien encore ils emploient les termes techniques des ouvriers :« Nibbling and cribbling at mealtimes 5 .»

On le voit, dans cette atmosphère, la formation de la plus-value par le surtravail ou le travail extra n’est pas un secret. « Si vous me permettez, me disait un honorable fabricant, de faire travailler chaque jour 10 minutes de plus que le temps légal, vous mettrez chaque année 1000 liv. st. dans ma poche 6 . » « Les atomes du temps sont les éléments du gain 1 * ! »

Rien n’est plus caractéristique que la distinction entre les « full limes » — les ouvriers qui travaillent la journée entière— et les « half times* »— les enfants au-dessous de treize ans, qui ne doivent travailler que 6 heures. Le travailleur n’est plus ici que du temps de travail personnifié. Toutes les différences individuelles se résolvent en une seule; il n’y a plus que des « temps entiers » et des « demi-temps. »

La journée de travail dans les branches de l'industrie anglaise où l’exploitation n’est pas limitée par la loi

Jusqu’ici nous n’avons étudié l’excès de travail que là où les exactions monstrueuses du capital, à peine surpassées par les cruautés des Espagnols contre les Peaux-rouges de l’Amérique 9 , l’ont fait enchaîner par la loi. Jetons maintenant un coup d’œil sur quelques branches d’industrie où l’exploitation de la force de travail est aujourd’hui sans entraves ou l’était hier encore.

« M. Broughton, magistrat de comté, déclarait comme président d’un meeting, tenu à la mairie de Nottingham le 14 janvier 1860, qu’il règne dans la

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