D r Richardson, 1. c
de la journée de travail au delà des bornes du jour naturel, c’est-à-dire jusque dans la nuit, n’agit que comme palliatif, n’apaise qu’approximativement la soif de vampire du capital pour le sang vivant du travail. La tendance immanente de la production capitaliste est donc de s’approprier le travail pen- | dant les 24 heures du jour. Mais comme cela j est physiquement impossible, si l’on veut exploiter toujours les mêmes forces sans interruption, il faut, pour triompher de cet obstacle physique, une alternance entre les forces de travail employées de nuit et de jour, alternance qu’on peut obtenir par diverses méthodes. Une partie du personnel de l’atelier peut, par exemple, faire pendant une semaine le service de jour et pendant l’autre semaine le service .de nuit. Chacun sait que ce système de relais prédominait dans la première période de l’industrie cotonnière anglaise et qu’aujourd’hui même, à Moscou, il est en vigueur dans cette industrie. Le procès de travail non interrompu durant les heures de jour et de nuit est appliqué encore dans beaucoup de branches d’industrie de la Grande-Bretagne « libres » jusqu’à présent, entre autres dans les hauts fourneaux, les forges, les laminoirs et autres établissements métallurgiques d’Angleterre, du pays de Galles et d’Ecosse. Outre les heures des jours ouvrables de la semaine, le procès de la production comprend encore les heures du dimanche. Le personnel se compose d’hommes et de femmes, d’adultes et d’enfants des deux sexes. L’âge des enfants et des adolescents parcourt tous les degrés depuis huit ans (dans quelques cas six ans) jusqu’à dix-huit 1 . Dans certaines branches d’industrie, hommes, femmes, jeunes filles travaillent pêle-mêle pendant la nuit 2 .
Abstraction faite de l’influence généralement pernicieuse du travail de nuit 3 , la durée ininterrompue des opérations pendant 24 heures offre l’occa-
1. » Chtldren’s Employment Commission. » Third Report. London 1864, p. 4, 5, 6.
2. <- Dans le Staffordshire et le sud du pays de Galles, des jeunes filles et des femmes sont employées au bord des fosses et aux tas de coke, non-seulement le jour, mais encore la nuit. Cette coutume a été souvent mentionnée dans des rapports présentés au Parlement comme entraînant à sa suite des maux no-' toires. Ces femmes employées avec les hommes, se distinguant à peine d’eux dans leur accoutrement, et toutes couvertes de fange et de fumée, sont exposées à perdre le respect d’elles-mêmes et par suite à s’avilir, ce que ne peut manquer d’amener un genre de travail si peu féminin. » 1. c. 194, p. 36. Comp. Fourth Report (1865) 61, p. 13. Il en est de même dans les verreries.
3. « Il semble naturel, » remarque un fabi’icant d’acier qui emploie des enfants au travail de nuit, « que les jeunes garçons qui travaillent la nuit ne puissent ni dormir le jour, ni trouver un moment de repos régulier, mais ne cessent de rôder çà et là pendant le jour. » L. c. Fourth Rep., 63, p. 13- Quant a 1 importance de la lumière du soleil pour la conservation et le développement du corps, voici ce qu’en dit un médecin : « La lumière agit directement Sur les tissus du corps auxquels elle donne à la fois solidité et. élasticité. Les muscles des animaux que l’on prive de la quantité normale de lumière, deviennent spongieux et mous; la force des nerfs n’étant plus stimulée perd son ton, et rien de ce qui est en travail de croissance n arrive à bon terme.... Pour ce qui est des enfants, l’accès d une riche lumière et l’action directe des rayons du soleil pendant une partie du jour sont absolument indispensables à leur santé. La lumière favorise l’élaboration des aliments pour la formation d un bon sang plastique et durcit la fibre une fois que le est formée. Elle agit aussi comme stimulant sur Tor-