‹ Le capitalChapitre 94 sur 356 · Rep. of Insp. ofFict. 30 avril 1860, p · texte numérisé non relu

Rep. of Insp. ofFict. 30 avril 1860, p

ception de certains cas spéciaux et prévus. » Le sixième article de cette loi arrête « que dans le cours de chaque journée il doit être accordé à chaque adolescent dont le temps de travail est limité, une heure et demie au moins pour les repas. » L’emploi des enfants au-dessus de neuf ans, sauf une exception que nous mentionnerons plus tard, fut interdit : le travail des enfants de neuf à treize ans fut limité à 8 heures par jour. Le travail de nuit, c’est-à-dire d’après cette loi, le travail entre 8 h - y, du soir et 5 h - */, du matin, fut interdit pour toute personne entre neuf et dix-huit ans.

Les législateurs étaient si éloignés de vouloir toucher à la liberté du capital dans son exploitation de la force de travail adulte, ou suivant leur manière de parler, à la liberté du travail, qu’ils créèrent un système particulier pour prévenir les conséquences effroyables qu’aurait pu avoir en ce sens le Factory Act.

« Le plus grand vice du système des fabriques, tel qu’il est organisé à présent, est-il dit dans le premier rapport du. conseil central de la commission du 25 juin 1833, c’est qu’il crée la nécessité de mesurer la journée des enfants à la longueur de celle des adultes. Pour corriger ce vice sans diminuer le travail de ces derniers, ce qui produirait un mal plus grand que celui qu’il s’agit de prévenir, le meilleur plan à suivre semble être d’employer une double série d’enfants. » Sous le nom de système des relais ( System of relays , ce mot désigne en anglais comme en français le changement des chevaux de poste à différentes stations), ce plan fut donc exécuté, de telle sorte par exemple que de 5 hf l / 2 du matin jusqu’à 1 h- y 2 de l’après-midi une série d’enfants entre neuf et treize ans fut attelée au travail, et une autre série de 1 h - 4 / 2 de l’après-midi jusqu’à 8 h - y 2 du soir et ainsi de suite.

Pour récompenser messieurs les fabricants d’avoir ignoré de la façon la plus insolente toutes les lois promulguées sur le travail des enfants pendant les vingt-deux dernières années, on se crut obligé de leur dorer encore la pilule. Le Parlement arrêta qu’après le 1 er mars 1834 aucun enfant au-dessous de onze ans, après le 1 er mars 1835 aucun enfant audessous de douze ans, et après le 1 er mars 1836 aucun enfant au-dessous de treize ans ne devrait travailler plus de huit heures dans une fabrique. Ce « libéralisme » si plein d’égards pour le capital méritait d autant plus de reconnaissance que le DrFarre, Sir A. Carlisle, Sir G. Bell, M. Guthrie, etc., en un mot les premiers médecins et chirurgiens de Londres avaient déclaré dans leurs dépositions comme témoins devant la Chambre des communes que tout retard était un danger, periculum in moral Le docteur Farre s’exprima d’une façon encore pins brutale : « Il faut une législation, s’écria-t-il, pour empêcher que la mort puisse être infligée prématurément sous n importe quelle forme et celle dont nous parlons (celle à la mode dans les fabriques), doit être assurément regardée comme une des méthodes les plus cruelles de l’infliger 1 . » Le

1. « Législation is equally necessary for the prévention of death, m any form in winch it can be prematurely inflicted,

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