‹ Le capitalChapitre 93 sur 356 · AnEssay, etc., p. 15, 57, passim · texte numérisé non relu

AnEssay, etc., p. 15, 57, passim

. 4 ; , C- .P- 69 - Jacob Vanderlint déclarait déjà en 1734, que „, e s ® c ret des plaintes des capitalistes à propos de la fai.

* Se , l a .P 0 P uIatl °n ouvrière n’avait qu’un motif, la revenn e 6 jours de travail au lieu de 4 pour le même salaire. Ilaucp t 260 : " SUCh ideal WOrk house must be made an this ideiJ wYT 3nd an aSylum for the P° or » etc - In allowin» n W0 0USe , the pûor shali w °rk 14 hours, in a day, W ng proper time for meals, in such manner that there shall

Douze heures de travail par jour, tel est l’idéal, le nec plus ultra dans le Workhouse modèle, dans la Maison de terreur de 17701 Soixante-trois ans plus tard, en 1833, quand le Parlement anglais réduisit dans quatre industries manufacturières la journée de travail pour les enfants de treize ans à dix-huit ans à douze heures de travail pleines, il sembla que le glas de l’industrie anglaise sonnerait. En 1852, quand Louis Bonaparte, pour s’assurer la bourgeoisie, voulut toucher à la journée de travail légale, la population ouvrière française cria tout d’une voix : « La loi qui réduit à douze heures la journée de travail est le seul bien qui nous soit resté de la législation de la République 1 . » A Zurich, le travail des enfants au-dessous de 10 ans a été réduit à douze heures ; dans l’Argovie, le travail des enfants entre treize et seize ans a été réduit, en 1862, de douze.heures et demie à douze; il en a été de même en Autriche, en 1860, pour les enfants entre quinze et peize ans 2 . « Quel progrès, depuis 17701 s’écrierait Macaulay avec « exultation ».

La k maison de terreur » pour les pauvres que l’âme du capital rêvait encore en 1770, se réalisa quelques années plus tard dans la gigantesque « maison de travail » bâtie pour les ouvriers manufacturiers ; son nom était Fabrique, et l’idéal avait pâli devant la réalité.

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Lutte pour la journée de travail normale. — Limitation légale coercitive du temps de travail. — La législation manufacturière anglaise de 1833 à 1864.

Après des siècles d’efforts quand le capital fut parvenu àprolonger la journée de travail jusqu’à sa limite normale maxima et au delà, jusqu’aux limites du jour naturel de douze heures 3 , alors la naissance de

remain 12 hours of neat labour. » Les Français, dit-il, rient de nos idées enthousiastes de liberté. (L. c. p. 78.)

1. Report oflnsp. of FacL, 31 oct. 1856, p. 80. La loi française des douze heures du 5 septembre 1850, édition bourgeoise du decret du gouvernement provisoire du 2 mars 1848 s’étend a tous les ateliers sans distinction. Avant cette loi, la'journée de travail en France n’avait pas de limites. Elle durait dans les iabnques^ quatorze, quinze heures et davantage. Voy. : Des classes ouvrières en France, pendant l’année 1848, par M. Blanqui 1 économiste, non le révolutionnaire, qui avait été chargé par le gouvernement d’une enquête sur la situation des travail-

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qui regarde le reglement de la journée de travail la Belgique maintient son rang d’État bourgeois modèle. Lord Howard de Welden, plénipotentiaire anglais à la cour de Bruxelles, écrit dans un rapport au Foreign Office du 12 mai 1862 : « Le ministre Rogier m’a déclaré .que le travail des enfants n’était limité ni par une loi générale, ni par des règle ments locaux ; que le gouvernement, pendant les trois dernières années, avait eu le dessein à chaque session, de présenter aux Chambres une loi à ce sujet, mais que toujours il avait trouvé un obstacle invincible dans l’inquiétude jalouse qu’inspire toute législation qui ne repose pas sur le principe de liberté absolue du travail. » Les soi-disant « socialistes belges, » ne font que repeter sous une forme amphigourique, ce mot d’ordre donne par leur bourgeoisie !

3. « Il est certainement très-regrettable qu’une classe quelpers ° n t nes doive chaque jour s’exténuer pendant 12 heures., Ajoute-t-on a cela les repas et les aller et retour de I atelier, c est 14 heures par jour sur 24.... Question de santé à part, personne ne niera, je l’espère, qu’au point de vue moral, une a sorption si complète du temps des classes travailleuses.

la grande industrie amena dans le dernier tiers du dix-huitième siècle une perturbation violente qui emporta comme une avalanche toute barrière imposée par la nature et les mœurs, l’âge et le sexe, le jour et la nuit. Les notions mêmes de jour et de nuit, d'une simplicité rustique dans les anciens statuts, s’obscurcirent tellement qu’en l’an de grâce 1860, un juge anglais dut faire preuve d’une sagacité talmudique pour pouvoir décider « en connaissance de cause » ce qu’était la nuit et ce qu’était le jour. Le capital était en pleine orgie 1 .

Dès que la classe ouvrière abasourdie par le tapage de la production fut tant soit peu revenue à elle-même, sa résistance commença, et tout d’abord dans le pays même où s’implantait la grande industrie, c’est-à-dire en Angleterre. Mais pendant trente ans les concessions qu’elle arracha restèrent purement nominales. De 1802 à 1833 le Parlement émit trois lois sur le travail, mais il eut bien soin de ne pas voter un centime pour les faire exécuter 2 ; aussi restèrent-elles lettre morte. « Le fait est qu’avant la loi de 1833, les enfants et les adolescents étaient excédés de travail (were worked) toute la nuit, tout le jour, jour et nuit ad libitum 3 . »

C’est seulement à partir du Factory Act de 1833 s’appliquant aux manufactures de coton, de laine, de lin et de soie que date pour l’industrie moderne une journée de travail normale. Rien ne caractérise mieux l’esprit du capital que l’histoire de la législation manufacturière anglaise de 1833 à 1864.

La loi de 1833 déclare « que la journée de travail ordinaire dans les fabriques doit commencer à 5 h ' y 2 du matin et finir à 8 V 2 du soir. Entre ces limites qui embrassent une période de quinze heures, il est légal d’employer des adolescents [young persons , c’est-à-dire des personnes entre treize et dix-huit ans), dans n’importe quelle partie du jour; mais il est sous-entendu qu’individuellement personne de cette catégorie ne doit travailler plus de douze heures dans un jour, à l’ex-

san? relâche, depuis l’âge de 13 ans, et dans les branches d’induslrie « libres » depuis un âge plus tendre encore, ne constitue un mal extrêmement nuisible, un mal effroyable. Dans l’intérêt de la morale publique, dans le but d’élever une population solide et habile, et pour procurer à la grande masse du peuple une jouissance raisonnable de la vie, il faut exiger que dans toutes les branches d’industrie, une partie de chaque journée de travail soit réservée aux repas et au délassement. » (Leonhard Horner dans : Insp. of (act. Reports 31 dcc. 1841.)

1. Voyez : Judgment of M. J. IJ. Otweij. Belfast. Hilary Sessions, 1860.

2. Un fait qui caractérise on ne peut mieux le gouvernement de Louis-Philippe, le roi bourgeois, c’est que l’unique loi manufacturière promulguée sous son règne, la loi du 22 mars 1841, ne fut jamais mise en vigueur. Et cette loi n’a trait qu’au travail des enfants. Elle établit huit heures pour les enfants entre huit et douze ans, douze heures pour les enfants entre douze et seize ans, etc., avec un grand nombre d’exceptions qui accordent le travail de nuit, même pour les enfants de hui t ans. Dans un pays où le moindre rat est administré policièrement, la surveillance et l’exécution de cette loi furent confiées a la bonne volonté « des amis du commerce. » C’est depuis 18o3 seulement que le gouvernement paye un inspecteur dans un seul département, celui du Nord. Un autre fait qui caractérise également bien le développement de la société française, c’est que la loi de Louis-Philippe restait seule et unique jusqu’à la révolution de 1848, dans cette immense fabrique de lois qui, en France, enserre toutes choses.

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