La loi concernant les blanchisseries et les teintureries
publiée en 1800, arrête que la journée de travail sera réduite provisoirement à douze heures le 1" août 1861, et à dix heures définitivement le l" août 1862, c’est-à-dire dix heures et demie pour les jours ordinaires, et sept heures et demio pour les samedis. Or, lorsqu’arriva la fatale année 1862, la meme vieille farce se renouvela. Messieurs les fabricants adresseront au Patientent pétitions sur pétitions, pour obtenir qu’il leur fut permis, encore une petite année, pas davantage, de faire travailler douze heures les adolescents et les femmes.... Dans la situation actuelle, disaient-ils (pendant la crise cotonnière), ce serait un grand avantage pour les ouvriers, si on leur permettait de travaillcr douze heures par jour et d’obtenir ainsi le plus fort salaire possible.... La Chambre des communes était déjà sur lu point d’adopter un bül dans ce sens; mais l’agitation ouvnere dans les blanchisseries de l’Ecosse l’arrêta. (nePorls’i, Cj/d/p,ir6- 1862, p. 14, 15.) Battu par les ouvriers au nom desq^ tendait parler, le capital empruntant es ,ejJ ]0JS du J'arledécouvrit que la loi de 1860, comme rédigée en termes ment « pour la protection du ^ d.cXciure de la pro-
équivoques qui lui donnaient . un : p ^ fmissour3 . (finishers). tection de la loi les ■ calcndieu jce du capital, sanc-
La juridiction angU.sc, toujou^au s,. n , ce ^ ^
tionna la . Cet arrêt souleva un grand mé-
‘nnmntemint paroi îles ouvriers, et il est très-regrettable que “s Intentions manifestes de la lég.slalion soient éludées Sg0us
prétexte d’une définition de mots défectueuse. • (L. c. p.
isfil à la loi sur les fabriques de 1850. T arsuiU* d« premier rapport de la « Commission des enfants, » les manufactures de toute espece d articles d’argile (non pas seulement les poteries) par a- ■ront je même sort, ainsi que les fabriques d allumettes chimiques, de capsules, de cartouches, de tapis, et un grand nombre de procédés industriels compris sous le nom de « linishing, » (dernier apprêt). En 1863, les blanchisseries en plein air 1 et les boulangeries furent soumises également à deux lois particulières, dont la première défend le travail de nuit (de 8 h. du soir à 6 h. du malin; pour enfants, femmes el adolescents, et la seconde l’emploi de garçons
boulangers au-dessous de dix-huit ans, entre 9 h. du
soir et 5 h. du matin. Nous reviendrons plus tard sur les propositions ultérieures de la même commission, qui, ;i l’exception de l’agriculture, des mines et des transports, menacent, de priver de leur « liberté >. toutes les branches importantes de l’induslrie anglaise1.
1. Les • blanchisseurs en plein air > s’étaient dérobés à la loi de 1860 sur les blanchisseries, en déclarant faussement qu'ils ne faisaient point travailler de femmes la nuit. Leur mensonge fut découvert par les inspecteurs de fabrique, et en même temps, à la lecture des pétitions ouvrières, le Parlement vit s évanouir toutes les sensations de fraicheur qu’il éprouvait à l’idée d’une « blanchisserie en plein air. » Dans celte blanchisserie aérienne on emploie des chambres à sécher de 90 à 100 degrés Fahrenheit dans lesquelles travaillent principalement îles jeunes filles. • Cooling » (rafraîchissement), tel est le terme technique qu'elles emploient pour leur sortie de temps à autre du séchoir. » Quinze jeunes filles dans les séchoirs, chaleur de 80 à 90* pour la toile, de 100" et plus pour la batiste (cainbrics). Douze jcunesfilles repassent dans une petite chambre de dix pieds carrés environ, chaufTée par un poêle complètement fermé. Kllcs su tiennent tout autour de ce poète qui rayonne une chaleur énorme, et sèche rapidement la batiste pour les repasseuses. Le nombre des heures de travail de « ces bras ■ est illimité. Quand it y a de l’ouvrago, elles Iravaillent jusqu’à 9 heures du soir ou jusqu’à minuit plusieurs jours de suite. (Ilr ports, etc., for 31 oct. 1802, p. 56.) Un médecin lait celte déclaration : ■ Il n’y a point d’heures fixes pour le rafraîchissement, mais quand la température est insoutenable, ou que ta sueur commence à salir les mains des ouvrières, on leur permet de sortir deux minutes.... Mon expérience dans le traitement des maladies duces ouvrières mcforco à constater que leur étal de santé est fort au-dessous de celui (lesouvrières en coton, (et le capital, dans sa pétition au Parlement. les avait dépeintes comme plus roses et plus joufflues que les flamandes de Hubcns). Leurs maladies principales sont: la phthisie, la bronchite, les affections de l’utérus, l’hystérie sous sa forme la plus horrible et le rhumatisme. Elles provicnm nl toutes, selon moi, do l'atmosphère surchauffée de leurs Chambres du travail et du manque de vêtements convenables qui puissent les protéger, quand elles sortent dans les mois (I Hiver, contre l'air froid et humide. >. (L. c. p. 5G, 57). Los inspecteurs de fabrique remarquent à propos de la loi arra- * “ «î* joviaux blanchisseurs en plein
. - « (.cite, lm non-seulement n’accorde pas aux ouvriers la
j t .lei tiou qu elle semble accorder, mais elle est formulée de
ê î»,t èu‘n '1UC ? P™u‘,cti0“ “'csl exigible que lorsqu'on suri Haffrant delà de travail, après 8 heures du soir, dos
(.mines cl des calants ; et même dans ce cas la méthode prescrite pour faire la preuve a des clauses telles, qu'il est à peine possible de sévir. » (L. c. p. 52.) . Comme loi sc proposant un but humain et éducateur, elle est complètement manquée. Car enlin, on ne dira pas qu’il est humain d’autoriser des femmes et des enfants, ou, ce qui revient au même, do les forcer a travailler U heures par jour et peut-être encore plus long-
coiSt^r'0 Y. s:"’s rel10S> commc cc,a sc '-encontre, sans sociales dès Y -m’ llcsexc> et sans égard pour les habitudes
blanchisse,ics- * <"e)’orts.
Depuis 18hG, époque à laquelle j’cerivais ceci, il s’est
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La lutte pour la journée de travail normale.
Contre-coup de la législation anglaise sur les autres pays.
Le lecteur se souvient que l’objet spécial, le but réel de la production capitaliste, c’est la production d’une plus-value ou l’extorsion de travail extra, abstraction faite de tout changement dans le mode de production, provenant de la subordination du travail’ au capital. Il se souvient qu’au point de vue développé jusqu’ici, il n’y a que le travailleur indépendant, légalement émancipé, qui, en qualité de possesseur de marchandise, puisse passer contrat avec le capitaliste. Si dans notre esquisse historique nous avons donné un rôle important d’une part à l’industrie moderne , d’autre part au travail d’enfants et de personnes mineures physiquement et juridiquement, cette industrie n’était cependant pour nous qu’une sphère particulière, et ce travail qu’un exemple particulier de l’exploitation du travail. Cependant, sans empiéter sur les développements qui viendront plus tard, voici ce qui résulte du simple exposé des faits :
Premièrement, le penchant du capital à prolonger la journée de travail sans trêve ni merci, trouve d’abord à se satisfaire daDS les industries révolutionnées par l’eau, la vapeur et la mécanique, dans les premières créations du mode de production moderne, telles que les filatures de coton, de laine, de lin et de soie. Les changements du mode matériel de production et les changements correspondants dans les rapports sociaux de production* sont la première cause de cette transgression démesurée qui réclame ensuite, pour lui faire équilibre, l’intervention sociale, laquelle, àson tour, limite et règle uniformément la journée de travail avec ses temps de repos légaux. Cette intervention ne se présente donc, pendant la première moitié du dix-neuvième siècle, que comme législation exceptionnelle *. Apeineavait elle conquis ce terrain primitif du mode de production nouveau, il se trouva, surces entrefaites, que non-seulement beaucoup d’autres branches de production étaient entrées dans le régime de fabrique proprement dit, mais encore que des manufactures avec ud genre d’exploitation plus ou moins suranné, telles que les verreries , les poteries, etc., des métiers de vieille roche, tels que la boulangerie, et enfin même les travaux à l’établi disséminés çà et là, tels que celui du cloutier5, étaient tombés dans le domaine
opéré une nouvelle réaction. Les capitalistes, dans les branches d’industrie menacées d’être soumises à la législation des fabriques, ont employé toute leur influence parlementaire pour soutenir leur • droit de citoyen » à l’exploitation illimitée de la force de travail. Ils ont trouvé naturellement dans le ministère libéral Gladstone des serviteurs de bonne volonté.
1. ■ La conduite de chacune de ces classes (capitalistes et ouvriers) a été !c résultat de la situation relative dans laquelle elles ont été placées. » ( Reports , etc. for 31 st. Oct. 1848, p. 112 )