‹ Le capital T. 1Chapitre 133 sur 357 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

éléments simples de la manufacture dont nous examinerons maintenant le mécanisme général.

Mécanisme général de la manufacture. Ses deux formes

fondamentales : Manufacture hétérogène et manufacture sérielle

La manufacture présente deux formes fondamenqm ^ maigre leur entrelacement accidentel , constituent deux especes essentiellement distinctes, jouant des rôles très-différents lors de la transformation ultérieure de la manufacture en grande industrie. Ce double caractère provient de la nature du produit qui doit sa forme définitive ou à un simple ajustement mécanique de produits partiels indépendants, ou bien à une série de procédés et de manipulations connexes.

Une locomotive, par exemple , contient plus de cinq mille pièces complètement distinctes. Néanmoins elle ne peut pas servir de produit-échantillon de la première espèce de manufacture proprement dite, parce qu’elle provient de la grande industrie. Il en est autrement de la montre que déjà William Petty a choisie pour décrire la division manufacturière du travail. Primitivement œuvre individuelle d’un artisan de Nuremberg , la montre est devenue le produit social d’un nombre immense de travailleurs tels que faiseurs de ressorts, de cadrans, de pitons de spirale, de trous et leviers à rubis , d’aiguilles, de boîtes, de vis, doreurs, etc. Les sous-divisions foisonnent. H y a, par exemple, le fabricant de roues (roues de laiton et roues d’acier séparément), les faiseurs de pignons, de mouvements, l’achevcur de pignon (qui assujettit les roues et polit les facettes), le faiseur de pivots, le planteur de finissage, le finisseur de barillet (qui dente les roues, donne aux trous la grandeur voulue, affermit l’arrêt), les faiseurs d’échappement, de roues de rencontre, de balancier, le planteur d’échappement, le repasseur de barillet (qui achève l’étui du ressort), le polisseur d’acier, le polisseur de roues, le polisseur de vis, le peintre de chiffres, le fondeur d’émail sur cuivre, le fabricant de pendants, le finisseur de charnière, le faiseur de secret, le graveur, le ciliceur, le polisseur de boite, etc., etc., enfin le repasseur qui assemble la montre entière et la livre toute prête au marché. Un petit nombre seulement des parties de la montre passe par diverses mains et tous ces membres disjoints, membra disjecla , se rassemblent pour la première fois dans la main qui en fera définitivement un tout mécanique. Ce rapport purement extérieur du produit achevé avec ses divers éléments rend ici, comme dans tout ouvrage semblable, la combinaison des ouvriers parcellaires dans un même atelier tout à fait accidentelle. Les travaux pai tiels peuvent même être exécutés comme métiers indépendants les uns des autres; il en est ainsi dans les cantons de Waadt et de Neufchâtel, tandis qu’à Genève, par exemple, il y a pour la fabrication des montres de grandes manufactures , c’est à-dire coopération immédiate d’ouvriers parcellaires sous le commandement d’un seul capital.

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nlmi .1Gment fabriqués dans la manufacture. L’e.x- , lon manufacturière ne donne ici de bénéfices les ou?,.; dCS c,rcrlrc8 optionnelles, parce que

currence chaml,)rcJse font ^plus terrible conc, paice que le démembrement de la nroduction en une foule de procès hété J4te n tdmet guère de moyens de travail d'un cmploTcommun et parce quelo capitaliste économise les frais d’ateher, quand la fabrication est disséminée’ Il faut remarquer que la condition de ces ouvriers do déui! qui travaillent chez eux, mais pour un canil, liste (fabricant, etablisscur), diffère du tout au tout de celle de 1 artisan indépendant qui travaille pour ses propres pratiques2. r

La seconde espèce de manufacture, c’est-à-dire sa forme parfaite, fournit des produits qui parcourent des phases de développement connexes, toute une série de procès gradués, comme, par exemple dans la manufacture d épinglés, le fil de laiton passe par les mains de soixante-douze et même de quatre-vingt-douze ouvriers dont pas deux n’exécutent la même opération.

Une manufacture de ce genre, en tant qu’elle combine des métiers primitivement indépendants, diminue l’espace entre les phases diversesdelaproduclinn. Le temps exigé pour la transition du produit d’un stade à l’autre est ainsi raccourci, de même que le travail de transport3. Comparativement au métier, il y a donc gain de force productive, et ce gain provient du caractère coopératif de la manufacture. D’autre part, la division du travail qui lui est propre réclame l’isolement des différentes opérations, et leur indépendance les unes vis-à-vis des aulrcs. L’établissement et le maintien du rapport d’ensemble entre les fonctions isolées nécessite des transports incessants de l’objet de travail d’un ouvrier à l’autre, et d’un procès à l’autre. Cetle source de faux frais constitue un des côtés inférieurs de la

manufacture comparée à l’industrie mécanique *.

1. En 1854, Genève a produit 80 000 montres, à peine un nquième de la production du canton de Neufchâtel. Cliauxs-Fonds, que i’on peut regarder comme une seule manufacire, livre chaque année deux fois autant que Genève. De 1850

1801 cette dernière ville a expédié 750 000 montres. Voyez: eport f rom Gencva on the Walch Trade dans les Reports by II. 's. Secrctaries of Embassy and Légation on the Manufactures, ommerce, etc., n’ 6, 1803. Ce n’est pas seulement 1 absence d e pnort entre les opérations particulières dans lesquelles se <1 - Impose la production d’ouvrages simplement ajustés, qui rend ès-difficile la transformation de semblables manufactures en •ande industrie mécanique; dans le cas qui nous occupe, U bricalion de la montre, deux obstacles nouveaux se po'-.ut, à savoir la petitesse et la délicatesse des divers demen leur caractère de luxe, conscquemmenl leur variété, si w •• îe dans les meilleures maisons de Londres, par exempt., il à peine dans un an une douzaine de montre* qui dMJ eut U fabrique de montres de Yacheron et Corn quelle on emploie la machine avec < f( rmc

ais ou quatre variétés Püur “ ®r“‘ÿD CI^ul]>]c classique de la

2. La fabrication des montres |ej’j ,. tr.Js.exacte;IJentCelte

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