CHAPITRE
que, et en tant que toutes les autres marchandises sc trouvent vis-à-vis d’elle sous forme équivalent.
Ici l’on ne peut déjà plus renverser les deux termes de l’équation sans changer complètement son caractère, et la faire passer de la forme valeur totale à la forme valeur générale.
Enfin, la dernière forme, -la forme III, donne à l'ensemble des marchandises une expression de valeur relative générale et uniforme, parce que et en tant qu’elle exclut de la forme équivalent toutes les marchandises, à l’exception d’une seule. Une marchandise, la toile, se trouve conséquemment sous forme d’échangeabilité immédiate avec toutes les autres marchandises, parce que et en tant que celles-ci ne s’y trouvent pas *.
Sous cette forme III, le monde des marchandises ne possède donc une forme valeur relative sociale et générale, que parce que toutes les marchandises qui en font partie sont exclues de la forme équivalent ou de la forme sous laquelle elles sont immédiatement échangeables. Par contre, la marchandise qui fonctionne comme équivalent général, la toile, par exemple, ne saurait prendre part à la forme générale de la valeur relative ; il faudrait pour cela qu’elle pût se servir à elle-même d’équivalent. Nous obtenons alors : 20 mètres clc toile = 20 mètres de toile , tautologie qui n’exprime ni valeur ni quantité de valeur. Pour exprimer la valeur relative de l’équivalent général, il nous faut lire à rebours la forme III.
Il ne possède aucune forme relative commune avec les autres marchandises , mais sa valeur s’exprime relativement dans la série interminable de toutes les autres marchandises. La forme développée de la valeur relative, ou forme II, nous apparaît ainsi maintenant comme la forme spécifique dans laquent l’équivalent général exprime sa propre valeur.
c) Transition de la forme valeur générale à ' la forme argent.
La forme équivalent général est une forme de la valeur en général. Elle peut donc appartenir à n’importe quelle marchandise. D’un autre côté, une marchandise ne peut se trouver sous cette forme (forme III), que parce qu’elle est exclue elle-même par toutes les autres marchandises comme équivalent. Ce n’est qu’à partir du moment où ce carac-
1. La forme d’échangeabililé immédiate et universelle n’indique pas le moins du monde au premier coup d’œil qu’elle est une forme polarisée, renfermant en elle des oppositions, et tout aussi inséparable de la forme contraire sous laquelle 1 échange immédiat n’est pas possible, que le rôle positif d’un des pôles d’un aimant l’est du rôle négatif de l’autre pôle. On peutdonc s’imaginer qu’on a la faculté de rendre toutes les marchandises immédiatement échangeables, comme 011 peut se figurer que tous les catholiques peuvent être faits papes en môme temps. Mais en réalité la forme valeur relative générale, et la forme équivalent générale sont les deux pôles opposes, sc supposant et se repuussant réciproquement du môme rapport social des marchandises.
(lotte impossibilité d’échange immédiat entre les marchandises est un des principaux inconvénients attachés à la forme actuelle de la production dans laquelle cependant l’économiste bourgeois voil le ncc-plns-ultra do la liberté humaine et de l'indépendance individuelle. Dion des efforts inutiles, utopiques, ont été tentés pour vaincre cet obstacle. J’ai fait voir ailleurs que l’roudhou avait été précédé dans cotte tentative par llray, (ira y et d’autres encore.
PREMIER
rnsvM^'r* Vlcnt s’attacher à un genre spécial do maichandiso, que la forme valeur relative prend
^ un objet unique. c\ ac-
quicu une authenticité sociale.
ÆSr s'jéciale avec la forme naturelle
peu dans U foJ“° «levaient s’identifie peu à peu clans la bocieto, devient mmAanj; 1
ou fonctionne comme mommTlil t 'nT "“"“l0 spécifique, et conséquemment son monoi mhl° est de jouer le rôle de l’équivalent uniei^S le monde des marchandises. Parmi les mure an dises qui, dans la fonnell, figurent comme équival ents particuliers de la toile, et qui, sous la forme III, expriment ensemble dans la toile leur valeur relative, c est 1 or, qui a conquis historiquement ce privilège. Mettons donc dans la forme III la marchandise or à la place de la marchandise toile, et nous obtenons :
D. Forme monnaie ou argent* = \
20 mètres de toile 1 habit
10 livres de thé 40 livres de café 1/2 tonne de fer x marchandise À etc.
= > 2 onces d’or.
Des changements essentiels ont lieu dans la transition de la forme I à la forme II, et de la forme II à la forme III. La forme IV, au contraire, 11c diffère en rien de la forme III, si ce n’est que maintenant c’est l’or qui possède à la place de la toile la forme équivalent général. Le progrès consiste tout simplement en ce que la forme d’échangeabilité immédiate et universelle, ou la forme d’équivalent général, s’est incorporée définitivement dans la forme naturelle et spécifique de l’or.
L’or ne joue le rôle de monnaie vis-à-vis des autres marchandises que parce qu’il jouait déjà auparavant vis-à-vis d’elles le rôle de marchandise. De même qu’elles toutes il fonctionnait aussi comme équivalent, soit accidentellement dans des échanges isolés, soit comme équivalent particulier à côté d autres équivalents. Peu à peu il fonctionna dans des limites plus ou moins larges comme équivalent général. Dès qu’il a conquis le monopole de celle position dans l’expression de la valeur du monde marchand, il devient marchandise monnaie, et c’est seulement à partir du moment où il est déjà devenu marchandise monnaie, que la forme IV se distingue de la forme III, ou que la forme generale de valeur se métamorphose en forme monnaie
ou argent.
. La traduction exacte des mots allemands U f j CUl
sente une difficulté. L’cx p«ss«on . . « ^ )((J? KS sauf les
istiuctcment s’appliquer à tou ^ ‘ exemple, sans
l Ue l'argent . ou bien « l’or devient argent. » Mamk-n.m pression « forme monnaie - présente un autre n.convemen vient de ce qu’en français le mol • monnaie •* est soute 1 doyé dans le sens de pièces monnayées. V.:a çm| rnativoment les mots « forme monnaie ■■ 0. «fmuie aifee font les cas, mais toujours dans le meme seus.
• ,i„ «leur relative simple d'une mar-
L’expres.sicn I exemple, clans la marchan-
chandise.de ' comme monnaie, par exem-
i*i« prix du ia aoiio
^tZlms Je loile = t onces d m- . .
ou si 2 Iiv. Sterling sont le nom de monnaie de 2 onces d’or,
20 mitres de toile = 2 liv. sterling.
La difficulté dans le concept de la forme argent, c’est tout simplement de bien saisir la forme équivalent général, c’est-à-dire la forme valeur generale la forme III. Celle-ci so résout dans la forme valeur développée, la forme II, et l’élément constituant de cette dernière est la forme I :
20 mètres de toile = 1 habit, ou x marchandise A = y marchandise B.
La forme simple de la marchandise est par conséquent le germe de la forme argent1.
IY
Le caractère fétiche do la marchandise et son secret.
Une marchandise paraît au premier coup d’œil quelque chose de trivial et qui so comprend de soimêine. Noire analyse a montré au contraire que c’est une chose très-complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d’arguties théologiques. En tant ipie valeur d'usage, il n’y a en elle rien de mystérieux, soit qu’elle satisfasse les besoins de l’homme par scs propriétés , soit que ses propriétés soient produites par le travail humain. Il est évident que
t. L'économie politique classique n’a jamais réussi à déduire de son analyse do la marchandise, et spécialement de la valeur de celle marchandise, la forme sons laquelle elle devient valeur d'échange, et c’est là un de scs vices principaux. Ce sont précisément scs meilleurs représentants tels qu’Adam Smith et Hicardo, qui traitent la forme valeur comme quelque chose d'indifférent ou n’ayant aucun rapport intime avec la nature de la marchandise clic-môme. Ce n’est pas seulement parce que la valeur comme quantité absorbe leur attention. La raison en est plus profonde. La forme valeur du produit du tiavail est la forino la plus abstraite et la plus générale du mode de production actuel, qui acquiert par cela mémo un caractère msloriqiic, celui d’un mode particulier de production sociale. ,! on commet 1 erreur de la prendre pour la forme naturelle,
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l’activité do l’hommo lransfor.no J«« '',ulière„ fournies par la nalurc d’une façon a les rmulro ut, os. La forme du bois, par exemple, est eluuigrn, si 1 on en lait une table. Néanmoins la laide reste J, ms, une chose ordinaire et qui tombe sous les sens Mais dès qu’elle se présente comme marchandise c’est «ne tout autre affaire. A la fois smsissahle et insaisissable, il ne lui suffit pas de poser ses pieds sur le sol; elle se drosse, pour ainsi dire, sur sa toto de bois en face des autres marchandises et se livre
danser.
Le caractère mystique de la marchandise ne provient- donc pas de sa valeur d’usage. Il ne provient pas davantage des caractères qui déterminent la valeur. D’abord, en effet, si variés que puissent être les travaux utiles ou les activités productives, c’est une vérité physiologique qu’ils sont avant tout des fonctions de l’organisme humain, et que toute fonction pareille, quels que soient son contenu et sa forme, est essentiellement une dépense du cerveau, des nerfs, des muscles, des organes, des sens, etc., de l’homme. En second lieu, pour ce qui sert à déterminer la quantité de la valeur, c’est-à-dire la durée de cette dépense ou la quantité de travail, ou ne saurait nier que cette quantité de travail se distingue visiblement de sa qualité. Dans tous les états sociaux le temps qu’il faut pour produire les moyens de consommation a dû intéresser l’homme, quoique inégalement., suivant les divers degrés de la civilisation1. Enfin dès que les hommes travaillent d’une manière quelconque les uns pour les autres, leur travail acquiert aussi une forme sociale.
D’où provient donc lo caractère énigmatique du produit du travail, dès qu’il revêt la forme d’une marchandise? Évidemment de celte forme ellemême.
Le caractère d’égalité des travaux humains acquiert la forme de la qualité de valeur des produits du travail; la mesure des travaux individuels par leur durée acquiert la forme do la grandeur de valeur des produits du travail; enfin les rapports des producteurs, dans lesquels s’affirment les caractères sociaux de leurs travaux, acquièrent la forme d’un rapport social des produits du travail. Voilà pourquoi ces produits se convertissent en marchandises, c’est-à-dire en choses qui tombent et ne tombent pas sous les sens, ou choses sociales. C’est ainsi que l’impression lumineuse d’un objet sur lo nerf optique ne se présente pas comme une excitation subjective du nerf lui-même, mais comme la forme sensible de quelque chose qui existe en dehors de l’œil. Il faut ajouter que dans l’acte de la vision la lumière est réellement projetée d’un objet extérieur sur un autre objet, l’œil ; c’est un rapport physique entre des choses physiques. Mais la forme valeur et le rapport do valeur des produits du Iravail n ont absolument rien à faire avec leur nature physique. G est seulement un rapport social déter-
1. Chez les anciens Germains la grandeur d’un arpent (le cric était calculé d’après le travail d'un jour, et de là s.in nniii lagcwerh, ilaimewcrk, cic. (Jiu-nalc ou jumalis, terra jurnulis ou duirnah's). D’ailleurs l’expression de « journal . do terre subsiste cr>»oie dans certaines parties do la Franco.