CHAPITRE XV
ne-outils différentes mais combinées les unes avec les autres. La coopération par division du travail qui caractérise la manufacture, reparaît ici comme combinaison de machines d’opération parcellaires. Les outils spéciaux dos différents ouvriers dans une manufacture de laine par exemple, ceux du .batteur, du cardeur, du tordeur, du (ileur, etc., sclransforment en autant de machine-outils spéciales dont chacune forme un organe particulier dans le système du mécanisme combiné. La manufacture elle-même fournit au système mécanique, dans les branches où il est d’abord introduit, l’ébauche de la division et, par conséquent, de l’organisation du procès productif'. Cependant une différence essentielle se manifeste immédiatement. Dans la manufacture, chaque procès partiel doit pouvoir être exécuté comme opération manuelle par des ouvriers travaillant isolément ou en groupes avec leurs outils. Si l’ouvrier est ici approprié à une opération, l’opération est déjà d’avance accommodée à l’ouvrier. Ce principe subjectif de la division n’existe plus dans la production mécanique. Il devient objectif, c’est-à-dire émancipé des facultés individuelles de l’ouvrier ; le procès total est considéré en lui-même, analysé dans ses principes constituants et ses différentes phases, et le problème qui consiste à exécuter chaque procès partiel et à relier les divers procès partiels entre eux, est résolu au moyen de la mécanique, de la chimie, etc. J, ce qui n’empêche pas naturellement que la conception théorique ne doive être perfectionnée par une expérience pratique accumulée sur une grande échelle. Chaque machine partielle fournit à celle qui la suit sa matière première, et, comme toutes fonctionnent en même temps et de concert, le produit se trouve ainsi constamment aux divers degrés de sa fabrication et dans la transition d’une phase à l’autre. De même que dans la manufacture, la coopération immédiate des ouvriers parcellaires crée certains nombres proportionnels déterminés entre les différents