‹ Le capital T. 1Chapitre 156 sur 357 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

colosses donnent 70 coups par minute ; la machine de Ryder cjui emploie des marteaux à vapeur de moindre dimension pour forger des broches, assène jusqu’à 700 coups par minute.

Étant donnée la proportion suivant laquelle la machine transmet de la valeur au produit, la grandeur de cette quote-part dépendra de la valeur originaire de la machine1 2. Moins elle contient de travail, moins elle ajoute de valeur au produit. Moins elle transmet de valeur, plus elle est productive et plus le service qu elle rend se rapproche de celui des forces naturelles. Or la production de machines au moyen de machines diminue évidemment leur valeur proportionnellement à leur extension et a leur efficacité.

Une analyse comparée du prix des marchandises produites mécaniquement et de celles produites par le métier ou la manufacture, démontre qu'en général cette portion de valeur que le produit dérive du moyen de travail, croit dans l’industrie mécanique relativement, tout en décroissant absolument.

En d’autres termes, sa grandeur diminue absolument, mais elle augmente par rapport à la valeur du produit total, d’une livre de filés, par exemple*.

Il est clair qu’un simple déplacement de travail a lieu, c’est-à-dire que la somme totale de travail qu’exige la production d’une marchandise n’est pas diminuée, ou que la force productive du travail n’est pas augmentée, si la production d’une machine coûte autant de travail que son emploi en

1. Le lecteur imbu de !a manière de voir capitaliste, doit s’étonner naturellement qu’il ne soit pas ici question de « l’intérêt » que la machine ajoute au produit au prorata de sa valeur-capital. Il est facile de comprendre cependant que la machine, attendu qu’elle ne produit pas plus de valeur nouvelle que n’importe quelle autre partie du capital constant, ne peut en ajouter aucune sous le nom > d’intérêt. » Nous expliquerons dans le troisième livre de cet ouvrage le mode de comptabilité capitaliste, lequel semble absurde au premier abord et en contradiction avec les lois de la formation de la valeur.

2. Cctto portion de valeur ajoutée par la machine diminue absolument et relativement, là où elle supprime des chevaux et en général des animaux de travail, qu’on n’emploie que comme forces motrices. Descartes, en définissant les animaux de simples machines, partageait le point de vue de la période manufacturière, bien différent de celui du moyen âge défendu depuis par de Haller dans sa Restauration des sciences politiques, et d’après lequel l’animal est l’aide et le compagnon de l'homme. Il est hors de doute que Descartes aussi bien que Bacon croyait qu’un changement dans la méthode de penser amènerait un changementdans le mode de produire, et la domination pratique de l’homme sur la nature. On lit dans son Discours sur îo méthode : • 11 est possible (au moyen de la méthode nouvelle) de parvenir à des connaissances fort utiles à la vie, et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature, etc., contribuer au perfectionnement de la vie humaine. . Dans la préface des Discourses upon Trade, de sir Dudley North (1691), il est dit que la méthode de Descartes appliquée à l’économie politique, a commencé de la délivrer des vieilles superstitions et des vieux contes débités sur l'argent, le commerce, etc. La plupart des économistes anglais de ce temps se rattachaient cependant à.la philosophie de Bacon et de Hobbes, tandis que Locke est devenu plus tard le philosophe de l'économie politique par excellence pour l’Angleterre, la France et l'Italie.

économise La différence cependant entre le travail

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avec son outil, ajouterait à l’objet de travail h productivité de la machine a donc p„nr mesure la proportion suivant laquelle elle remplace l'homme D apres M. Baynes, il y a 2 */, ouvriers par «J W elles, y compris 1 attirail mécanique , le tout mû par un cheval vapeur , et chaque broche de la mule automatique fournit dans une journée de dix heures 13 onces de filés (numéro moyen), de sorte que 2 '/, ouvriers fournissent par semaine 365 */, livre,; de filés. Dans leur transformation en filés, 366 livre; de colon (pour plus de simplicité, nous ne parlons pas du déchet) n’absorbent donc que 150 heures de travail ou 15 journées de 10 heures. Avec le rouet, au contraire, si le lileur livre en 60 heures 13 onces de filés, la même quantité de coton absorberait 2700 journées de 10 heures ou 27 000 heures de travail*. Là où la vieille méthode du blocliprinling ou de l’impression à la main sur toiles de coton a été remplacée par l’impression mécanique , une seule machine imprime avec l’aide, d’un homme

autant de toiles de coton à quatre couleurs en une heure qu’en imprimaient auparavant 200 hommes*. Avant qu’Eli Whitney inventât le coi longin en 1793, il fallait, en moyenne, une journée de travail pour détacher une livre de coton de sa graine. Grâce à cette découverte, une négresse peut en détacher 100 livres par jour, et l’efficacité du gin a été depuis considérablement accrue. On emploie dans l’Inde, pour la même opération, un instrument moitié machine, la churka , avec lequel un homme et une femme nettoient 28 livres de coton par jour. Le Dr Forbes a, depuis quelques années, inventé une churka qui permet à un homme et à une femme d’en nettoyer 750 livres par jour. Si l’on emploie des bœufs, l’eau ou la vapeur comme force motrice, il suffit de quelques jeunes garçons ou jeunes filles pour alimenter la machine. Sci/.e machines de ce genre, mues par des bœufs, exécutent chaque jour un ouvrage qui exigeait aupavant une joui nee moyenne de 750 hommes1.

1 D’après un compte rendu annuel de la chambre de comcree d’Essen (octobre 1803), la fabrique d’acier fondu de rupp, employant 161 fourneaux de forge, do fours a rougir s métaux et de fours à ciment, 32 machines à vapeur, (ccUit peu près le nombre des machines employées à Manchester en iOO) et 14 marteaux à vapeur qui représentent en^em» revaux, 49 chaufferies, 203 machmc.o^lset^viron^^ îvriers, a produit treize millions de livres d > fait pas encore 2 ouvriers par cher» . ^ ^ ajoute e„vi- 2. Babbage calcule qu a Java « Angleterre, a a

>n 117 •/. à 1» valeur (lu coton, tond 8^ M cütoa ,*r a lême époque (1832), la v viron à 33 V» ,Je !a va!,;,ir de

lachine et le filage, sc monta 0; «achinenj, p. 2)4.)

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4. comp. Paper readby t of Arls V oynl i the Government oj India, oe/"

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