‹ Le capital T. 1Chapitre 161 sur 357 · L. c. p. 35 et p · texte numérisé non relu

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une certaine somme par un homme qui porte le nom de chef de bande (gangmasteij et qui ne vend les bandes qu’entières. Le champ de travail de ces bandes ambulantes est souvent situé à plusieurs lieues de leurs villages. On les trouve matin et soir sur les routes publiques, les femmes vêtues de cotillons courts et de jupes à l’avenant, avec des bottes et parfois des pantalons, fortes et saines,, mais corrompues par leur libertinage habituel, et n ayant nul souci des suites funestes que leur goût pour ce genre de vie actif et nomade entraîne pour leur progéniture qui reste seule à la maison et y dépérit *. » Tous les phénomènes observés dans les districts de fabrique, entre auties l infanticide dissimulé et le traitement des enfants avec des opiats, se reproduisent ici à un degré bien supérieur1 2 3 * *. « Ce que je sais là-dessus, dit le docteur Simon, fonctionnaire du Privy Couiicil et rédacteur en chef des rapports sur la Santé publique , doit excuser l’horreur profonde que j’éprouve toutes les fois qu’il est question d’occupation industrielle, dans le sens emphatique du mot, des femmes adultes*. » — « Ce sera, s’écrie l’inspecteur R. Baker dans un rapport officiel, ce sera un grand bonheur pour les districts manufacturiers de l’Angleterre, quand il sera interdit à toute femme mariée et chargée de famille de travailler dans n’importe quelle fabrique*. »

Fr. Engels, dans son ouvrage sur la Situation des classes ouvrières en Angleterre , et d’autres écrivains ont dépeint si complètement la détérioration morale qu’amène l’exploitation capitaliste du travail des femmes et des enfants, qu’il me suffit ici d’en faire mention. Mais le vide intellectuel produit artificiellement par la métamorphose d’adolescents en voie de formation en simples machines à fabriquer de la plus-value, et qu’il faut bien distinguer de cette ignorance naïve qui laisse l’esprit en friche sans attaquer sa faculté de développement, sa fertilité naturelle, ce vide fatal, le Parlement anglais se crut enfin forcé d’y remédier en faisant de l’instruction élémentaire la condition légale de la consommation productive des enfants au-dessous de quatorze ans. dans toutes les industries soumises aux lois de fabrique. L'esprit de la production capitaliste éclate dans la rédaction frivole des articles de ces lois concernant cette soi-disant instruction, dans le défaut de toute inspection administrative qui rend illusoire en grande partie l’enseignement forcé, dans l’opposition des fabricants à cette loi, et dans leurs subterfuges et fauxfuyants pour l’éluder dans la pratique. « La lé-

2. • La consommation de l’opium se propage chaque jour parmi les travailleurs adultes et les ouvrières dans les districts agricoles comme dans les districts manufacturiers. Pousser la vente des opiats, tel est l’objet des eftorts de plus d’un marchand en gros. Pour les droguistes c’est l’article principal » (L. c. p. 459). « Les nourrissons qui absorbaient des opiats devenaient rabougris comme de vieux petits hommes ou se ratatinaient à l’état de petits singes. « (L. c. p. 4G0). Voilà la terrible vengeance que l’Inde et la Chine tirent de l'Angleterre.

à. « Reports of Insp. of Fact. for 31 st. OU. 1862, p. 59

Cet inspecteur de fabrique était médecin.

0 ' a ton seule est à blâmer, parce qu’elle a pro- „ ®,Ue un.e monteuse qui, sous l’apparence de en réaifi8’01” 8 1 él*uratl0n des enfants, ne contient

lTsa on lpaUCUn arUf10ndc ”aUm' à la réa-

1 innn T Prctendu but’ EHo ne détermine rien

•mon que les enfants devront être renfermés' „n

oHatn nombre d’heures (3 heures) par jm,7on!'ë les quatre murs d un local appelé école .< ceux qui les emploient auront à \n oblenir’lè 7,1 !licat chaque semaine d une personne qui |e signera a titre de maître ou de maîtresse d’école*. » £ ant a promulgation de la loi de fabrique révisée do 18r4, une foule do ces certificats d’école si-nés d une croix prouvaient que les instituteurs on insiitutrices ne savaient pas écrire. « Dans une visite que je fis à une écolo semblable, je fus tellement choqué de l’ignorance du maître que je lui dis;

« Pardon, Monsieur, mais savez-vous iirc? Ih

« jeh summat , • telle lut sa réponse; mais pour se justifier, il ajouta : « Dans tous les cas, je sur- « veille les écoliers. » Pendant la préparation de la loi de 1844, les inspecteurs de fabrique dénoncèrent l’état piteux des prétendues écoles dont ils devaient déclarer les certificats irréprochables au point de vue légal. Tout ce qu’ils obtinrent, c’est qu’à partir de 1844 , les chiffres inscrits sur les certificats, ainsi que les noms et prénoms des instituteurs, devaient être écrits du la propre main de ces derniers *. Sir John Kincaid, inspecteur de fabrique de l’Ecosse, cite maints faits du même genre. « La première école que nous visitâmes était tenue par une certaine Mrs. Ann Killin. Invitée par moi à épeler son nom, elle commit tout d’abord une bévue en commençant par la lettre C ; mais elle se corrigea aussitôt, et dit que son nom commençait par un K. En examinant sa signature dans les livres de certificats, je remarquai cependant qu’elle l’épelait de diverses manières et que son écriture ne laissait aucun doute sur son incapacité. Elle avoua elle-même qu’elle ne savait pas tenir son registre. .. Dans une seconde école je trouvai une salle longue de 15 pieds et laige de 10, où je comptai 75 écoliers qui piaillaient un baragouin inintelligible*. » Et ce n est pas *>en cment dans ccs taudis piteux que les enfants obtiennent des certificats mais non de l’instruction; il y a beaucoup d’écoles où le maître est competent, mais scs efforts échouent presque complètement contre le fouillis inextricable d enfants de tout âge î-dessus de trois ans. «Ses appointements, dans e eilleur cas, misérables, dépendent du nombre de

au

pence qu'il reçoit, de la quantité d enfants qu J “ est possible de fourrer dans une chambre. L pm comble, un misérable ameublement, un manque de livres et de tout autre matc-ne1 d vicié sur

l’influence pernicieuse d un an 12 j bcau-

les pauvres enfants. Je me suis trou se d coup d’écoles semblables ou je % oyais

t. Leonhard Ho.-ner dans • Reports of Insp. of. Facl. [or 10

juM 1857, p- 17 *• , F . t0T 3i Oct. 1855, P- 15, 19

r no faisaient absolument nen; et c’est

(1 enfants [ fréquenter l'école, et ce sont de

là ce 1U°' ' - /jgurpnt comme éduqués (cducated)

. En Ecosse, le» taicants cherchent à se passer le plus possible des cn'ants qui sont obligés de fréquenter l’école. « Cela suffit pour démontrer la grande aversion que leur inspirent le3 articles de la loi à ce sujet *. » Tout cela devient d’un grotesque effroyable dans les imprimeries sur coton, laine, etc., qui sont réglées par une loi spéciale. D apres les arretés de la loi, chaque enfant avant d entrer dans une fabrique de ce genre doit avoir fréquenté l’école au moins 3û jours et pas moins de 150 heures pendant les 6 mois qui précèdent le premier jour de son emploi. Une fois au travail, il doit egalement fréquenter l’école 30 jours et 150 heures dans Je courant d’un des deux semestres de l’année.

Son séjour à l'école doit avoir lieu entre 8 heures du matin et 6 heures du soir. Aucune leçon de moins de 2 heures */i ou de plus de 5 heures dans le même jour ne doit être comptée comme faisant partie des 150 heures. « Dans les circonstances ordinaires les enfants vont à 1 ecole avant et apres midi pendant 30 jours, 5 heures par jour, et après ces 30 jours quand la 6omme des 150 heures est atteinte, quand, pour parler leur propre langue, ils ont fini leur livre , ils retournent à la fabrique

où ils restent 6 mois jusqu’à l’échéance d’un nou veau terme, et alors ils retournent à l’école jusqu’à ce que leur livre soit de nouveau fini, et ainsi de suite.... Beaucoup de garçons qui ont fréquenté l’école pendant les 150 heures prescrites ne sont pas plus avancés au bout des 6 mois de leur séjour dans la fabrique qu’auparavant ; ils ont naturellement oublié tout ce qu’ils avaient appris. Dans d’autres imprimeries sur coton, la fréquentation de l’école dépend absolument des exigences du travail dans la fabrique. Le nombre d’heures de rigueur y est acquitté dans chaque période de 6 mois par des à-compte de 3 à 4 heures à la fois disséminées sur tout le semestre. L’enfant par exemple se rend à

I ecole un jour de 8 à 11 heures du matin, un autre jour de 1 ii 4 heures de l’après-midi, puis il s’en absente pendant toute une série de jours pour y revenir ensuite de 3 à G heures de l’après-midi pendant ,} ou 4 jours de suite ou pendant une semaine.

II disparaît do nouveau trois semaines ou un mois, puis revient pour quelques heures, dans certains jouis le chômage, quand par hasard ceux qui * emploient n’ont pas besoin de lui. L’culànt est ainsi i.i ollé (bulïeted) de l’école à la fabrique el de a a nique à 1 ecole, jusqu’à ce que la somme des 150 heures soit acquittée \ »

1. I.i'Oiihord Humer dans « Reports etc. for. 31 si. Octob , 1850, ji. 17 ..

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