‹ Le capital T. 1Chapitre 165 sur 357 · cette circonstance n’est troisième livre · texte numérisé non relu

cette circonstance n’est troisième livre

l’expose plus complet, car ce » ’ ] du profit,

.. u.ui d.

^S^Senior : Letters on lhe Factor y act. Lond., 1837, p. 13,

que la proportion toujours croissante du capital fixé en machines rend une prolongation croissante de la journée de travail tout-à-fait « désirable1 ».

La machine produit une plus-value relative, nonseulement en dépréciant directement la force de travail et en la rendant indirectement meilleur marché par la baisse de prix qu’elle occasionne dans les marchandises d’usage commun, mais en ce sens que pendant la période de sa première introduction sporadique , elle transforme le travail employé par le possesseur de machines en travail puissancié dont le produit, doué d'une valeur sociale supérieure à sa valeur individuelle, permet au capitaliste de remplacer la valeur journalière de la force de travail par une moindre portion du rendement journalier. Pendant celte période de transition où l’industrie mécanique reste une espèce de monopole, les bénéfices sont par conséquent extraordinaires et le capitaliste cherche à exploiter à fond cette lune de miel au moyen de la plus grande prolongation possible de la journée. La grandeur du gain aiguise l’appétit.

A mesure que les machines se généralisent dans une même branche de production, la valeur sociale du produit mécanique descend à sa valeur individuelle. Ainsi se vérifie la loi d’après laquelle la plus-value provient non des forces de travail que le capitaliste remplace par la machine, mais au contraire de celles qu’il y occupe. La plus value ne provient que de la partie variable du capital, et la somme de la plus-value est déterminée par deux facteurs : son taux et le nombre des ouvriers occupés simultanément. Si la longueur de la journée est donnée, sa division proportionnelle en surtravail et travail nécessaire détermine le taux de la plus-value, mais le nombre des ouvriers occupés dépend du rapport du capital variable au capital constant. Quelle que soit la proportion suivant laquelle, par l’accroissement des forces productives, l’industrie mécanique augmente le surtravail aux dépens du travail nécessaire, il est clair qu’elle n’obtient cependant ce résultat qu’en diminuant le nombre des ouvriers occupés par un capital donné. Elle transforme en machines, en élément constant qui ne rend point de plus-value, une partie du capital qui était variable auparavant, c’est-à-dire se convertissait en force de travail vivanto. Il est impossible par exemple d’obtenir de deux ouvriers autant de plus-value que de vingtquatre. yi chacun des vingt -quatre ouvriers ne fournit sur douze heures qu une heure de surtravail, ils

1. • La grande proportion du capital fixe au capital circurend désirables les longues heures de travail. A mesure que le machinisme se développe etc les motifs de pro-

longer les heures de travail deviennent de plus en plus grands, car c’est le seul moyen du rendre profitable une grando proportion du capital fixe. » (Senior 1. c. p. 11-13). « 11 y a dans une fabrique différentes dépenses qui restent constantes, que la fabrique travaille plus ou moins de temps, par exemple la rente pour les bâtiments, les contributions locales et générales, 1 assurance contre l'incendie, le salaire des ouvriers qui restent là en permanence, les frais de détérioration des machincs, et une multitude d’autres charges dont la proportion visa ms du profit croît dans le même rapport que l’étendue de

•ii!','" lu6monte. • ( Déports ot the Insp. of Facl. for

oui. ocï. 18G2 , p. 191

fourniront tous ensemble vingt- quatre heures de surtravail, tandis que le travail total des deux ouvriers n’est jamais que de vingt-quatre heures, les limites de la journée étant fixées à douze heures. L’emploi des machines dans le but d’accroître la plus-value recèle donc une contradiction, puisque des deux facteurs de la plus-value produite par un capital de grandeur donnée, il n’augmente l’un, le taux de la plus-value, qu’en diminuant l’autre, le nombre des ouvriers. Cette contradiction intime éclate, dès qu’avec la généralisation des machines dans une branche d’industrie la valeur du produit mécanique règle la valeur sociale de toutes les marchandises de même espèce, et c’est celte contradiction qui entraîne instinctivement’ le capitaliste à prolonger la journée de travail avec la plus extrême violence, pour compenser le décroissement du nombre proportionnel des ouvriers exploités par 1 accroissement non-seulement du surtravail relatif, mais encore du surtravail absolu.

La machine entre les mains du capital crée donc des motifs nouveaux et puissants pour prolonger sans mesure la journée de travail ; elle transforme le mode de travail et le caractère social du travailleur collectif, de manière à briser tout obstacle qui s’oppose à cette tendance; enfin, en enrôlant sous le capital des couches de la classe ouvrière jusqu’alors inaccessibles, et en mettant èn disponibilité les ouvriers déplacés par la machine, elle produit une population ouvrière surabondante2 qui est forcée de se laisser dicter la loi. De là ce phénomène merveilleux dans l’histoire de l’industrie moderne, que la machine renverse toutes les limites morales et naturelles de la journée de travail. Delà ce paradoxe économique, que le moyen le plus puissant de raccourcir le temps de travail devient par un revirement étrange le moyen le plus infaillible de transformer la vie entière du travailleur et de sa famille en temps disponible pour la mise en valeur du capital. « Si chaque outil, » tel était le rêve d’Aristote, le plus grand penseur de l’antiquité, « si chaque outil pouvait exécuter sur sommation, ou bien de lui-même, sa fonction propre, comme les chefsd’œuvre de Dédale se mouvaient d’eux-mêmes, ou comme les trépieds de Vulcain se mettaient spontanément à leur travail sacré; si, par exemple, les navettes des tisserands tissaient d’elles-mêmes, le chef d’atelier n’aurait plus besoin d’aides , ni le maître d’esclaves3. » Et Antiparos, un poète grec du temps de Cicéron, saluait l’invention du moulin à eau pour la mouture des grains, celte forme élémentaire de tout machinisme productif, comme l’aurore de l’émancipation des femmes esclaves et le retour de l’âge d’or 4 ! Ah ces païens I Maître

1. On verra dans les premiers chapitres du livre III, pourquoi ni le capitaliste, ni l’économie politique qui partage sa manièrede voir, n’ont conscience de cette contradiction.

2. Sismondi et Ricardo ont le mérite d’avoir compris que la machine est un moyen de produire non-seulement des marchandises, mais encore la surpopulation « redundant population ».

3. F. Bicse : Die Philosophie des Aristoteles. Zweiter Band., Berlin, 1842, p. 408.

4. « Épargnez le bras qui faittourner la meule, 0 meunieres, et dormez paisiblement ! Que le coqvousaverlisseen vain qu il

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