‹ Le capital T. 1Chapitre 178 sur 357 · F. Engels, 1. c. p · texte numérisé non relu

F. Engels, 1. c. p

3. • The il aster Spinners' and Manufacturer!’ De fence Fund. Heporl of lhe Commiltee. Manchester, 1 854 ■ p. 17) On verra plus tard que le « Maître » chante sur un autre ton’, dès qu’il est menacé de perdre ses automates « vivants ».

soldats et sous-officiers industriels , sont pousses à leur dernier degré de développement. « La principale difficulté ne consistait pas autant dans l’invention d’un mécanisme automatique... la difficulté consistait surtout dans la discipline nécessaire, pour faire renoncer les hommes à leurs habitudes irrégulières dans le travail et les identifier avec la régularité invariable du grand automate. Mais inventer et mettre en vigueur avec succès un code de discipline manufaelurière convenable aux ie s oins et à la célérité du système automatique, voila une. entreprise digne d Hercule, voilà le noble ouvrage d’Arkwright ! Même, aujourd’hui que ce système est organisé dans toute sa perfection, il est picsque impossible, parmi les ouvriers qui ont passe l’âge de puberté, de lui trouver d’utiles auxiliaires1.»

Jetant aux orties la division des pouvoirs d’ailleurs si prônée par la bourgeoisie et le système représentatif dont elle raflole, le capitaliste formulo en législateur privé et d’après son bon plaisir son pouvoir autocratique sur ses bras dans son code de fabrique. Ce code n’est, du reste qu’une caricature de la régulation sociale, telle que l’exigent la coopération en grand , et l’emploi de moyens de travail communs , surtout des machines. Ici le fouet du conducteur d’esclaves est remplacé par le livre de punitions du contre-maître. Toutes ces punitions se résolvent naturellement en amendes et en retenues sur le salaire, et l’esprit retors des Lycurgues de fabrique fait en sorte qu’ils profilent encore plus de la violation que de l’observation (le leurs lois 2.

1. Ure, 1. c. p. 22, 23. Celui qui connait la vie d’Arkwright e s’avisera jamais de lancer Tcpilhète de ■ noble » à la tête e cet ingénieux barbier. De tous les grands inventeurs du 8e siècle, il est sans contredit le plus grand voleur des inenlions d’autrui.

2. > L’esclavage auquel la bourgeoisie a soumis le protêt* at, se présente sous son vrai jour dans le système de la torique. Ici toute lil>crté cesse de fait et de droit. L’ouvrier oit être le matin dans la fabrique à 5 heures et demie ; s’il ient deux minutes trop tard, il encourt une amende - il est a retard de dix minutes, on ne le laisse entrer qu “près le éjeuner, et il perd le quart de son salaire journalier. Il lui tut manger, boire et dormir sur commande. . . . L» 'doelie espotique lui fait interrompre son sommeil et se. n |mv Jmment se passent les choses à l’intérieur de la labriquo

;i le fabricant est législateur absolu. Il fait des reglement», mime l’idée lui en vient, modifie et amplifie son code stnml son bon plaisir, et s’il y introduit l’arbitraire le plut ïlravagant, les tribunaux disent aux travailleurs ; t’m»'luc lus avez accepte volontairement ce contrat, il tout \oas - sou lettre ... Ces travailleurs sont condamnés à être ainsi touricntés physiquement et moralement depuis leur nenviein inée jusqu’à leur mort • ( /•’**. Engels, L. c. p. 2- ' ' renons deux cas pour exemples de ce que » «h’-"' ' "a „„ mx. • Le premier se passe à Sheffield , „fUe toi-

micr s’était loué pour deux ans ans ' fabricant f ilurgique. A la suite d’une qu»™1 'uit plus y ren-

quitta la fabrique et déclara qu ‘ contrat, U est

er à aucune condition. Accusé de r“p.ufijjrjc(!nt lui-même indamne à deux mois de prison- les tribu-

ole le contrat, il ne peut-elre lrd l . 4e,,z mois fi-

lux civils et ne risque f rentier dans la

s, le même fabric.nl lui intime ^ ^

M.°SAw,Udèclare 'publiquement que c’est une énorm.U

arrêterons pas ici aux conditions rs.0US,,"® dan, lesquelles le travail de fabrique matérielle. jcg sens sont affectés à la fois par

rïvauon artificielle de la température, par une atmosphère imprégnée de particules de matières premières, par le bruit assourdissant des machines, sans parler des dangers encourus au milieu d’un mécanisme terrible vous enveloppant de tous côtés et fournissant, avec la régularité des saisons, son bulletin de mutilations et d’homicides industriels*.

juridique, qu’un homme puisse être condamné périodiquement pendant toute sa vie pour le meme crime ou del.t Ce jugement fut prononcé non par les * Créât Unpaid -, les Ruraux provinciaux, mais par unedes plus hautes cou» de justice de Londres. — Le second cas sc passe dans le Wtllshire, fin novembre 1863. Environ 30 tisseuses au metier a vapeur occupées par un certain Harrupp, fabricant de draps de J.eowers Mil! VVestbury Leigh, se mettaient en grève parce que le susdit îfarrup avait l'agréable habitude de faire une retenue sur leur salaire pour chaque retard le matin. Il relenait 6 d. pour 2 minutes, 1 sh. pour 3 minutes et 1 sh. 6 d. pour 10 minutes. Cela fait, à 12 fr. j c. par heure, 112 fr. 50 c. par jour tandis que leur salaire en moyenne annuelle ne dépassait jamais 12 à 14 francs par semaine. Harrupp avait aposté un jeune garçon pour sonner l’heure de la fabrique. C est ce dont celui-ci s'acquittait parfois avant 6 heures du matin, et dès qu’il avait cesse , les portes étaient fermées et toutes les ouvrières qui étaient dehors subissaient une amende. Comme il n'y avait pas d’horloge dans cet établissement, les malheureuses étaient à la merci du petit drôle inspiré par le maître. Les mères de famille et les jeunes filles comprises dans la grève déclarèrent qu’elles se remettraient à l’ouvrage dès que le sonneur serait remplacé par une horloge et que le tarif des amendes serait plus rationnel. Harrupp cita dixneuf femmes et filles devant les magistrats, pour rupture de contrat. Elles furent condamnées chacune à 6d. d’amende et à 2 sh. pour les frais, à la grande stupéfaction de l’auditoire. Harrupp, au sortir du tribunal, fut salué des sifflets de la foule.

— Une opération favorite des fabricants consiste à punir leurs ouvriers des défauts du matériel qu’ils leur livrent en faisant des retenues sur leur salaire. Celte méthode provoqua en 1866 une grève générale dans les poteries anglaises. Les rapports de la * Child. Employm. Commiss. * (1863-1806) citent des cas où l’ouvrier, au lieu de recevoir un salaire, devient par son travail et en vertu des punitions réglementaires, le débiteur de son bienfaisant maître. La dernière disette de colon a fourni nombre de traits édifiants de l’ingéniosité des philanthropes de fabrique en matière de retenues sur le salaire.

• J’ai eu moi même tout récemment, dit l’inspecteur de fabrique B. Baker, à faire poursuivre juridiquement un fabricant de colon, parce que dans ces temps difficiles et malheureux, il retenait à quelques jeunes garçons (au-dessus de 13 ans) dix pences pour le certificat d’âge du médecin , lequel ne lui coûte que 6 d. cl sur lequel la loi ne permet de retenir que 3 d., l’usage étant même de ne faire aucune retenue. . . Un autre fabricant, pour atteindre le même but, sans entrer en con-

r.J'fC a. *’ *aI ^ payer 1 schclling à chacun des pauvres ?UI UaYailltnt pour lui, à titre de frais d’appren-

médecin lSïüM**art-d8 ,iler> d6s (Iue lc témoignage du J dé?la,r° muis l)0ul' cuttc occupation. 11 est, “ " ?" d,es délails flu’u faut connaître

J I , compte do phénomènes aussi extraordinaires ? , . J5 ü , ')ar c lcmPs qui court (il s’agit d’une grève dans la fabrique de Darwcn, Juin 1863, parmi les tisseurs à la mécanique.) » Reports o[ ln$p. of fact. for 30 l/i April 1863. (Les rapports de fabrique s’étendent toujours au-delà de leur date officielle.)

1. « Les lois pour protéger les ouvriers contre des machines dangereuses n’ont pas été sans résultats utiles.

• Mais il existe maintenant de nouvelles sources d’accidents inconnus il y a vingt ans, surtout la vélocité augmentée des machines, ltoues, cylindres, broches et métiers à tisser sont doioi^a*** Unc fo!'ce d’impulsion toujours croissante; les d’assn i-nüv! en^ i sa*s*1' 'es files cassés avec plus de rapidité et fiés Un 'V a hésitation ou imprévoyance, ils sont sacrigrand nombre d’accidents est occasionné par l’em-

L’économie des moyens collectifs de travail, activée et mûrie comme en serre chaude par le système de fabrique , devient entre les mains du capital un système de vols commis sur les conditions vitales de l’ouvrier pendant son travail, sur l’espace, l’air, la lumière et les mesures de protection personnelle contre les circonstances dangereuses et insalubres du procès de production, pour ne pas mentionner les arrangements que le comfort et la commodité de l’ouvrier réclameraient *. Fourier a-t-il donc tort de nommer les fabriques des bagnes modérés 1 ?

Lutte entre travailleur et machine

La lutte entre le capitaliste et le salarié date des origines mêmes du capital industriel et se déchaîne pendant la période manufacturière1, mais letravail-

pressement des ouvriers à exécuter leur besogne aussi vite que possible. 11 faut se rappeler qu’il est de la plus haute importance pour les fabricants de faire fonctionner leurs machines sans interruption,’ c’est-à-dire de produire des filés et des tissus. L’arrêt d’une minute n’est pas seulement une perte en force motrice, mais aussi en production. Les surveillants, ayant un intérêt monétaire dans la quantité du produit, excitent les ouvriers à faire vite et ceux-ci, payés d’après le poids livré ou à la pièce, n’y sont pas moins intéressés. Quoique formellement interdite dans la plupart des fabriques, la pratique de nettoyer des machines en mouvement est générale. Cette seule cause a produit pendant les derniers six mois, 906 accidents funestes. Il est vrai qu’on nettoye tous les jours, mais le vendredi et surtout le samedi sont plus particulièrement fixes pour cette opération qui s’exécute presque toujours durant le fonctionne-* ment des machines... Comme c’est une opération qui n'est pas payée, les ouvriers sont empressés d’en finir. Aussi, comparés aux accidents des jours précédents, ceux du vendredi donnent un surcroît moyen de 12 p. 100, ceux du samedi un surcroit de 25 et même de plus de 50 p. 100, si on met en ligne de compte que le travail ne dure le samedi que sept heures et demie. »

( Repts of Insp. of Fact. for. etc. 31 st. Oct. 1866. London 1867, p. 9, 15, 16, 17.)

1. Dans le premier chapitre du livre III je rendrai compte d’une campagne d’entrepreneurs anglais contre les articles de la loi de fabrique relatifs à la protection des ouvriers contre les machines. Contentons-nous d’emprunter ici une citation d’un rapport officiel de l’inspecteur Leonhard Horner: «J’ai entendu des fabricants parier avec une frivolité inexcusable de quelques-uns des accidents, dire par exemple que la perte d’uD doigt est une bagatelle. La vie et les chances de l’ouvrier dépendent tellement de ses doigts qu’une telle perte a pour lui les conséquences les plus fatales. Quand j'entends de pareilles absurdités, je pose immédiatement cette question : Supposons que vous ayez besoin d’un ouvrier supplémentaire et qu’il s’en présente deux également habiles sous tous les rapports, lequel choisiriez-vous ? Ils n’hésitaient pas un instant à se décider pour celui dont la main est intacte.... Ces messieurs les fabricants ont des faux préjugés contre ce qu’ils appellent unc législation pseudo-philanthropique. • ( Reports of Insp. of Fact. for 31st. Oct 1855.) Ces fabricants sont de madrés compères et ce n’est pas pour des prunes qu’ils acclamèrent avec exaltation la révolte des esclavagistes américains.

2. Cependant dans les établissements soumis le plus longtemps à la loi de fabrique , bien des abus anciens ont disparu

Arrivé à un certain point le perfectionnement ultérieur du sys

tome mécanique exige lui-même une construction perfection née des bâtiments de fabrique laquelle profite aux ouvriers (V. Report, etc. for. 3lsf. Oct. 1863, P- >09- „ . . ,

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