CHAPITRE XV
mièrc, elle donne lieu à la révolté brutale de l’ouvrier contre le moyen de travail.
Le moyen de travail accable le travailleur. Cet. antagonisme direct éclate surtout lorsque des machines nouvellement introduites viennent faire la guerre aux procédés traditionnels du métier et de la manufacture. Mais dans la grande industrie ellemême, le perfectionnement du machinisme et le développement du système automatique ont des effets analogues.
« Le but constant du machinisme perfectionné est de diminuer le travail manuel, ou d’ajouter un anneau de plus à I’enchalnure productive de la fabrique en substituant des appareils de 1er a des appareils humains*. »« L’application de la vapeur ou de la force de l’eau à des machines qui jusqu’ici n’étaient mues qu’avec la main, est l’événement de chaque jour.... Les améliorations de détail ayant pour but l’économie de la force motrice, le perfectionnement de l’ouvrage, l'accroissement du produit dans le même temps, ou la suppression d’un enfant, d’une femme ou d’un homme sont constantes, et bien que peu apparentes, elles ont néanmoins des résultats importants*. » « Partout où un procédé exige beaucoup do dextérité et une main sûre, on le retire au plus tôt des mains de l’ouvrier trop adroit, et souvent enclin à des irrégularités de plusieurs genres pour en charger un mécanisme particulier, dont l’opération automatique est si bien réglée qu’un enfant peut la surveiller.3 » « D’après le système automatique le talent de l’artisan se trouve progressivement remplacé par de simples surveillants de mécaniques*. » « Non- seulement les machines perfectionnées n’exigent pas l’emploi d’un aussi grand nombre d’adultes, pour arriver à un résultat donné, mais elles substituent une classe d’individus à une autre, le moins adroit au plus habile, les enfants aux adultes, les femmes aux hommes. Tous ces changements occasionnent des fluctuations constantes dans le taux du sa-
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laÜl,mrChCi ,?»>i.dc imPriméc au machinisme par S" d,e la .tournée .h- travail nous a montré ^.xutc extraonhnaue dont il est susceptible, gucc .1 une expérience pratique accumulée •
1 ‘tendue des moyens mécaniques déT àetmis et aux progrès de la technologie En îaro que l’industrie cotonnière anglaise était à son '/émlh, qui auia.it soupçonné les perfectionnements mécaniques et le déplacement correspondant du tiavml manuel qui,, sous l’aiguillon do la guerre civile américaine, révolutionnèrent celle industrie* Lontentons-nous d’en citer un ou deux exemples empruntés aux rapports officiels des inspecteurs de fabrique. « Au lieu de 75 machines à carder, dit un fabricant de Manchester, nous n’en employons plus que 12, et nous obtenons la même quantité de produit en qualité égale sinon meilleure...., J,’économic en salaires se monte à 10 liv. si. par semaine et le déchet du coton a diminué de 10 0/0. » Dans une filature de la meme ville le mouvement accéléré des machines et l’introduction de divers procédés automatiques ont permis de réduire dans un département le nombre des ouvriers employés d’un quart et dans un autre de plus de la moitié. Un autre (ilalcur estime qu’il a réduit de lûu/ü le nombre de ses « bras. »
Les MM. Gilmore, filateurs à Manchester, déclarent de leur côté : «Nous estimons que dans le nettoyage du coton l’économie de bras et de salaires résultant des machines nouvelles se monte à un hou tiers.... Dans deux autres procédés préliminaires la dépense a diminué d’un tiers environ en salaires et autres frais, dans la salle à filer d’un tiers. Mais ce n’est pas tout; quand nos filés passent maintenant aux tisserands, ils sont tellement améliorés qu’ils fournissent plus de tissus de meilleure qualité que les anciens filés mécaniques3. »
L’inspecteur A Rcdgrave, remarque à ce propos : « La diminution dans lenombrc d’ouvriers, en même
même cause peut en même temps rendre la population surabondante et détériorer la condition du travailleur.! Ricardo, l.c. p. 469. « Le but constant et ta tendance de tout perfectionnement des machines est de se passer du travail de l'homme ou de diminuer son prix en substituant le travail des femmes et des enfants à celui des adultes ,ou le travail d'ouvriers grossiers et inhabiles à celui d’ouvriers Labiles. » { lire, l. c. t. 1, p. 35. )