‹ Le capital T. 1Chapitre 196 sur 357 · AI · texte numérisé non relu

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C.alflr|* ‘manière dont les changements dans les ccsl.J‘;s j,. production s'effectuaient aux dépens ^ouvrier. C'étaient de véritables expériences in corpore vili , comme celles des vivisecteurs sur les cre nouilles et autres animaux à expériences. « Bien une j'aie fait connaître les recettes réelles des ouvriers dans beaucoup de fabriques, dit l’inspecteur Redgravc. il ne faut pas croire qu’ils perçoivent la même somme par semaine. Us subissent les fluctuations les plus considérables par suite des expérimentations (experimentalmng) continuelles des fabricants.... leurs salaires s’élèvent et s abaissent suivant la qualité des mélanges faits avec le cotorr tantôt ils ne s’écartent que de là »/„ de leur taux normal, et une ou deux semaines apres, l’écart est do 50 à 60 » Et ces essais ne coû-

taient pas seulement à l’ouvrier une bonne partie de ses vivres, il les lui fallait payer encore avec les souffrances de ses cinq sens à la fois. « Ceux qui sont chargés de nettoyer le coton m’assurent que l’odeur insupportable qui s’en dégage les rend malades.... Dans la salle où l’on carde et où l’on fait Jes mélanges, la poussière et la saleté causent des irritations dans toutes les ouvertures de la tête, excitent la toux et rendent la respiration difficile — Pour l’encollage des filés dont les fibres sont courtes, on emploie au lieu de la farine d’abord usitée une multitude de matières différentes. C’est là une cause de nausée et de dyspepsie chez les tisseurs. La poussière occasionne des bronchites, des inflammations de la gorge, et les saletés contenues dans le Surate engendrent des maladies cutanées par suite de l’irrrilalion de la peau. »

D’autre part les matières substituées à la farine étaient pour les fabricants, grâce au poids qu’elles ajoutaient aux filés, un vrai sac de Forkniatus. « Grâce à elles, 15 livres de matières premières une fois tissées pesaient 20 livres 2. » On lit dans les rapports îles inspecteurs de fabrique du 30 avril 18iWi : « L’industrie exploite aujourd'hui cette source de profits d’une manière vraiment indécente.. Je sais de bonne source qu’un tissu de huit livres est fait avec cinq livres de coton et deux livres trois quarts de colle. Il entrait doux livres de colle dans un autre tissu do cinq livres un quart. G étaient des chemises ordinaires pour l’exportation. Dans d’autres espèces de irissus la colle constituait parfois 50 % du tout, de sorte que les îatii'icants pouvaient se vanter et se vantaient, en . > de devenir riches en vendant des tissus pour moins il argent que n’en coûtaient nominalement les II les qu ils contenaient». >» Mais los ouvriers n’avaient pas seulement à souffrir des expériences des lahncants el.des municipalités, du manque de travail et de la réduction des salaires, de la pénurie et de 1 aumône, des éloges des lords et des membres de la chambre des communes. « De malheureuses filles, sans occupation par suite de la crise cotonnière, devinrent le rebut de la société et restèrent telles...'.

' liepnm< etc; 30 th. april 1864, » p. 27

Le nombre des jeunes prostituées s est plus accru que depuis les vingt-cinq dernières années’. »

On ne trouve donc dans les quarante-cinq premières années de l’industrie cotonnière anglaise, de 1770 à 1815, que cinq années de crise et de stagnation ; mais c’était alors l'époque de. son monopole sur le monde entier. La seconde période de quarante-huit ans, de 1815 à 1836, ne compte que vingt années de reprise et de prospérité con Ire vingt -huit de malaise et de stagnation. De 1815 à 1830, commence la concurrence avec l’Europe continentale et les États-Unis, A partir de 1833 les marchés de l’Asie sont conquis et développés au prix « de la destruction de la race humaine. » Depuis l’abrogation de la loi des céréales, de 1846 à 1863, pour huit aimées d’activité et de prospérité on en compte neuf de crise et de stagnation. Quant à ce qui est de la situation des ouvriers adultes de l’industrie cotonnière, même pendant les temps de prospérité, on peut en juger par la note ci-dessous2.

Bévolution.opéréc dans la manufacture, le inciter et le travail à domicile par la grande industrie.

a) Suppression de La coopération fondée sur le métier et la division du, travail.

Nous avons vu comment l’exploitation mécanique supprime la coopération fondée sur le métier et

1. Extrait d’une lettre du chef constable Harris de Bolton dans « Itepnrts of insp. of Fact. 31 st. ocl. 1865, » p. 61, 62.

2. On lit dans un appel des ouvriers cotonniers , du printemps de 1863, pour la formation d’une société d’émigration : • 11 ne se trouvera que bien peu de gens pournier qu’une grande émigration d’ouvriers de fabrique soit aujourd’hui absolument nécessaire, et les faits suivants démontreront qu’en tout temps, sans un courant d’émigration continu, il nous est impossible de maintenir notre position dans les circonstances ordinaires. En 1814, la valeur officielle des cotons exportés (laquelle n’est qu’un indice de la quantité), se montait à 17 665 378 liv. st.; leur valeur de marché réelle, au contraire, était de 20070 824 liv. st. En 1858, la valeur officielle des cotons exportés étant de 182221 631 liv. st., leur valeur démarché no s’éleva pas au-dessus de 43 001 322 liv. st., en sorte que pour une quantité décuple, l’équivalent obtenu ne fut guère plus que double. Diverses causes concoururent à produire ce résultat si ruineux pour le pays en général et pour les ouvriers de fabrique en particulier.... Une des principales, c’est qu’il est indispensable pour cette branche d’industrie, d’avoir constamment à sa disposition plus d’ouvriers qu’il n’en est exigé en moyenne, car il lui faut, sous peine d’anéantissement, un marché s’étendant tous les jours davantage. Nos fabriques de coton peuvent être arrêtées d’un moment à l’autre par celte stagnation périodique du commerce qui, dans l’organisation actuelle, est aussi inévitable que la mort. Mais l’esprit d’invention de l’homme ne s’arrête pas pour cela. On peut évaluer au moins à six millions le nombre des émigrés dans les vingt-cinq dernières années; néanmoins, par suite d’un déplacement constant de travailleurs en vue de rendre le produit -meilleur marché, il se trouve meme dans les temps les plus prospères, un nombre proportionnellement considérable d’hommes adultes hors d’état de se procurer, dans les fabriques, du travail de n’importe quelle espece et à n’importe quelles conditions. * ( Reports of insp. of fact. 30 tli. april 1863, p. 51, 52.) On verra dans un des chapitres suivants, comment messieurs les fabricants, pendant la terrible crise cotonnière, ont cherché à empêcher l’émigration de lours ouvriers par tous les moyens, même par la force publique

la manufacture basée sur la division du travail manuel. La machine à faucher nous fournit un exemple du premier mode de suppression. Elle remplace la coopération d’un certain nombre de faucheurs. La machine à fabriquer les épingles nous fournit un exemple frappant du second. D’apres Adam Smith, dix hommes fabriquaient de son temps, au moyen de la division du travail, plus de 48,000 épingles par jour. Une seule machine en fournit aujourd’hui 145,000 dans une journée, de travail de onze heures. Il suffit d’une femme on d’une jeune fille pour surveiller quatre machines semblables et pour produire environ 600,000 épingles par jour et plus de 3,000,000 par semaine *.

Quand une machine-outil isolée prend la place de la coopération ou de la manufacture, elle peut ellemême devenir la base d’un nouveau métier. Cependant celle reproduction du métier d’un artisan sur la base de machines ne sert que de transition an régime de fabrique, qui apparaît d’ordinaire dès que l’eau ou la vapeur remplacent les muscles humains comme force motrice. Çà et là la petite industrie peut fonctionner transitoirement avec un moteur mécanique, en louant la vapeur, comme dans quelques manufactures de Birmingham, on en se servant de petites machines caloriques, comme dans certaines branches du tissage, etc.2.

A Coventry, l’essai des Cottage-Fado/ ies (fabriques dans des cottages) se déxreloppa d’une manière spontanée pour le tissage de la soie. Au milieu de rangées de cottages bâtis en carré, on construisit un local dit Engine-House (maison-machine) pour l’engin à vapeur, mis en communication par des arbres avec les métiers à tisser des cottages. Dans tous les cas, la vapeur était louée, par exemple, à 2 */s sh. par métier. Ce loyer était payable par semaine, que les métiers fonctionnassent ou non. Chaque cottage contenait de deux à six métiers, appartenant aux travailleurs, achetés à crédit ou loués. La lutte entre la fabrique de ce genre et la fabrique proprement dite dura plus de douze ans ; elle se termina par la ruine complète des trois cents Cottage- Facioiies 5.

Quand le procès de travail n’exigeait pas par sa nature même la production sur une grande échelle, les industries écloses dans les trente dernières années, telles que, par exemple, celles des enveloppes, des plumes d’acier, etc., passaient régulièrement, d’abord par l’état de métier, puis par la manufacture, comme phases de transition rapide, pour arriver finalement au régime de fabrique. Cette métamorphose 'rencontre les plus grandes difficultés, lorsque le produit manufacturier, au lieu de parcourir une série d’opérations graduées, résulte dune multitude d’opérations disparates. Tel est 1 obstacle qu eut à vaincre la fabrication des plumes d acier. On a inventé néanmoins, il y a environ une

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