CHAPITRE XV
tiers) fournit à sa troupe de sept personnes le logement et la table dans sa cabane. Qu'ils appartiennent ou non à sa famille, hommes, garçons, filles dorment dans ce taudis, composé ordinairement de deux chambres, de trois au plus, le tout au rezde-chaussée et avec peu d’ouvertures. Les corps sont si épuisés par leur grande transpiration pendant le jour, que toute précaution pour la santé y est complètement négligée, aussi bien que la propreté et la décence. Un grand nombre de ces bicoques sont de vrais modèles de désordre et de saleté.. . Le pire côté de ce système, cest que les jeunes filles qu’il emploie à ce genre de travail sont dès leur enfance et pour toute leur vie associées à la canaille la plus abjecte. Elles deviennent devrais gamins grossiers et mal-embouchés (rougli, foulmouthed boys), avant que la nature leur ait appris quelles sont femmes. Vêtues de quelques sales haillons, les jambes nues jusqu’au-dessus du genou, le visage et les cheveux couverts de boue, elles en arrivent à rejeter avec dédain tout sentiment de modestie et de pudeur. Pendant les repas, elles restent étendues de leur long sur le sol ou regardent les garçons qui se baignent dans un canal voisin. Leur rude labeur de la journée une fois terminé, elles s’habillent plus proprement et accompagnent les hommes dans les cabarets. Quoi d’étonnant que l'ivrognerie règne au plus haut degré dans ce milieu? Le pis, c’est que les briquetiers désespèrent d’eux mêmes. Vous feriez tout aussi bien, disait un des meilleurs d’entre eux au chapelain de Southalltields, de tenter de relever et d’améliorer le diable qu’un briquetier. (Youmight as wëll try to raise and improve the devil as a brickie, sir.) t *.
On trouve dans le «/F' Rapport sur la santé publique « (1861 ) et dans le VIe (1864) les renseignements officiels les plus détaillés, sur la manière dont le capital économise les conditions du travail dans la manufacture moderne, laquelle comprend, excepté les fabriques proprement dites, tous les ateliers établis sur une grande échelle. La description des ateliers, surtout de ceux des imprimeurs et des tailleurs de Londres dépasse de beaucoup tout ce que les romanciers ont pu imaginer de plus révoltant. Leur influence sur la santé des ouvriers se comprend d’elle-même. Le docteur Simon, l’employé médical supérieur du Privy Councit , et l’éditeur officiel des « Rapports sur la santé publique », dit : « J’ai montré dans mon quatrième rapport (1863) comment il est pratiquement impossible aux travailleurs de faire valoir ce qu’on peut appeler leur droit à la santé , c’est-à-dire d’obtenir que, quel que soit l’ouvrage pour lequel on les rassemble , 1 entrepreneur débarrasse leur travail, autant que cela est en lui, de toutes les conditions insalubres qui peuvent être évitées. J’ai démontré que les travailleurs, pratiquement incapables de se procurer par eux-mêmes cette justice sanitaire, n’ont aucune aide efficace a attendre des administrateurs de la police sanitaire.... La vie de myriades d’ouvriers et d’ouvrières est aujourd’hui inutilement torturée et abrégée par les souffrances physiques intermina-
t. • Child. Empl. Comu l. v Report. 1866, • xvi, n. 86-U7 cl P- 130, n. 39-71. V. aussi ibid. in II ep. 1 864. p. 48, 56.
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LES IXDIISIRIES CI-CO.VTHE
industries
COMPARÉES sous Llî RAPPORT DK L.V SANTÉ
ClüKFIlR Ri: MORTALITÉ SUR 1110,000 IIUMMl.a DANS CK8 IXDLSIRIKH
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à 35 ans
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Agriculture en
Angleterre cl le
comté de (tulles.
î2‘2,:ioi hommes
Tailleurs de
17,379 femmes
Londres.
Imprimeurs de
Londres.
Pour us t>e,lllre seul leur mode d occupation ’ . » lier snr i110"tleî Oct<los l'influence qu’exerce l’ate-
so» le la L?ntrU'S 0UVViers- >" A™'*™ Simon préme la liste de mortalité qui suit :
d). Le travail moderne à domicile.
Examinons maintenant le prétendu travail à domicile. Pour se faire une idée, de cette sphère, d'exploitation capitaliste qui forme l'arriére - train de la grande industrie, il suffit de. jeter un coup d’uül sur un genre de travail presque idyllique en apparence, celui de la clouterie, tel qu’il se pialique eu Angleterre, dans quelques villages reculés*. Les exemples que nous allons citer sont empruntés à ces branches de la fabrication de la dentelle et de la paille tressée où l'on n’emploie pas encore les machines , ou bien qui sont en concurrence, avec des fabriques mécaniques et des manufactures.
Des 150 000 personnes qu’occupe en Angleterre la production des dentelles, 10 000 environ sont soumises à l’acte de fabrique de 1861. L’immense majorité des 140( 00 qui restent se compose, de, femmes, d’adolescents et d’enfants des deux sexes, bien que le sexe masculin n’y soit que faiblement représenté. L’état de santé de ce matériel d’exploitation à bon marché est dépeint dans h? tableau suivant du docteur Trueman, médecin du dispensaire général de Nottingham. Sur 686 dentellières, âgées pour la plupart de dix-sopl a vingt-quatre ans. le nombre des phthisiques était :
1X5 K [ sur 13 1X59 I sur 9 |«C(j I sur X
1852 1 sur 45 1851 1 sur 28 1854 1 sur 17
1 sur 18 1 sur 15 1 sur 13
1861 1 sur 8 *
Ce progrès dans la marche de la phthisie doit