‹ Le capital T. 1Chapitre 203 sur 357 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

laie à transformer en fabrique proprement dite les manufactures, les métiers et le travail à domicile où s’est glissé le nouvel agent mécanique.

Ce dénouement est accéléré en premier lieu par le caractère technique de la machine à coudre dont l’applicabilité variée pousse à réunir dans le même atelier et sous les ordres du même capital des branches d’industrie jusque-là séparées; de même quelques opérations préliminaires, telles que des travaux d’aiguille, s’exécutent le plus convenablement au siège de la machine.

Une autre circonstance décisive est l'expropriation inévitable des artisans et des travailleurs à domicile employant des machines à eux. C’est l’événement de chaque jour. La masse toujours croissante de capitaux placés dans les machines à coudre, en 1868, à Leicester,la cordonnerie seule en employait déjà huit cents, — amène des excès de production ; de là encombrement des marchés, oscillations violentes dans les prix des articles, chômage — autant de causes qui forcent les travailleurs à domicile à vendre leurs machines. Les machines mêmes sont construites en telle abondance que leurs fabricants, empressés à trouver un débouché, les louent à la semaine et créent ainsi une concurrence terrible aux ouvriers possesseurs de machines'. Ce n’est pas tout; les perfectionnements continuels et la réduction progressive de prix déprécient sans cesse les machines existantes et n’en permettent l'exploitation profitable qu’entre les mains de capitalistes qui les achètent en masse et à des prix dérisoires.

Enfin, comme dans toute révolution industrielle de ce genre, le remplacement de l’homme par l’engin à vapeur donne le dernier coup. Les obstacles que l’application de la vapeur rencontre à son début, tels que l’ébranlement des machines, leur détérioration trop rapide, la difficulté de régler leur vitesse, etc., sont purement techniques et l’expérience les a bientôt écartés, comme l’on peut s’en convaincre dans le dépôt d’habillements militaires à Pimlico, Londres, dans la fabrique de chemises de MM. Tillie et Henderson à Londonaerry, dans la fabrique de vêtements de la maison Tait, à Limerick, où environ douze cents personnes sont employées.

Si la concentration de nombreuses machines-outils dans de grandes manufactures pousse à l’emploi de la vapeur, la concurrence de celle-ci avec la force musculaire de l’homme accélère de son côté le mouvement de concentration des ouvriers et des machines-outils dans de grandes fabriques.

C est ainsi que l’Angleterre subit à présent, dans la vaste sphère des articles d’habillement et dans la plupart des autres industries, la transformation de la manufacture, du métier et du travail à domicile en régime de fabrique, après que ces vieux modes de production, altérés, décomposés et défigurés sous l’influence de la grande industrie, ont depuis longtemps reproduit et même exagéré ses énormités sans s'approprier ses éléments positifs de développement*.

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collectifs tels que fourneaux, bâtiments etc^de mamere que leur plus grande concentrait detdent le corollaire oblige d’une agglomération croissante de salaries. En fait, toutes les fois qu’une manulacture est menacée de la loi de fabrique, on s’égosille à démontrer que, pour continuer l’entreprise sur le même pied, il faudrait avoir recours à des avances plus considérables de capital. Quant au travail à domicile et aux ateliers intermédiaires entre lui et la manufacture, leur seule arme, offensive, et défensive, dans la guerre de la concurrence, c’est, l’exploitation sans bornes des forces de travail à bon marché. Dès que la journée est limitée et lo. travail des enfants restreint, ils sont donc condamnés à mort.

Le régime de fabrique, surtout après qu’il est soumis à la régularisation légale du travail, réclame comme première condition que le résultat à obtenir se prête à un calcul rigoureux, de telle sorte qu’on puisse compter sur la production d’un quantum donné de marchandises dans un temps donné Les intervalles de loisir prescrits par la loi supposent en outre que l’intermittence périodique du travail ne porte pas préjudice à l’ouvrage commencé. Cctto certitude du résultat et cette faculté d'interruption sontnaturellementbien plus faciles à obtenir du travail dans des opérations purement mécaniques que là où des procès chimiques et physiques interviennent, comme dans les poteries, les blanchisseries, les boulangeries, etc., et la plupart des manufactures métalliques.

La routine du travail illimité, du travail de nuit et de la dilapidation sans limites et sans gène de la vie humaine, a fait considérer le premier obstacle

dustric tout entière est aujourd'hui en état de transition et subit les mêmes changements qui se sont effectués dans celles des dentelles, des tissus, •• etc. (I.. c. n. 40>-) * r-’est une révolution complète. • (L. c. p. xlvi, n. 318 J I-a bonneterie était encore, eu 1840, un métier manuel, licpuis 1840, il y a été introduit des machines diverses, mues aujourd hui par la vapeur. La bonneterie anglaise occupait, en 18C2, er"jrj" Hfl 000 personnes des deux sexes et de tout âge, a 'r ,,j trois ans. Dans ce nombre, d’après le Parhamentary Ht rur Il février 1862, il n'y en avait que 4063 sous la sur» i

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