‹ Le capital T. 1Chapitre 221 sur 357 · Voy. ch. vu, p · texte numérisé non relu

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considéré comme une seule personne, mais elle ne s’applique plus à chacun de ses membres prisa part.

Mais ce n’est pas cela qui caractérise d’une manière spéciale le. travail productif dans le système capitaliste. Là le but déterminant de la production, c’est la plus-value. Donc, n’est censé productif que le travailleur qui rend une plus-value au capitaliste ou dont le travail féconde le capital. L’n maître

d’école, par exemple, est un travailleur productif, non parce qu’il forme l’esprit de ses élèves, mais parce qu’il rapporte des pièces de cent sous à son patron. Que celui-ci ait placé son capital dans une fabrique de leçons au lieu de le placer dans une fabrique de saucissons, c’est son affaire. Désormais la notion de travail productif ne renferme plus simplement un rapport entre activité et effet utile, entre producteur et produit, mais encore, et surtout, un rapport social qui fait du travail 1 instrument immédiat de la mise en valeur du capital.

Aussi l’économie politique classique a-t-elle toujours, tantôt instinctivement, tantôt consciemment, soutenu que ce qui caractérisait le travail j-ro' ucti , celait de rendre une plus-value. Ses debmüonsdu

travail productif changent à mesure qu elle pousse plus avant son analyse de la plus- value. Les ph>siocrates, par exemple, déclarent que e travail agricole seul est productif- Et pourquoi Parce que seul il donne une plus-value qui, pour eux, u existe que sous la forme de la rente foncière.

Prolonger la journée de travail au delà du

• à l'ouvrier pour fournir un équi-

icmps rieces retien, et allouer ce surtravail "l”"' produaio» de la plus-val™

'7 Elle forme la base générale du système * italiste et le point de départ de la production de L plus-value relative. Là la journéc est .déjà divisée en deux parties’ travail nécessaire et surtravail. Afin de prolonger le surtravail, le travail nécessaire est raccourci par des méthodes qui font produire l’équivalent du salaire en moins de temps. La production de la plus-value absolue n aflecteque la durée du travail, la production de la plus value relative en transforme entièrement les procédés techniques et les combinaisons sociales. Elle se développe donc avec le mode du production capitaliste

proprement dit. .

Line fois celui-ci établi et généralisé, la ditlerence entre plus value relative et plus-value absolue se fait sentir dès qu’il s’agit d’élever le taux du la plus-value. Supposé que la force de travail se paye ii sa juste valeur, nous arrivons évidemment à relie alternative les limites de la journée étant données, le taux de la plus-value ne peut être élevé que par •l’accroissement, soit de l’intensité, soit, de la nrodiictivilé du travail. Par contre, si l’intensité et

ia productivité du travail restent les mêmes, le taux rie la plus-value ne peut être élevé que par une prolongation ultérieure de la journée.

Néanmoins, qucllequc soit la durée du travail, il ne rendra pas de plus-value sans posséder ce minimum de productivité qui met l’ouvrier à même de ne consommer qu'une partie de sa journée pour son propre entretien. Nous sommes donc amenés à nous demander s’il n’y a pas, comme on l’a prétendu, une base naturelle de la plus-value?

Supposé i] ne le travail nécessaire à l’entretien du producteur et de sa famille absorbât tout son temps disponible, où trouverait-il le moyen de travailler gratuitement pour autrui? Sans un certain degré de productivité du travail, point de temps disponible; sans ce surplus de temps, point de smlravail, et, par conséquent, point de plus-value, point de produit net, point de capitalistes, mais aussi point d’esclavagistes, point de seigneurs féodaux, en un mol, point de classe propriétaire1!

La nature n’empêche pas que la chair des uns serve d ab ment aux autres* ; de même elle n'a pas mis i obstacle insurmontable à ce qu’un homme puisse ai 1 1\ ei a travailler pour plus d’un homme, ni à ce qu’un aiUre réussisse à se décharger sur lui du fardeau du lavai . Abus a ce lait naturel on a donné quelque chose de mystérieux en essayant de l’expliquer à la maniéré scolastique, par une qualité « occulte » du U avau , sa productivité innée, productivité toute prête dont la nature aurait doué l’homme en le mettant au monde.

t. ,• L'existence d’une classe distincte de maîtres-capitalistes dépend de la productivité de. l'industrie. » ( Ilamsay , I. c. p « Si le travail de chaque homme ne suffisait qu’à lui procurer ses propres vivres, il ne pourrait y avoir do proprié- U1. « (lifinvià/oue, 1. c. p. 14, 15.)

». i) api es un calcul tout récent, il existe encore au moins quatre millions de cannibales dans les parties du globe qu'on a déjà explorées.

Les facultés de l’homme primitif, encore en germe, et comme ensevelies soiis sa croûte animale, n' se forment au contraire que lentement sous la pression de ses besoins physiques. Quand, grâce à de rudes labeurs, les hommes sont parvenus à s’élever au-dessus de leur premier état animal, que par conséquent leur travail est déjà dans une certaine mesure socialisé, alors, et seulement alors, se produisent des conditions où le surtravail de l’un peut devenir une source de vie pour l’autre, et cela n’a jamais lieu sans l aide de la force qui soumet l’un à l’autre.

A l’origine de la vie sociale les forces de travail acquises sont assurément minimes, mais les besoins le sont aussi, qui ne se développent qu’avec les moyens de les satisfaire. En même temps, la partie de la société qui subsiste du travail d’autrui ne compte presque pas encore, comparativement à la masse des producteurs immédiats. Elle grandit absolument et relativement à mesure que le travail social devient plus productif1.

Du reste, la production capitaliste prend racine sur un terrain préparé par une longue série d’évolutions et de révolutions économiques La productivité du travail, qui lui sert de point de départ, est l’œuvre d’un développement historique dont les périodes se comptent non par siècles, mais par milliers de siècles.

Abstraction faite du mode social de la produc ■ tion, la productivité du travail dépend des conditions naturelles au milieu desquelles il s’accomplit. Ces conditions peuvent toutes se ramener soit à la nature de l’homme lui-même, à sa race, etc., soit à la nature qui l’entoure. Les conditions naturelles externes se décomposentau point de vue économique en deux grandes classes : richesse naturelle en moyens de subsistance, c’est-à-dire fertilité du sol, eaux poissonneuses, etc., et richesse naturelle en moyens de travail, tels que chutes d’eau vive, rivières navigables, bois, métaux, charbon, et ainsi de suite. Aux origines de la civilisation c’est la première classe de richesses naturelles qui l’emporte ; plus tard, dans une société plus avancée, c’est la seconde. Qu’on compare, par exemple, l’Angleterre avec l’Inde, ou, dans le monde antique, Athènes et Corinthe avec les contrées situées sur la mer Noire.

Moindre est le nombre des besoins naturels qu’il est indispensable de satisfaire, plus le sol est naturellement fertile et le climat favorable, moindre est par cela même le temps de travail nécessaire à l’entretien et à la reproduction du producteur, et plus son travail pour autrui peut dépasser son travail pour lui-même. Diodore de Sicile faisait déjà cette remarque à propos des anciens Egyptiens. « On ne saurait croire, dit-il, combien peu de peine et de frais il leur en coûte pour élever leurs enfants. Ils font cuire pour eux les aliments

1. ■ Chez les Indiens sauvages de l’Amérique, il nés piesque pas de chose qui n’appartienne en propre au travailleur; les quatre-vingt-dix-neuf centièmes du produit y échoient au travail. En Anglolerre, l’ouvrier no reçoit pas les deux tiers. . [The adianta ai- s of lhe Hast India Tradc, e>«., p. 73.)

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