‹ Le capital T. 1Chapitre 222 sur 357 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

les plus simples et les premiers venus; ils leur donnent aussi à manger cette partie de la racine du papyrus, qu’on peut rôtir au feu, ainsi que les racines et les liges desplantes marécageuses soit crues, soit bouillies ou rôties. L’air est si doux que la plupart des enfants vont sans chaussures et sans vêtements. Aussi un enfant, jusqu’à sa complète croissance, ne coûte pas en gros àses parentsplus de vingt drachmes. C’est là principalement ccqui explique qu’en Égypte la population soit si nombreuse et que tant de grands ouvrages aient pu être entrepris *. » G est bien moins cependant à l’étendue de sa population qu à la faculté d’en employer à des travaux improductifs une partie relativement considérable que l’ancienne Égypte doit ses grandes œuvres d’architecture. De même que le travailleur individuel peut fournir d’autant plus de surtravail que son temps de travail nécessaire est moins considérable, de même moins est nombreuse la partie de la population ouvrière que réclame la production des subsistances nécessaires, plus est grande la partie disponible pour d’autres travaux.

La production capitaliste une fois établie, la grandeur du surtravail variera, toutes autres circonstances restant les mêmes, selon les conditions naturelles du travail et surtout selon la fertilité du sol. Mais il ne s’ensuit pas le moins du monde que le sol le plus fertile soit aussi le plus propre et le plus favorable au développement de la production capitaliste, qui suppose la domination de l’homme sur la nature. Une nature trop prodigue « retient l’homme par la main comme un enfant en lisière » ; elle l’empêche de se développer en ne faisant pas de son développement une nécessité de nature î. La patrie du capital ne se trouve pas sous le climat des tropiques, au milieu d’une végétation luxuriante, mais dans la zone tempérée. Ce n’est pas la fertilité absolue du sol, mais plutôt la diversité de ses qualités chimiques, de sa composition géologique, de sa configuration physique, et la variété de ses produits naturels, qui forment la base naturelle de la division sociale du travail et qui excitent l’homme, en raison des conditions multiformes au milieu desquelles il se trouve placé, à multiplier ses besoins, ses facultés, ses moyens et modes de travail.

C’est la nécessité de diriger socialement une force

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