‹ Le capital T. 1Chapitre 232 sur 357 · LË SALAIRE AU TEMPS · texte numérisé non relu

LË SALAIRE AU TEMPS

Le salaire revêt à son tour des formes très-variées sur lesquelles les auteurs de traités d’économie, que le fait brutal seul intéresse, ne fournissent aucun éclaircissement. Une exposition de toutes ces formes ne peut évidemment trouver place dans cet ouvrage; c’est l’affaire des traités spéciaux sur le travail salarié. Mais il convient de développer ici les deux formes fondamentales.

La vente de la force de travail a toujours lieu, comme on s’en souvient, pour une période de temps déterminée. La forme apparente sous laquelle se présente la valeur soit journalière, hebdomadaire ou annuelle, de la force de travail, est donc en premier lieu celle du salaire au temps , c’est-à-dire du salaire à la journée, à la semaine, etc.

La somme d’argent* que l’ouvrier reçoitpour son travail du jour, de la semaine, etc., forme le montant de son salaire nominal ou estimé en valeur. Mais il est clair que suivant la longueur de sa journée ou suivant la quantité de travail livré par lui chaque jour, le même salaire quotidien, hebdomadaire etc. , peut représenter un prix du travail trèsdifférent, c est-à-dire des sommes d’argent très-différentes payées pour un même quantum de travail’.

t. na valeur de l’argent est ici toujours supposée constante.

2. • Le prix du travail est la somme payée pour une quantité donnée de travail. » ( Sir Edward M'est : Price of Corn and Waye.s of Labour. Lond., Isï6. * p. 07 ) Ce M'est est l’auleur d’un écrit anonyme, qui a fait époque dans l’histoire de l’économie politique : « Essai/ on lhe Application of Capital to Land. liy a Fellow nf Univ. College of Oxford. Lond., 1815. .

Quand il s’agit du salaire au temps, il faut. donc distinguer de nouveau entre le it: autant ioial du salaire quotidien, hebdomadaire, etc., et le prix du travail. Gomment trouver ce dernier ou la valeur monétaire d’un quantum de travail donné? Le juix moyen du travail s’obtient en divisant la valeur journalière moyenne que possède la force de travail par le nombre d’heures que compte en moyenne la journée de travail.

La valeu journalière de la force de travail estelle par exemple de trois francs, valeur produite en six heures, et. la journée de travail de douze heures, le prix d’une heure est alors égal à frj = 25 centimes. Le prix ainsi trouvé de l’heure de îravail sert d unité de mesure pour le prix du travail.

Il suit de là que le salaire journalier, le salaire hebdomadaire, etc , peuvent rester les rnernes, quoique le prix du travail tombe constamment. -Si la journée de travail est de dix heures et la valeur journalière de la force de travail de trois lianes, alors l’heure de travail est payée à 30 centime^ '>« prix tombe à 25 c. dès que la journée < '■ 'j?’11 s’élève à douze heures et à 20 e., dés qu e 0 s . '

à quinze heures. Le salaire journa ier ou 1 ^

madairc reste malgré ce a invana > e. ■ ■

ce salaire peut s’élever quoique le prix du

resie constant ou moine - — , , „

Si la journée de travail est de dix heures et la valeur journalière de la force de travail ne 3 bancs, le prix d’une heure de travail sera de 30 centimes lYouvrier travaille-t-il douze heures par s * ' ‘ !1

tombe.

. , .nation le prix du travail restant le

surcroît ^®îai^e quotidien s’élève abrs à 3 francs 60, même,*0 • ' ^ travaji varie. Le même résultat

S“r,S la se produire si, au lieu de la grandeur Pensive la grandeur intensive du travail augmen-

U Tandis que le salaire nominal à la journée ou à la semaine augmente, le prix du travail peut donc rester le même ou baisser. Il en est de même de la recette de la famille ouvrière dès que le quantum de travail fourni par son chef est augmenté de celui de ses autres membres. On voit que la diminution directe du salaire à la journée ou à la semaine n’est pas la seule méthode pour faire baisser le prix du travail’. En général on obtient cette loi : Donné ja quantité du travail quotidien ou hebdomadaire, ],. salaire quotidien ou hebdomadaire dépend du prix du travail, lequel varie lui-même soit avec la valeur de la lorce ouvrière soit avec ses prix de

marché.

Est-ce au contraire le prix du travail qui est donné, alors le salaire à la journée ou à la semaine dépend de la quantité du travail quotidien ou hebdomadaire.

L’unité de mesure du salaire au temps, le prix d’une heure de travail, est le quotient qu’on obtient en divisant la valeur journalière de la force de travail par le nombre d’heures de la journée ordinaire. Si celle-ci est de douze heures, et qu’il en faille six pour produire la valeur journanalière de la force de travail, soit 3 francs, l’heure de travail aura un prix de 25 centimes tout en rendant une valeur de 50 c. Si maintenant l’ouvrier est occupé moins de douze heures (ou moins de six jours par semaine), soit huit ou six heures, il n’oblicndra avec ce prix du travail que deux francs ou un liane et demi pour salaire de sa journée. Puisqu’il doit travailler six heures par jour moyen simplement pour produire un salaire correspondant à la valeur de sa lorce de travail, ou, ce qui revient au même, à la valeur doses subsistances nécessaires, et qu'il travaille dans chaque heure, une demi-heure

1. ■ Lit salaire du travail dépend du prix du travail et de 1 quantiie du travail accompli.... Une élévation des salaire u implique pas nécessairement une augmentation des prix d iravan i.os salaires peuvent considérablement croître na vrix'du Knliul0 "«""dance de besogne, sans que 1

“i ? d,:Ur- ’ (Wcsl> >• «»• P- «L6H et 112.) Quant

travail? \Ve|,|','C,*r U : Cummcl’1 délerminc-t-on Je prix di na\a I? Wesisen lire avec des banalités.

renHS

ffldûW; £lr

imim.il, dit-il, et non son prix (le salaire nominal d jour ou de la semaine), qui est déterminée par le prix de prousions et autres nécessités; réduisez le prix des choses né -usures, e, naturelle,,, em vous réduisez la quantité du trava U ', up "m:-" u's owitres manufacturiers savent qu'il etZTJrT'''" dVW ut d'abaisser lo prix du travail, sa,, attaqu,' A son montant nominal. » (L. c. p. 48 et 61 I A

T** (l;,np3eS * n‘eL Lec,ures on t* • l-« “‘‘‘J40 Wosl «Mie citer

«dre . (p. ij, \ sullo»l intéressé au montant de son sa

vailleur, c'est ce im'il? qi" ln,l,îresse Principalement le tra

' "en ce qu’il donne la'ou1. ’, f,C. TulUa"L nominal du salaire c> la quantité du travail !

pour lui-même et une demi-heure pour le capitaliste, il est clair qu’il lui est impossible d’empocher son salaire normal dont il produit la valeur en six heures, quand son occupation dure moins de douze heures.

De même qu’on a déjà constaté les suites funestes de l’excès de travail, de même on découvre ici la source des maux qui résultent pour l’ouvrier d’une occupation insuffisante *.

Le salaire à l’heure est-il ainsi réglé que le capitaliste ne s’engage à payer que les heures de la journée où il donnera de la besogne, il peut dès lors occuper ses gens moins que le temps qui originairement sert de hase au salaire à l’heure, l’unité de mesure pour le prix du travail. Comme cette mesure est déterminée par la proportion :

Valeur journalière de la force de travail

Journée de travail d’un nombre d’heures donné’

elle perd naturellement tout sens, dès que la journée de travail cesse de compter un nombre d’heures déterminé. Il n’y a plus de rapport entre le temps de travail payé et celui qui ne l’est pas. Le capitaliste peut maintenant extorquer à l’ouvrier un certain quantum de surtravail, sans lui accorder le temps de travail nécessaire à son entretien. Il peut anéantir toute régularité d’occupation et faire alterner arbitrairement, suivant sa commodité et ses intérêts du moment, le plus énorme excès de travail avec un chômage partiel ou complet. Il peut sous le prétexte de payer le « prix normal du travail» prolonger démesurément la journée sans accorder au travailleur la moindre compensation. Telle fut en 1860 l’origine, de la révolte parfaite ment légitime des ouvriers en bâtiment de Londres contre la tentative des capitalistes pour imposer ce genre de salaire. La limitation légale de la journée de travail suffit pour mettre un terme à de semblables scandales ; mais il n’en est pas de même naturellement du chômage causé par la concurrence des machines, par la substitution du travail inhabile au travail habile, des enfants et des femmes aux hommes, etc., enfin par des crises partielles ou générales.

Le prix du travail peut rester nominalement constant et néanmoins tomber au-dessous de son niveau normal, bien que le salaire à la journée ou à la semaine s’élève. Ceci a lieu toutes les fois que la journée est prolongée au delà de sa durée ordinaire, en même temps que l’heure de travail ne change pas de prix. Si dans la fraction

Valeur journalière de la force de travail Journée de travail

le dénominateur augmente, le numérateur augmente

t. L'effet de cette insuffisance anormale de besogne est complètement différent de celui qui résulte d’une réduction générale de la journée de travail. Le premier n’a rien à taire avec la longueur absolue de la journée de travail, et peut tout aussi bien se produire avec une journée de quinze peines a voc une journée de six. Dans le premier cas, le prix normal du travail est calculé sur cette donnée que l’ouvrier travai e quinze heures, dans le second sur cette autre qu i six chaque jour en moyenne. L’effet reste °*“ .

dans un cas il ne travaille que sept heures et demie et dans l’autre que trois heures.

Page 1