‹ Le capital T. 1Chapitre 231 sur 357 · te Morning naïf jusqu’à la sottise · texte numérisé non relu

te Morning naïf jusqu’à la sottise

civile américaine, avec toute trava.iia

lurc huma, ne P^ut rcs^nnr,^ue „ au.„

“I'j“enet jonaer la peine de comparer la nourriture journa- 2to» Vun de ces nègres avec celle par exemple de l'ouvrier libre dans ÏEatt End de Londres.

tUse^e cessait K p.-odant 1 « fv^c toute' 1 indignation morale que a na-

V;lil ubail fUJC'JX

« A 'avec tout autre genre de contrat que

n*Pîatenue dans les formules juridiquement “ alentes- Do ut des, do ut facias, facto ul d,s T'io ul fadas. (Je donne pour que tu donnes, je

donne pour flue tu fasses > je falS P°Ur qUe tU donnes, je fais pour que tu lasses.)

Valeur d’usage et valeur d'echange étant par Jour nature des grandeurs incommensurables entre elles les expressions « valeur du travail, » « prix du travail » ne semblent pas plus irrationnelles que les expressions « valeur du coton, » « prix du coton. « En outre le travailleur n’est payé qu’après avoir livré son travail. Or dans sa fonction de moyen de payement, l'argent ne fait que réaliser après coup la valeur ou le prix de l'article livré, c’està-dire dans notre cas la valeur ou le prix du travail exécuté. Enfin la valeur d’usage que l’ouvrier fournit au capitaliste, ce n’est pas en réalité sa force de travail, mais l’usage de cette force, sa fonction, le travail. D’après toutes les apparences ce que le capitaliste paye , c’est donc la valeur de l’utilité que l'ouvrier lui donne, la valeur du travail, — et non celle de la force de travail que l’ouvrier ne semble pas aliéner. La seule expérience de la vie pratique ne fait pas ressortir la double utilité du travail, la propriété de satisfaire un besoin, qu’il a de commun avec toutes les marchandises, et celle de créer de la valeur, qui le distingue de tontes les marchandises et l’exclut, comme élément formateur de la valeur, de la possibilité d’en avoir aucune.

l’iaçom— nous au point de vue de l’ouvrier à qui son travail de douze heures rapporte une valeur produite en six heures, soit trois francs. Son travail de douze heures est pour lui en réalité le moyen d’achat des trois francs. Il se peut que sa rétribution tantôt s’élève à quatre francs, tantôt tombe à deux, par suite ou des changements survenus dans la valeur de sa force ou des iluctuations dans le rapport de l’ollrc. et de la demande, — l’ouvrier n’en donne pas moins tou jours douze heures de travail. Toute variation de grandeur dans l’équivalent qu’il reçoit lui apparaît donc nécessairement comme une variation dans lu valeur ou le prix de ses douze heures de travail. Adam Smith qui traite la journée de travail comme une grandeur constante*, s’appuie au contraire sur ce luit pour soutenir que le travail ne '.me jamais dans sa valeur propre. « Quelle que ko U. la quantité de denrées, dit-il, que l’ouvrier h çone en recompense de- son travail, le prix au’il

.clutcr tantôt une. plus grande, tantôt une plus petite quantité do ces denrées : mais c’est la valeur

1. Ad. Smith ne fait allusion à la variation ,1e la journée de travail <pia.-a.to '.vilement, quand U lui arrive de parier du salaire aux pièces. F

de celles-ci qui varie, et non celle du travail qui ie8 achète Des quantités égales de travail sont tou-

jours d’une valeur égale*. »

Prenons maintenant le capitaliste. Que veutceluici? Obtenir le plus de travail possible pour le moins d’argent possible. Ce qui l’intéresse pratiquement ce n’est, donc que la différence entre le prix de la force de travail et la valeur qu’elle crée par sa fonction. Mais il cherche à acheter de même tout autre article au meilleur marché possible et s’explique partout le profit par ce simple truc : acheter des marchandises au-dessous de leur valeur et les vendre au-dessus. Aussi n’arrive-t il jamais à s’apercevoir que s’il existait réellement une chose telle que la valeur du travail, et qu’il eût à payer cette valeur, il n’existerait plus de capital et que son argent perdrait la qualité occulte de faire des petits.

Le mouvement réel du salaire présente en outre des phénomènes qui semblent prouver que ce n’est pas la valeur de la force de travail, mais la valeur de sa fonction, du travail lui-même , qui est payée. Ces phénomènes peuvent se ramener à deux grandes classes. Premièrement : Variations du salaire suivant les variations de la durée du travail. On pourrait tout aussi bien conclure que ce n’est pas la valeur de la machine qui est payée mais celle de ses opérations, parce qu’il coûte plus cher de louer une machine pour une semaine que pour un jour. Secondement : La différence dans les salaires individuels de travailleurs qui s’acquittent de la même fonction. On retrouve celte différence, mais sans qu’elle puisse faire illusion, dans lesystème de l’esclavage où , franchement et sans détours, c’est la force de travail elle-même qui est vendue. Il est vrai que si la force de travail dépasse la moyenne, c’est un avantage, et si elle lui est inférieure, c’est un préjudice, dans le système de l’esclavage pour le propriétaire d’esclaves, dans le système du salariat pour le travailleur, parce que dans le dernier cas celui-ci vend lui-même sa force de travail et que, dans le premier, elle est vendue par un tiers.

Il en est d’ailleurs de la forme « valeur et prix du travail» ou « salaire» vis-à-vis du rapport essentiel qu’elle renferme, savoir : la valeur et le prix de la force de travail , comme de toutes les formes phénoménales vis-à-vis de leur substratum. Les premières se réfléchissent spontanément, immédiatement dans l’entendement, le second doit être découvert par la science. L’économie politique classique touche de près le véritable état des choses sans jamais le formuler consciemment. Et cela lui sera impossible tant quelle n’aura pas dépouillé sa vieille peau bourgeoise.

1. A. Smilh, Itichesse des nations, etc., trad. par G. Garnier, Paris, 1802, t. I, p. 65, G6.

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