‹ Le capital T. 1Chapitre 246 sur 357 · partie. ' productif, l’ouvrier lui-même en fait · texte numérisé non relu

partie. ' productif, l’ouvrier lui-même en fait

plus substantielle à la place de celle qui le serait moins 4 ; son unique souci est de limiter la consommation individuelle des ouvriers au 6trict nécessaire.

C’est pourquoi l’idéologue du capital, l’économiste politique, ne considère comme productive que la partie de la consommation individuelle qu’il faut à la classe ouvrière pour se perpétuer et s’accroître, et sans laquelle 1e capital ne trouverait pas de force de travail à consommer ou n’en trouverait pas assez. Tout ce que le travailleur peut dépenser pardessus le marché pour sa jouissance, soit matérielle, soit intellectuelle, est consommation improductive 1 *. Si l’accumulation du capital occasionne une hausse .de salaire qui augmente les dépenses de l’ouvrier sans mettre le capitaliste à même de faire une plus large consommation de forces de travail, le capital additionnel est consommé improductivement3. En effet, la consommation du travailleur est improductive pour lui-même, car elle ne reproduit que l’individu nécessiteux ; elle est productive pour le capitaliste et l’État, car elle produit la force créatrice de leur richesse *.

Au point de vue social, la classe ouvrière est donc, comme tout autre instrument de travail, une appartenance du capital, dont le procès de reproduction implique dans certaines limites même la consommation individuelle des travailleurs. En retirant sans cesse au travail son produit et le portant au pôle opposé, le capital, ce procès empêche ses instruments conscients de lui échapper. La consommation individuelle, qui les soutient et les reproduit, détruit en même temps leurs subsistances, et les force ainsi à reparaître constamment sur le marché. Une chaîne retenait l’esclave r.omain; ce sont des fils invisibles qui rivent le salarié à son propriétaire. Seulement ce propriétaire, ce n’est pas le capitaliste individuel, mais la classe capitaliste.

Il n’y a pas longtemps que cette classe employait encore la contrainte légale pour faire valoir son ■droit de propriété sur le travailleur libre. C’est ainsi que jusqu’en 1815 il était défendu, sous de fortes peines, aux ouvriers à la machine d’émigrer de l’Angleterre.

1. « Les ouvriers des mines de l’Amérique du Sud, dont la besogne journalière (peut-être la plus pénible du monde) consiste à charger sur leurs épaules un poids de 180 à 200 livres de minerai et à le porter au dehors d’une profondeur de 450 pieds, ne vivent que de pain et de fèves. Ils prendraient volontiers du pain pour toute nourriture; mais leurs maîtres se sont aperçus qu’ils ne peuvent pas travailler autant s’ils ne mangent que du pain, et les forcent de manger des fèves. Les fèves sont proportionnellement plus riches que le paiu en phosphate de chaux. • (Liebig, 1. c. lr* partie, p. 194, note.)

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