CHAPITRE XXI U
près labeurs et ses propres épargnes des trésors qui la mettaient en état d’avancer les subsistances de l’ouvrier sous forme de monnaie ? Provisoirement nous voulons bien accepter cette solution du problème, en nous réservant d’y regarder de plus près dans le chapitre sur la soi-disant accumulation primitive.
Toutefois, en ne faisant que perpétuer le fonctionnement du même capital, ou répéter sans cesse le procès de production sur une échelle permanente, la reproduction continue opère un autre changement, qui altère le caractère primitif et de la partie variable et de la partie constante du capital avancé.
Si un capital de 1000 1. st. rapporte périodiquement, soit tous les ans, une plus-value de 200 1. st.. que le capitaliste consomme chaque année, il est clair que le procès de production annuel avant été répété cinq fois, la somme de la plus-value sera égale à 5 X 200 ou 1000 1. st., c’est à-dire à la valeur totale du capital avancé. Si la plus-value annuelle n’était consommée qu’en partie, qu’à moitié par exemple, le même résultat se produirait au bout de dix ans, car 10 X 100 = 1000. Généralement parlant: En divisant le capital avancé par la plus-value annuellement consommée , on obtient le nombre d'années ou de périodes de production après l'écoulement desquelles le capital primitif a été consommé par le capitaliste , et a, par conséquent, disparu.
Le capitaliste se figure sans doute qu’il a consommé la plus-value et conservé la valeur-capital, mais sa manière de voir ne change rien au fait, qu’après une certaine période la valeur-capital qui lui appartenait égale la somme de plus-value qu’il a acquise gratuitement pendant la même période, et que la somme de valeur qu’il a consommée égale celle qu’il a avancée. De l’ancien capital qu’il a avancé de son propre fonds, il n’existe donc plus un seul atome de valeur.
Il est vrai qu’il tient toujours en main un capital dont la grandeur n’a pas changé et dont une partie, bâtiments, machines, etc., était déjà là lorsqu’il mit son entreprise en train. Mais il s’agit ici de la valeur du capital et non de ses éléments matériels. Quand un homme mange tout son bien en contractant des dettes, la valeur de son bien ne représente plus que la somme de ses dettes. De même, quand le capitaliste a mangé l’équivalent de son capital avancé, la valeur de ce capital ne représente plus que la somme de plus-value qu’il a accaparée.
Abstraction faite de toute accumulation proprement dite, la reproduction simple suffit donc pour transformer tôt ou tard tout capital avancé en capital accumulé ou en plus-value capitalisée. Ce capital, fût-il même, à son entrée dans le procès de production, acquis par le travail personnel de l’entrepreneur, devient, après une période plus ou moins longue, valeur acquise sans équivalent, matérialisation du travail d’autrui non payé.
Au début de notre analyse (deuxième section), nous avons vu qu’il ne suffit pas de la production et de la circulation des marchandises pour faire naître le capital. Il fallait encore que l'hin.me aux 12303
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constamment renouvelé. D’un côté le procès de production ne cesse pas de transformer la ricliessetatenclle en capital et moyens de jouissance pour le capitaliste ; de 1 autre, l’ouvrier en sort comme il y est entre — source personnelle d,; richesse, dénuée de ses propres moyens de réalisation, bon travail, déjà aliéné, fait propriété du capitaliste ut incoi poré au capital, même avant que lo procès commence, ne, peut évidemment durant le procès so réaliser qu en produits qui fuient dc sa main. La production capitaliste, étant en même temps consommation de la force do travail par le capitaliste, transforme sans cesse le produit du salarié non-sculemenL en marchandise, mais encore en capital, en valeur qui pompe la force créatrice dc la valeur, en moyens de production qui dominent le producteur, en moyens de subsistance qui achètent l’ouvrier lui-même. La seulo continuité ou répétition périodique du procès de production capitaliste en reproduit et perpétue donc la base, le travailleur dans la qualité de salarié *.
La consommation du travailleur est double. Dans l’acte de production il consomme par son travail des moyens dc production afin de les convertir en produits d’une valeur supérieure à ce 1 1 o du capital avancé. Voilà sa consommation productive qui est en même temps consommation dc sa force par le capitaliste auquel elle appartient*. Mais 1 argent donné pour l’achat de cette force est dépensé par le travailleur en moyens de subsistance, et c est ce qui forme sa consommation individuelle.
La consommation productive et la consommation individuelle du travailleur sont donc parfaitement distinctes. Dans la première il agit comme force motrice du capital et appartient au capitaliste : dans la seconde il s’appartient à lui-même et accomplit des fonctions vitales en dehors du procès de production. Le résultat de l’une, c’est la vie du capi-
1. « Il est absolument certain qu’une manufacture, dcs^“ c * est établie, emploie beaucoup dc pauvres ; mais eau ^ cessent pas de rester dans le même élat et ^ Umlled croit, si l'établissement dure. • (n^''jns [en„!cr est as*.-* talion of Wo ot. Lornl., 1G77, p. ntretient les pauvres,
absurde pour affirmer aujourdUui fl , /or the
Il les entretient en réalité dans » “ comp„,alire tuu> b fthe laie Increaie of tltePoor Ratet r 37 .)
prier* of labour and * ’, relu3rquable de
“ P* *42-) Si J. JW! avait compris la consom-
mation productive,..
celte propriété particulièrement remarquable.^
il n’aurait trouvé rien d étonnant dans
l'»w, c-.stUri.do l’ouvrier
lu i-mêto*- ^ pitres sur «la journée de travail » et ,IJa«Üe 'industrie » des exemples nombreux, il " * *a7 nous ont montré l’ouvrier obligé à faire de CSt consommation individuelle un simple incident du procès de production. Alors les vivres qui entretiennent sa force jouent le même rôle que 1 eau et le charbon donnés en pâture à la machine à vapeur. Ils ne lui servent qu’à produire, ou bien sa consommation individuelle se confond avec sa consommation productive. Mais cela apparaissait comme un abus dont la production capitaliste saurait se passer à la rigueur .
Néanmoins, les faits changent d aspect si I on envisa-e non le capitaliste et l’ouvrier individuels, mais la classe capitaliste et la classe ouvrière, non des actes de production isolés, mais la production capitaliste dans l’ensemble de sa rénovation contilie et dans sa portée sociale.
En convertissant en force de travail une partie .le son capital, le capitaliste pourvoit au maintien cl à la mise en valeur de son capital entier. Mais ce n’est pas tout. Il fait d’une pierre deux coups. Il profite non-seulement de ce qu’il reçoit de l’ouvrier, mais encore de ce qu’il lui donne.
Le capital aliéné contre la force de travail est échangé par la classe ouvrière contre des subsistances dont la consommation sert à reproduire les muscles, nerls, os, cerveaux, etc., des travailleurs existants et à en former de nouveaux. Dans les limites du strict nécessaire la consommation individuelle de la classe ouvrière est donc la transformation des subsistances qu’elle achète par la vente de sa force de travail, en nouvelle force de travail, en nouvelle matière à exploiter par le capital. C’est la production et la reproduction de l’instrument le plus indispensable au capitaliste, le travailleur lui-même. La consommation individuelle de l’ouvrier qu’elle ait lieu uu dedans ou au dehors de l’atelier, forme dune uu élément de la reproduction du capital, de même que le nettoyage des machines, qu’il ait lieu pendant le procès de travail ou dans les intervalles d’interruption.
Il est vrai que le travailleur fait sa consommation individuelle pour sa propre satisfaction et non pour celle du capitaliste. Mais les bêtes de somme aussi aiment a manger, cl qui a jamais prétendu que leur alimentation en soit moins l’affaire du fermier? Le capitaliste n’a pas besoin d’y veiller; il peut s’en n i hardiment aux instincts de conservation et de propagation du travailleur libre.
Aussi est-il à mille lieues (l imiter ces brutaux exploiteurs do mines de l’Amérique méridionale qui Imcent leurs esclaves à prendre une nourriture
l. Les économistes qui considèrent comme normale cette coïncidence de consommation individuelle et de consommation productive, doivent nécessairement ranger les subsistances de
ouvra;1- au nombre des matières auxiliaires, telles que l’huile, trvvvî etc’.’ <*11' soul consommées par les instruments de proiliu-nr C,?nsl!tu,Bnt par conséquent uu élément du capital hliaut w,.., “ssl * l;mpoi'lo contre celle classification, en ou-
Irem ous..ù * 'u'US si lu» subsistances de l’ouvrier n’en-