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CHAPITRE XXV

Le rapport entre l’accumulation du capital et le taux de salaire n’est que le rapport entre le travail gratuit, converti en capital, et, le supplément de travail payé qu’exige ce capital additiounel pour être mis en œuvre. Ce n’est donc point du tout un rapport entre deux termes indépendants l’un de l’autre, à savoir, d’un côté, la grandeur du capital, et, de l’a .Ire, le chiffre de la population ouvrière, mais ce n’est en dernière analyse qu’un rapport entre le travail gratuit et le travail payé de la même population ouvrière. Si le quantum de travail gratuit que la classe ouvrière rend, et que la classe capitaliste accumule, s’accroît assez rapidement pour que sa conversion en capital additionnel nécessite un supplément extraordinaire de travail payé, le salaire monte et, toutes autres circonstances restant les mêmes, le travail gratuit diminue proportionnellement. Mais, dès que cette diminution touche au point où le surtravail, qui nourrit le capital, ne paraît plus offert en quantité normale, une réaction survient, une moindre partie du revenu se capitalise, l’accumulation se ralentit et le mouvement ascendant du salaire subit un contre-coup. Le prix du travail ne peut donc jamais s'élever qu’entre des limites qui laissent intactes les bases du système capitaliste et en assurent la reproduction sur une échelle progressive*.

Et comment en pourrait-il être autrement là où le travailleur n’existe que pour augmenter la richesse d’autrui, créée par lui? Ainsi que, dans le monde religieux, l’homme est dominé par l’œuvre de son cerveau, il l’est, dans le monde capitaliste, par l’œuvre de sa main1 2 3.

Changements successifs de la composition du capital dans le progrès de l’accumulation et diminution relative de cette partie du capital qui s'échange contre la force ouvrière.

D’après les économistes eux-mêmes, ce n’est ni l’étendue actuelle de la richesse sociale, ni la grandeur absolue du capital acquis, qui amènent une hausse des salaires, ce n’est que le progrès continu de l’accumulation et son degré de vitesse’. Il faut donc avant tout éclaircir les conditions dans lesquelles s’accomplit ce progrès, dont nous n’avons

1. « Les ouvriers industriels et les ouvriers agricoles se heurtent contre la même limite par rapport à leur occupation, savoir la possibilité pour l'entrepreneur de tirer un certain profit du produit de leur travail.... Dès que leur salaire s'élève autant que le gain du maître tombe au-dessous du profit moyen, il cesse de les occuper ou ne consent à les occuper qu’a la condition qu’ils acceptent une réduction de salaire. < John Verte, 1. c., p. 2M.

2. « Si nous revenons maintenant à notre première élude, où il a été démontré.... que le capital lui-méme n’est que le résultat du travail humain, il semble tout à fait incompréhensible que l’homme puisse tomber sous la domination de son propre produit , le capital, et lui être subordonne ! El comme c’est là incontestablement le cas dans la réalité, on est obligé de se poser malgré soi la question : comment, le travailleur a-t-il pu, de maître du capital qu’il était, en tant que son créateur, devenir l’esclave du capital ? > (l'on Tliünen : Ver isolirle Staat, Ziceiltr Thtü, Z te ci le Abtheilung. Rostock, 1863, p 5 ti ) C’est le mérite de Thiiuen de s’élre posé ce problème, mais la solution qu’il en donne est simplement sotte.

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