‹ Le capital T. 1Chapitre 308 sur 357 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

great nuisance here, because they bring the poor » (« les cots font beaucoup de tort, parce que cela amène les pauvres»). «Que l’on bâtisse cinq cents cots, dit un gentleman, et les pauvres ne s’en trouveront pas mieux; en réalité, plus on en bâtit, et plus il en faut. » — Pour ce Monsieur, les maisons engendrent les habitants, lesquels naturellement pressent à leur tour sur « les moyens d’habitation. » — Mais ces pauvres,' remarque à ce propos le docteur Hunter, « doivent pourtant venir de quelque part, et puisqu’il n’y a ni charité, ni rien qui les attire particulièrement à Badsey, il faut qu’ils soient repoussés de quelque autre localité plus défavorable encore, et qu’ils ne viennent s’établir ici que faute de ! mieux. Si chacun pouvait avoir un cot et un petit morceau de terre tout près du lieu de son travail, il l’aimerait assurément mieux qu’à Badsey, où la terre lui est louée deux fois plus cher qu’aux fermiers. »

L’émigration continuelle vers les villes, la formation constante d’une surpopulation relative dans les campagnes, par suite de la concentration des fermes, de l’emploi des machines, de la conversion des terres arables en pacages, etc., et l’éviction non interrompue de la population agricole, résultant de la destruction des cottages, tous ces faits marchent de front. Moins un district est peuplé, plus est considérable sa surpopulation relative, la pression que celle-ci exerce sur les moyens d’occupation, etl’exoédant absolu de son chiffre sur celui des habitations; plus ce trop-plein occasionne dans les villages un entassement pestilentiel. La condensation de troupeaux d’hommes dans des villages et des bourgs correspond au vide qui s’effectue violemment à la surface du pays. L’incessante mise en disponibilité des ouvriers agricoles, malgré la diminution positive de leur nombre et l’accroissement simultané de leurs produits, est la source de leur paupérisme : ce paupérisme éventuel est lui-même un des motifs de leur éviction et la cause principale de leur misère domiciliaire, qui brise leur dernière force de résistance et fait d’eux de purs esclaves des propriétaires1 et des fermiers. C’est ainsi que l’abaissement du salaire au minimum devient pour eux l’état normal. D’un autre côté, malgré cette surpopulation relative, les campagnes restent en même temps insuffisamment peuplées. Cela se fait sentir, nonseulement d’une manière locale sur les points où

J. « La noble occupation du hind (le journalier paysan (dorme de la dignité meme à sa condition. Soldat pacifique et non esclave, il mérite que le propriétaire qui s’est arrogé le droit de l’obliger à un travail semblable à celui que le pays exige du soldat lui assure sa place dans les rangs des hommes mariés. Son service, — pas plus que celui du soldat. — n’est payé au prix de marché. Comme le soldat, il est pris jeune, ignorant, connaissant seulement son métier et sa localité Le mariage précoce et l’effet des diverses lois sur le domicile affectent l’un comme l’enrôlement et le mutiny act (loi sur les révolte smilitaires) affectent l’autre. » {Dr. Hunter, l. c., p. 132). Parfois, quelque Landlord exceptionnel a une faiblesse, son cœur s’émeut de la solitude qu’il a créée. • C’est une chose bien triste que d’être seul dans sa terre, » dit le comte de Leicester lorsqu’on vint le féliciter de l’achèvement de son château de Holkham. • Je regarde autour de moi, et ne v01s point d’autre maison que la mienne. Je suis le géant de la tour des géants et j’ai mangé tous mes voisins. *

s’opère un rapide écoulement, d'hommes vers les villes, les mines, les chemins de fer, etc., mais encore généralement, en automne, au printemps et en ete, juix moments fréquents où l’agriculture anglaise, si soigneuse et si intensive, "a besoin d'un supplément de bras. Il y a toujours trop d'ouvriers pour les besoins moyens, toujours trop peu pour les besoins exceptionnels et. temporaires do l’agricul- 'lire1. Aussi losdocnmcnls officiels fourmillent-ils de plaintes contradictoires, faites, >ar les mêmes localités a propos du manque et de. l’excès de bras. Le manque de travail temporaire ou local n’a point pour résultat do faire, hausser le salaire, ruais bien d'amener forcément les femmes et les enfants à la culture du sol et de les la tre exploitera un âge do plus en plus te, dre. Dès que celle exploitation des fomrnes et .les enfants s’exécute sur une plus grande, échelle, elle devient, à son tour, un nouveau moyeu de rendre superflu le travailleur mâle et de maintenir son salaire au plus lias. L est de l’Angïolorre nous présente un joli résultat de. ce cercle vicieux, le si/sti-m • des bandes ambulanles (Oangsysiein), sur lequel il nous faut revenir ici2.

Ce système règne presque exclusivement dans le Lincolnshire, le Hunüngdonshire, le Cainhridgeshiro, le Norfolkshire, le fjuflblkshire et le Nul ring, hamshire. On le, trouve employé <;à et là dans comtés voisins du Northampton, du lte.lford H du Ruthland. Prenons pour exemple le Lincolnsliire. Une grande partie de la superficie de ce rninié e-t de date récente; la terre, jadis. marécageuse, y a été, comme en plusieurs autres comtés de l’est, conquise sur la mer. Le drainage à la vapeur a lait, merveille, et aujourd’hui ces marais et ces sables portent l’or des belles moissons et des belles renies foncières. Il en est de même des terrains il’allnvion, gagnés -par la main de l'homme, comme ceux de l’île d’Axholme et des autres paroisses sur la rive du Trcnt. A mesure que les nouvelles fermes se créaient, au lieu de bâtir de nouveaux cottages, on démolissait les anciens et on faisait venir les travailleurs de plusieurs milles de distance, des villages ouverts situés le long des grandes routes qui serpentent au liane des collines. C’est là que la population trouva longtemps Kon seul refuge contre les longues

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