Les prix des choses s’élèvent dans chaque pays à mesure
que l’or et l’argent augmentent dans la population ; si donc l’or et 1 argent diminuent dans un pays, les prix de toutes choses baisseront proportionnellement à cette diminution de monnaie. • (Jacob Vanderlint, Money answers ail tliings, London, 1734, p, 5.) — Une comparaison plus attentive de l’écrit de Vanderlint et de l’essai de Hume ne me laisse pas le moindre doute que ce dernier connaissait l’œuvre de son prédécesseur et en tirait parti, ôn trouve aussi chez Barbon et beaucoup d autres écrivains avant lui cette opinion que la masse des moyens de circulation détermine les prix. « Aucun inconvénient, dit-il, ne peut provenir de la liberté absolue du commerce, mais au contraire un grand avantage puisque si
1 argent comptant d une nation en éprouve une diminution, ce que les prohibitions sont chargées de prévenir, les autres nations qui acquièrent l’argent verront certainement les prix de toutes choses s’élever chez elles, à mesure que la monnaie
y augmente et nos manufactures parviendront à livrer à assez
bas prix, pour faire incliner la. balance du commerce en notre faveur et faire revenir ainsi la monnaie citez nous. (1. c., p. 44.)
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^ Le* numéraire. T- espèces: ~ Le si0nc de valeur. la monnaie remuH^ o™ 011ï?lne dc la fonction que lion. Les US ïw me lnsU',umcnl dc circulal’étalon officiel dans lèsCix oùT16’ expnmés sclon dos marchandises, doivent leir" marché comme espèces d’or de la mémo dén ^ 10 lion ou comme numéraire. De même que l’éUhT' sement de l’étalon des prix, le monnayage est un'c besogne qui incombe à l’État. Les divers undorm s nationaux que 1 or et l’argent revêtent, en tant que numéraire, mais dont ils se dépouillent sur le marché du monde, marquent bien la séparation entre les sphères intérieures ou nationales et la sphère généiale de la circulation dos marchandises.
L or monnayé et l’or en barre ne se distinguent de prime abord que par la figure, et l’or peut toujours passer d’une de ces formes à l’autre*.
1 . Il est évident que chaque espèce de marchandise forme par son prix, un élément du prix total de toutes les marchandises en circulation. Mais il est impossible de comprendre comment un tas de valeurs d'usage incommensurables entre elles peut s’échanger contre la masse d’or ou d’argent qui se trouve dans un pays. Si l’on réduisait l’ensemble des marchandises à une marchandise générale unique, dont chaque marchandise ne formerait qu’une partie aliquote, on obtiendrait cette équation absurde : Marchandise générale = x quintaux d’or, marchandise A — partie aliquote de la marchandise .générale = même partie aliquote de x quintaux d’or. Ceci est très-naïvement exprimé par Montesquieu : * Si l’on compare la masse de l’or et de l’argent qui est dans le monde , avec la somme des marchandises qui y sont, il est certain que chaque denrée ou marchandise, en particulier, pourra être comparée à une certaine portion de l’autre. Supposons qu’il n’y ait qu’une seule denrée ou marchandise dans le monde, ou qu’il n’y en ait qu’une seule qui s’achète, et qu’elle se divise comme l’argent; une partie de cette marchandise répondra à une partie de la masse d’argent; La moitié du total de l’une à la moitié du total de l’autre, etc. L’établissement du prix des choses dépend toujours fondamentalement de la raison du total des choses au total des signes. *
(Montesquieu, 1. c., t. III, p. 12, 13.) Pour les développements donnés à cette théorie par Kicardo, par son disciple James Mill, lord Ovevstone, etc., V. mon écrit : Zur Kritik, etc., p. 140-146 et p. 150 et suiv. M. J.-St. Mill, avec la logique éclectique qu’il manie si bien, s’arrange de façon à être tout à la fois de l’opinion de son père James Mill et de l’opinion opposée. Si l’on compare le texte de son traite : Principes U économie politique, avec la préface de la première édition dans laquelle il se présente lui-même comme l’Adam Smitn de notre époque, on ne sait quoi le plus admirer, de la naïveté de l’homme ou de celle du public qui l’a pris, en effet, pour un Adam Smith, bien qu’il ressemble à ce dernier comme le général Williams de Kars au duc de Wellington. Les recherches originales, d’ailleurs peu étendues et peu profondes de M J.-St. Mill dans le domaine de l’économie politique, se trouvent toutes rangées en bataille dans son petit écrit paru en 1844, sous le titre : Sonic unscttled questions of powea économy. - Quant à Locke, il exprime tout ernmen la . lui ^ entre sa théorie de la non-valeur des métaux preucu détermination de leur valeur par leur seule vt|eur
manité ayant consenti à accorder a 1 ( >r ci t a ^ fc daI)S ces mé-
imaginaire la valeur intrinsèque consacrée m. ^
taux n’est rien autre chose que quan» ■ ( jr .
considérations, etc., ; 1691 ' E^ci a»,' droit de seigneuriage et
d’autres "détails ^^«1- * •adre^e du syco,. hante Adam Muller, qui admire < la grandie libéralité avec laquelle le gouvernement anglais mo - „ayc gratuitement, • lejugcmenl suivant de s.r Dudley N.’ .
; L'or et l’argent, comme les autres marchandises, ont lu»
f i.n sortant de la Monnaie le numéraire
Cepen ... fljr ja voie rju creuset. Les mon-
nliesdV ou d’argent s’usent dans leurs cours, les es plus les autres moins. A chaque pas qu une Ijufnée, par exemple, fait dans sa route, elle perd mielquè chose de son poids tout en conservant sa dénomination. Le titre et la matière, la substance métallique et le nom monétaire commencent ainsi à se séparer. Des espèces de même nom deviennent dé valeur inégale, n'élant plus de même poids. Le poids d’or indiqué par l’étalon des prix ne se trouve plus dans l'or qui circule, lequel cesse par cela même d'être l’équivalent réel des marchandises dont il doit réaliser les prix. L’histoire des monnaies au moyen âge et dans les temps modernes jusqu’au dix-huitième siècle n’esf. guère que l’histoire de cet embrouillement. La tendance naturelle de la circulation à transformer les espèces d’or en un semblant d'or, ou le numéraire en symbole de son poids métallique officiel, est reconnue par les lois les plus récentes sur le degré de perte de métal qui met les espèces hors de cours ou les démonétise.
Le, cours de la monnaie, en opérant une scission entre le contenu réel et le contenu nominal, entre l’existence métallique et l’existence fonctionnelle des espèces, implique déjà, sous forme latente, la possibilité de les remplacer dans leur fonction de numéraire par des jetons de billon, etc. Les difficultés techniques du monnayage de parties de poids d'or ou d’argent tout àfait diminutives, et cette circonstance que des métaux inférieurs servent de mesure de valeur et circulent comme monnaie jusqu’au moment où le métal précieux vient les détrôner, expliquent historiquement leur rôle de monnaie symbolique. Ils tiennent lieu de l’or monnayé dans les sphères de la circulation où le roulement du numéraire est le plus rapide, c’est-à-dire où les ventes et les achats sc renouvellent incessamment sur la plus petite échelle. Pour empêcher ces satellites de s’rlahlir à la place de l’or, les proportions dans lesquelles ils doivent être acceptés en payement sont déterminées par des lois. Les cercles particuliers que parcourent les diverses sortes de monnaie s’entrecroisent naturellement. La monnaie d appuinl, par exemple, apparaît pour payer clos fractions d'espèces d’or; l’or entre constamment dans la nn nlaüon de détail, mais il en est constamment i.j.ism' par la monnaie d’appoint échangée contre
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La substance métallique des jetons d’argent ou de cuivre est déterminée arbitrairement par la loi Dans leur cours ils s’usent encore plus rapidement que les pièces d’or. Leur fonction devient donc par le fait complètement indépendante de leur poids, c’est-à-dire de toute valeur.
Néanmoins, et c’est le point important, ils continuent de fonctionner comme remplaçants des espèces d’or. La fonction numéraire de 1 or entièrement détachée de sa valeur métallique est donc un phénomène produit par les frottements de sa circulation même. Il peut donc être remplacé dans cette fonction par des choses relativement sans valeur aucune, telles que des billets de papier. Si dans les jetons métalliques le caractère purement symbolique est dissimulé jusqu’à un certain point, il se manifeste sans équivoque dans le papier-monnaie. Gomme on le voit, ce n’est que le premier pas qui coûte.
Il ne s’agit ici que de papier-monnaie d'Ëlal avec cours forcé. Il naît spontanément de la circulation métallique. La monnaie de crédit , au contraire, suppose un ensemble de conditions qui, du point de vue de la circulation simple des marchandises, nous sont encore inconnues. Remarquons en passant que si le papier-monnaie proprement dit provient de la fonction de l’argent comme moyen (le circulation , la monnaie de crédit a sa racine naturelle dans la fonction de l’argent comme moyen de payement *.
L’État jette dans la circulation des billets de papier sur lesquels sont inscrits des dénominations de numéraire tels que 1 1. st., 5 1. st., etc. En tant que ces billets circulent réellement à la place du poids d’or de la même dénomination , leur mouvement ne fait que refléter les lois du cours de la monnaie réelle. Une loi spéciale de la circulation du papier ne peut résulter que de son rôle de représentant de l’or ou de l’argent, et cette loi est très-simple ; elle • consiste en ce que l’émission du papier-monnaie doit être proportionnée à la quantité d’or (ou d’ar-
de petits achats et reçoivent avec la marchandise achetée un solde d’argent en retour. Par ce moyen, le surplus d’argent qui sans cela encombrerait le commerce de détail est dispersé dans la circulation générale. Mais, s’il y a autant d’argent qu’en exigent les petits payements, indépendamment de l’or, le marchand en détail recevra alors de l’argent pour les petits achats et le verra nécessairement s'accumuler dans ses mains.» (David Buchanan, Int/ air y inlo the Taxation and commercial I’olicy of Gréai Dritain Edinburgh, 1844, p. 248-249.)
1. Le mandarin des finances Wan-mao-xn s’avisa un jour de présenter au fils du ciel un projet dont le but caché était de transformer les assignats de l’empire chinois en billets de banque convertibles. Le comité des assignats d’avril 1854 se chargea de lui laver la tête, et proprement. Lui fit-il administrer la volée de coups de bambous traditionnelle, c’estce qu’on ne dit pas. » Le comité, » telle est la conclusion du rapport,
• a examiné ce projet avec attention et trouve que tout en lui a uniquement en vue l’intérêt des marchands, mais que rien n’y est avantageux pour la couronne. » (Arbeiten der Kaiserlich ltunsischen Gemndtschaft ;u Peking über China, A us dem ltunsischen von Dr. K. Abel und F. .4 . ilecklenburg. Erster ffand. Berlin, 1858, p. 47 et suiv.) — Sur la perle métallique epiouiee par les monnaies d’or dans leur circulaiion, voici ce que dit le gouverneur de la Banque d’Angleterre , appelé comme témoin devant la Chambre des lords (Bankacts Committee). . chaque année, une nouvelle classe de souverains (non politique — le souverain est le nom d’une 1. st.) est trouvée trop légère. Celte classe qui telle année possède le poids légal perd assez par le frottement pour faire pencher,
1 année apres, le plateau de la balance contre elle. »