‹ Le capital T. 1Chapitre 342 sur 357 · Quand, au moment le yilir yyj:o:r lever un · texte numérisé non relu

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Jo^™lcîerre, en 1794. Celle-ci commença par

' ‘"rT Parlementa battre monnaie du même capital le prêtant de nouveau au public sous forme de billets Pqu’on lui permit de jeter en circulation, en comptant avec eux des billets d échangé, en les avançant sur des marchandises et en les employant à l’achat de métaux précieux. Bientôt apres cette monnaie de crédit de sa propre tabrique devint 1 argent avec le |uel la Banque d’Angleterre effectua ses T.rêts à l’État et paya pour lui les interets de la ’lclte publique. Elle donnait d’une main, non-seulement pour recevoir davantage, mais tout en recevant elle restait créancière de la nation à perpétuité jusqu’à concurrence du dernier hard donne. Peu à peu elle devint nécessairement le réceptacle des trésors métalliques du pays et le grand centre autour duquel gravita dès lors le crédit commercial. Dans le même temps qu’on cessait en Angleterre de brûler les sorcières, on commença à y pendre les falsificateurs de billets de banque.

Il faut avoir parcouru les écrits de ce temps-là, ceux de Bolingbroke, par exemple, pour comprendre tout l’effet que produisit sur les contemporains l’apparition soudaine de cette engeance de bancocrates, financiers, rentiers, courtiers , agents de change, brasseurs d’affaires et loups-cerviers1.

Avec les dettes publiques naquit un système de crédit internai ioual qui cache souvent une des sources de l’accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C’est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences vénitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, à qui Venise en décadence prêtait des sommes considérables. A son tour, la Hollande, déchue vers la fin du dix-seplième siècle de sa suprématie industrielle et commerciale, se vit contrainte à faire valoir des capitaux énormes en les prêtant à l’étranger, cl, de 1701 à 1776, spécialement à l’Angleterre, sa rivale victorieuse. Et il en est do même a présent, de l’Angleterre et des États-Unis. Maint capital, qui lait aujourd’hui son apparition aux Etats-Unis sans extrait de naissance, n’est que du

sang d enfants de fabrique capitalisé hier en Angleterre.

Comme la dette publique est assise sur le revenu pu ) îc, qui en doit payer les redevances annuelles, le système moderne des impôts était le corollaire

0 ) )„e es emprunts nationaux. Les emprunts, qui mettent les vouvemements à même de faire face aux dépenses extraordinaires sans que les contribuables s’en ressentent sur-le-champ, entraînent à leur suite un surcroît d’impôts ; de l’aulre côté la surcharge d’impôts causée par l’accumulation des dettes successivement contractées contraint les gouvernements, en cas de nouvelles dépenses extraor-

IcsTartares inondaient aujourd’hui l’Europe, il fau- (iu’u f11 ^CS a*L‘res pour leur Taire entendre ce que c’e-st

1 n” natlC!Cr parmi nous. » (Montesquieu, Esprit des Lois, l- 1 * i P- 33, 4d. Londres, 17G9).

dinaires, d’avoir recours à de nouveaux emprunta La fiscalité moderne, dont les impôts sur les obmt de première nécessité — et partant renchérissement de ceux-ci, formaient de prime abord le pivot renferme donc en soi un germe de progression automatique. La surcharge des taxes n’en est pas un incident, mais le principe. Aussi en Hollande, où ce système a été d’abord inauguré, le grand patriote de Witt l’a-t-il exalté dans ses Maximes comme le plus propre à rendre le salarié soumis, frugal industrieux et.... exténué de travail. Mais l’influence délétère qu’il exerce sur la situation de la classe ouvrière doit moins nous occuper ici que l’expropriation forcée qu’il implique du paysan, de l’artisan, et des autres éléments de la petite classe moyenne. Là-dessus il n’y a pas deux opinions, même parmi les économistes bourgeois. Et son action expropriatrice est encore renforcée par le système protectionniste, qui constitue une de ses parties intégrantes.

La grande part qui revient à la dette publique, et au système de fiscalité correspondant, dans la capitalisation de la richesse et l’expropriation des masses, a induit une foule d’écrivains, tels que William Gobbett, Doubleday et autres, à y chercher à tort la cause première de la misère des peuples modernes.

Le système protectionniste fut un moyen artificiel de fabriquer des fabricants, d’exproprier des travailleurs indépendants, de convertir en capital les instruments et conditions matérielles du travail, d’abréger de vive force la transition du mode traditionnel de production au mode moderne. Les États européens se disputèrent la palme du protectionnisme, et, une fois entrés au service des faiseurs de plus-value, ils ne se contentèrent pas de saigner à blanc leur propre peuple, indirectement par les droits protecteurs, directement par les primes d’exportation, les monopoles de vente à l’intérieur, etc. Dans les pays voisins placés sous leur dépendance, ils extirpèrent violemment toute espèce d’industrie : c’est ainsi que l'Angleterre tua la manufacture de laine en Irlande, à coups d’ukases parlementaires. Le procédé de fabrication des fabricants fut encore simplifié sur le continent, où Colbert . avait fait école. La source enchantée d’où le capital primitif arrivait tout droit aux faiseurs, sous forme d’avance et même de don gratuit, y fut souvent le trésor public. « Pourquoi! » s’écrie Mirabeau, « pourquoi aller chercher si loin la cause de l’éclat manufacturier de la Saxe avant la guerre ! Cent quatre-vingt millions de dettes faites par les souverains*. »

Régime colonial, dettes publiques, exactions fiscales, protection industrielle, guerres commerciales, etc., tous ces rejetons de la période manufacturière proprement dite prennent un développement gigantesque pendant la première jeunesse de la grande industrie. Quant à sa naissance, elle est dignement célébrée par une sorte de massacre des innocents — le vol d’enfants exécuté en grand. Le recrutement des fabriques nouvelles se fait comme celui de la marine royale — au moyen de la presse !

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