‹ Le capital T. 1Chapitre 90 sur 357 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

être monte-t-il jusqu’à 4 ou 5 sh. par (ête et par semaine.... Leur genre de travail est tel qu en général (mais ce n’est pas toujours le cas) la force des enfants y suffit exactement, de sorte que la force supérieure des hommes ne donnerait lieu à aucun bénéfice pour compenser la perte, si ce n’est dans quelques cas peu nombreux, alors que le métal est difficile à manier. Aussi bien les enfants doivent commencer jeunes pour apprendre le métier. Le

travail de jour seul ne les mènerait pas a ce but. » Et pourquoi pas? Qu’est-ce qui empêcherait les jeunes garçons d’apprendre leur métier pendant le jour? Allons I donne ta raison! «C’est que les hommes, qui chaque semaine travaillent alternativement tantôt le jour, tantôt la nuit, séparés pendant ce temps des garçons de leur série, perdraient la moitié des profits qu’ils en tirent. La direction qu’ils donnent est comptée comme partie du salaire de ces garçons et permet aux hommes d’obtenir ce jeune travail à meilleur marché. Chaque homme perdrait la moitié de son profit. (En d’autres termes, les messieurs Sanderson seraient obligés de payer une partie du salaire des hommes de leur propre poche, au lieu de le payer avec le travail de nuit des enfants. Le profit de MM. Sanderson diminuerait ainsi quelque peu, et telle est la vraie raison sandersonienne qui explique pourquoi les enfants ne pourraient pas apprendre leur métier pendant le jour)1. Ce n’est pas tout. Les hommes qui maintenant sont relayés par les jeunes garçons verraient retomber sur eux tout le travail de nuit régulier et ne pourraient pas le supporter. Bref, les difficultés seraient si grandes qu’elles conduiraient vraisemblablement à la suppression totale du travail de nuit. » — « Pour ce qui est de la production même de l’acier, dit E. F. Sanderson, ça ne ferait pas la moindre différence, maisl » Mais MM. Sanderson ont autre chose à faire qu’à fabriquer de l’acier. La fabrication de l’acier est un simple prétexte pour la fabrication de la plus-value. Les fourneaux de forge, les laminoirs, etc., les constructions, les machines, le fer, le charbon ont autre chose à faire qu’à se transformer en acier. Ils sont là pour absorber du travail extra, et ils en absorbent naturellement plus en vingt-quatre heures qu’en douze. De par Dieu et de par le Droit ils donnent à tous les Sandersons une hypothèque de vingtquatre heures pleines par jour sur le temps de travail d’un certain nombre de bras, et perdent leur caractère de capital, c’est-à-dire sont pure perte pour les Sandersons, dès que leur fonction d’absorber du travail est interrompue. « Mais alors il i" aufait la perte de machines si coûteuses qui chômeraient la moitié du temps, et pour une masse de produits, telle que nous sommes capables de la livrer avec le présent système, il nous faudrait doubler nos bâtiments et nos machines, ce qui doublerait la dépense. » Mais pourquoi précisément ces Sandersons jouiraient-ils du privilège de. l’exploita-

1. « Dans notre époque raisonneuse à outrance, il faut vraiment n’élre pas fort pour ne pas trouver une lionne raison pour tout, même pour ce qu’il y a fie pi» et de plus pervers. Tout ce qui s’est corrompu et déprave dans le monde s est corrompu «t dépravé pour de bonnes raisons.» (Hegel, t. c. p

pitâlistos om1L»efI1U,.t’ d° Pr<'Krenco à d’autres cales machines les l°u’ ,rava,ll.cr T,e ,le j°Ul ef- don; chôment mr’r .la unoiUx, les matières premières pond E Ts “TlllCnt la nuil?‘‘ fi’cst vrai, résons, c’est très vinTT ”U n°m do tous lcs Sandcrdes machines ailobt ÎX Cl^g° ne travaille que le iour M iis 1’ 'Urfts 1 011

de forge causerait dans notre cTun^n ‘T™0* j 1 on les entretenait en marche il du matériel combustible (tandis L0 n':‘P'd,'ra,t c est le matériel vital des travailleurs qui esMik He) ; « on arrêtait leur marche, cela o^simmtïü une perte de temps pour rallumer le feu et oblcniï le degre de chaleur nécessaire (tandis que la perte du temps de sommeil subie même par des enfants de huit ans est gain de temps de travail pour la tribu des Sandersons) ; enfin les fourneaux eux-mêmes auraient à souffrir des variations de température », tandis que ces mêmes fourneaux ne souffrent aucunement des variations du travail1.

Lois coercitives pour la prolongation de la journée de travail depuis le milieu du quatorzième jusqu’à la fin du dix-septième siècle.

Qu’est-ce qu’une journée de travail? Quelle est la durée du temps pendant lequel le capital a le droit

1. L. c., p. 85. Lcs scrupules semblables des tendres fabricants verriers d’après lesquels ■ les repas réguliers dos enfants sont impossibles parce qu’un certain quantum de chaleur rayonné pendant ce temps par les fourneaux serait pure perle pour eux, » ne produisent aucun effet sur le commissaire d’enquête, M.Whi te. «L’abstinence ou l’abnégation* ou «l'économieavec laquelle les capitalistes dépensent leur argent et la * prodigalité * digne d’un Tamerlan avec laquelle ils gaspillent la vie des autres hommes, ne l’émeuvent pas comme clics ont ému MM. Ure, Senior, etc., et leurs plats plagiaires allemands, tels que Roscheret Cic. Aussi leur répond-il: • Il est possible qu’un peu plus de chaleur soit perdu par suite de rétablissement de repas réguliers; mais même eslintée en argent celle perte n’est rien en comparaison de la dilapidation de force vitale (t/te waste of animal power) causée dans le royaume par ce lait que les enfants en voie de croissance, employés dans les verreries, ne trouvent aucun moment de repos pour prendre i I aise leur nourriture et la digérer. * (I. c. p xlv.) Et cela dans 1 aunée de propres 1865! Sans parler de la dépense de force qu’exige de leur part l’action de lover et de porter des fardeaux, la plupart des enfants, dans les verreries où l’on fait des bouteilles et du flintglass, sont obligés de faire en 6 heures, pour exécuter leur travail, de 15 à 20 milles anglais, et cela dure souvent 14 à 15 heures sans interruption. Dans beaucoup de ci ; verreries règne, comme dans les filatures de Moscou, le système des relais de C heures. • Pendant la semaine, la plus grat.,l“ périodede répit comprend au plus (i heures, sur lesquelles i an prendre le temps d’aller et de venir do la fabrique, 'Je ■

de s’habiller, de manger, etc., de sorte qu'il reste à ir,.r

ment pour se reposer. Pas un instant pour ^ou i , l’air pur, si ce n’est aux dépens du sommeil^ ^ une

à des enfants qui exécutent de st durera ( e.:l

atmosphère aussi brûlante . ^ (j0,VeiU s’éveiller

interrompu par cette raison que es en a mis do

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vaille 36 heures de suite, d’autres ou de* enfants Je I. a » s’exténuent jusqu’à 2 heures de la mut et dorment y, y y jusqu’à 5 heures du malin (trois heures!, pour reprendre leur travail de plus belle. « La masse de travail, disent les rédacteurs du rapport général, Tremeubeere et Tulneli, que des eniam»,

- fnrrp do travail dont il achète la

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’alcur,P .L prolongée au delà du travail néces- Ï>n-Ut”i la reproduction de cette force? A toutes ces Estions, comme on a pu le voir, le capital répond : L-i journée de travail comprend 24 heures pleines, déduction faite des quelques heures de repos sans lesquelles la force de travail refuse absolument de .-prendre son service. Il est évident par soi-même que le travailleur n’est rien autre chose sa vie durant que force de travail , et qu’en conséquence tout son temps disponible est de droit et naturellement temps de travail appartenant au capital et à la capitalisation. Du temps pour 1 éducation, pour le développement intellectuel, pour l’accomplissement de fondions sociales, pour les relations avec parents et amis, pour le libre jeu des forces du corps et de l’esprit, même pour la célébration du dimanche, et cela dans le pays des sanctificateurs du dimanche', pure niaiserie! Mais dans sa passion aveugle et démesurée, dans sa gloutonnerie de travail extra, le capital dépasse non-seulement. les limites morales , mais encore la limite physiologique extrême de la journée de travail, il usurpe le temps qu’exigent la croissance, le développement et l’entretien du corps en bonne santé. Il vole lu temps qui devrait être employé à respirer l'air libre et à jouir de la lumière du soleil. Il lésine sur le temps des repas et l’incorpore, toutes les fois qu’il le peut, au procès même de la production, du sorte, que le travailleur, rabaissé au rôle de simple instrument, se voit fournir sa nourriture comme ou fournit du charbon à la chaudière, de l'huile et du suif à la machine. Il réduit le temps du sommeil, destiné à renouveler et à rafraîchir la force vitale, au minimum d'heures de lourde torpeur sans lequel l’organisme épuisé ne pourrait plus fonctionner. Bien loin que ce soit l’entretien normal de la force de travail qui serve de régi pour la limitation de la journée de travail, c’est —

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îles jeunes filles et des femmes exécutent dans le cours de leu incantation du jour et du nuit (spclt of labour) est réelle meut fabuleuse. . (1. c. xliii et xuv.) Et cependant quclqu iniilpoul-étiv le capital verrier, pour prouver son abslmenct soit du club fort lard, la tète tournée par le vin de Portoti-nlie chez lui en vacillant et fredonne comme un idiot > Unions neret, ne ivr skall be slaves! (Jamais l’Anglais no jamais l'Anglais ne sera esclave!) .

1. Ku Angleterre, pur exemple, on voit do temps à autre dan es districts ruraux quelque ouvrier condamné à la priso l'OMI avoir profane le sabbat on travaillant devant sa mais.)

deconîral’' H\Ulùwe ÜUVricr esl ]"">> l>Our ruptur

■ ' sabsente le dimanche de la fabrique, papelerii

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■ lî* P'vrunation du sabbat quand elle a lieu e

honneur et dans l'intérêt du Dieu Capital, «ans un mémoi «os juunuilim île Lundis muta.. .. . . « i memoii

à l'tTl, imTlnl ° l:ltUr des " prCmiorR j°ul!i de luscmain et 8 a 10 huiles le dliuanclie. Un voit par ce mémoire que ce-

suru",. h, guurtuain'ise délicate des bigots aristocratiques d

■ne o- 'lUI rC,"U:l!îe a'Ue l,n>1™>‘i'-'l «lu jour du Sei oium. ( aïs saints personnages si zélés , j„ ,.„|„ ... .

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contraire la plus grande dépense possible par jour, si violente et si pénible qu'elle soit, qui règle la mesure du temps de répit de l’ouvrier. Le capital ne s’inquiète point de la durée de la force de travail. Ce qui l’intéresse uniquement, c’est le maximum qui peut en être dépensé dans une journée Et il atteint son but en abrégeant la vie du travailleur, de même qu’un agriculteur avide obtient d son sol un plus fort rendement en épuisant sa fertilité.

La production capitaliste, qui est essentiellement production de plus-value, absorption de travail extrade produit donc pas seulement par la prolongation de la journée qu’elle impose la détérioration d». la force de travail de l’homme, en la privant de ses conditions normales de fonctionnement et de développement, soit au physique, soit au moral; — elle produit l’épuisement et la mort précoce de cette force Elle prolonge la période productive du travailleur pendant un certain laps de temps en abrégeant la durée de Ba vie.

Mais la valeur de la force de travail comprend la valeur des marchandises sans lesquelles la reproduction du salarié ou la propagation de sa classe seraient impossibles. Si donc la prolongation contre nature de la journée de travail, à laquelle aspire nécessairement le capital en raison dt, son penchant démesuré à se faire valoir toujours davantage , raccourcit la période vitale des ouvriers, et par suite la durée de leurs forces de travail, la compensation des forces usées doit être nécessairement plus rapide, et en même temps la somme des frais qu’exige leur reproduction plus considérable, de même que pour une machine la portion de valeur qui doit être reproduite chaque jour est d’autant plus grande que la machine s’use plus vite. Il semblerait en conséquence que l’intérêt même du capital réclame de lui une journée de travail normale.

Le propriétaire d’esclaves achète son travailleur comme il achète son bœuf. En perdant l'esclave il perd un capital qu’il ne peut rétablir que par un nouveau déboursé sur le marché. Mais, « si fatale et si destructive que soit l’influence des champs de riz de la Géorgie et des marais du Mississipi sur la constitution de l’homme, la destruction qni s’y fait de la vie humaine n’y est jamais assez grande pour qu’elle ne puisse être réparée par le trop plein dos réservoirs de la Virginie et du Kentucky. Les considérations économiques qui pourraient jusqu’à un certain point garantir à l’esclave un traitement humain, si sa conservation et l’intérêt de son maître étaient identiques, se changent en autant de raisons de ruine absolue pour lui quand le commerce d’esclaves est permis. Dès lors, en effet, qu’il peut être remplacé facilement par des nègres étrangers, la durée de sa vie devient moins importante que sa productivité. Aussi est-ce une maxime dans les pays esclavagistes que l’économie la plus efficace consiste

I. « Nous avons donné dans nos rapports antérieurs l’opinion dft plusieurs manufacturiers expérimentés au sujet des heures

de travail extra ii est certain que d’après eux ces heures

tendent à épuiser prématurément la force de travail de l’homme.»

c., ü4, p. xut.

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