SYNOPSIS
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KAPITOLIO KAPITOLIO
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(Léon Renier, Inscriptions romaines de l'Algérie, n** 1890, 1892 et 1893.)
' M. Léon Renier, à la généreuse érudition duquel nous devons ia connaissance des cinq inscriptions qui précèdent , a bien voulu nous fournir en outre les renseignements suivants sur les ruines des Capitoies de Thamugas et de Girta :
« Tai vu les ruines du Gapitoie de Thamugas. Le portique dont parie i*inscription est renversé; mais les colonnes y sont encore, couchées les unes à côté des autres. Le temple s'élevait sur une colline , à Touest de la cour formée par le portique. Sa façade était ornée de quatre colonnes monolithes , qui sont également renversées, et dont les dimensions sont telles que j*ai pu cheminer, comme en un sentier, dans une des cannelures de Tune d'elles.
«Le Capitole de Cirta (Gonstantine) était situé dans la partie la plus élevée de la ville , où se trouve aujourd'hui la Gasbah. J'en ai vu également les ruines , qui ne subsistent plus aujourd'hui : elles ont fait place à Thôpital militaire. Le temple était plus beau et plus grand encore que celui de Thamugas. Sa façade dominait le grand escarpement au pied duquel coule le Rummcl, à 200 mètres plus bas. »
de l'empire, la notion des termes officiels du régime qui s'amoindrissait devient de plus en plus confuse. Le mot CapUoUum subit la loi commune : les uns, comme saint Jérôme ^ et saint Isidore^, lui dortnent, par une analogie mal entendue, le sens erroné de citadelle; d'autres, tels que saint Cyprien*, saint Zenon* et beaucoup de petits poètes ^, en font le vocable générique de toute église païenne, fl y a donc lieu de distinguer entre les témoignages fournis par les écrivains : chez ceux qui datent d'avant le m* siècle , le mot Capitolium seul peut être pris à la lettre; mais, de la part de ceux qui sont postérieurs, il .faut exiger une caractérisation plus minutieuse.
Les écrivains du Haut-Empire ne mentionnent que trois Capitoles dans les villes provinciales de l'Italie : celui de Gapoue, qui fut dédié par l'empereur Tibère ®, et dont Silius Italiens nous dépeint la situation en lieu élevé ''; celui de Bénévent, où l'on dressa une statue de marbre au grammairien Orbilius Pupillus®; enfin
^ « Arx autem , id est Capitolium iliius urbis [ Babylonis] . • (Hieronymi CommenU in Esaiam, c. xin.)
* lArx (idest) Capitolium.» (Isidor. Etymoh)
^ t Quid superest quam ut ecciesia Capitolio cedat ? » (Cscii. Cypriani epist, lt.) ^ < Judaei fortasse cultius Synagogas sedificant; Gentiies cuitius erigunt Capitolia.» (Zenonis Sermo de màific, domus DeL)
* < Ipsa suis Christum Capitolia Romula mœrent
Principibus lucere Deum »
(Pradentii Apotheosis in Jndœot.)
* c Peragrata Campania , quum Capuae Capitolium , Nolœ tempium Augusti , quam causam profectionis pnetenderat, Capreas se contuift.» (Suetonii Tiherius, G. XL.) — 1 Tandem Gssar [Tiberius] in Campaniam, specie dedicandi templa« apud Capuam Jovi, apud Nolam Augusto, sed certus procui urbe degere. . . » ( Taciti Annales, 1. IV» c. l?ii. )
' c Exin Victor ovans sedato pectore tandem Spectandis urbis tectis templisque serenos Laetus cireumfert oculos , et singuia discit :
monstrant Capitolia celsa. »
(Sil. Ital. Panicorum 1. XI.)
* 1 Statua ejus [Orbilii Pupiiii] Beneventi ostenditur in Capitolio, ad sinistrum iatus , marmorea , babitu sedentis ac paiiiati , appositis duobus scriniis. » ( Sueton. Illustres grammatici, c. i\.)
celui de Pompéi, dont parle Vitruve, à propos des décorations en terre cuite ou en bronze doré qui pouvaient être placées, suivant une mode venue des Étrusques, au faîte des temples aréostyles, c'est-à-dire ayant des colonnes très-espacées ^
Personne, à notre connaissance, ne s'est encore occupé de repérer ce Capitole de Pompéi : un coup d'oeil nous a cependant suffi pour le reconnaître dans un édifice qui occupe le fond du principal forum de cette ville et dont le péristyle, auquel on accède par deux escaliers, est précédé d'une vaste plate-forme organisée en vue des harangues. Ce monument, d'un caractère mixte, a été successivement appelé, depuis sa découverte en 1816 et 1817, Curia, Mrarium, Senacaîum, jusqu'à ce que la trouvaille, faite dans son intérieur, d'une tête colossale du maître des dieux , lui ait valu le nom de temple de Jupiter^. Les objections n'ont pas manqué contre ce dernier baptême : on lui a particulièrement opposé les trois petites chambres voûtées qui terminent la cella de l'édifice. Mais cette disposition, qui semblait exclure l'idée d'un temple ordinaire, appelle au contraire l'attribution de Capitole, le caractère de ce genre de monument étant de réunir trois sanctuaires sous un même toit.
Les grandes villes de l'Orient , à mesure qu'elles tombèrent sous les coups de la fortune de Rome, durent, en réparant leurs ruines, solliciter ou subir l'honneur de posséder un Capitole. Antiochus Épiphane donna le premier exemple de cette flatterie envers la métropole du monde. «A Antioche, dit Tite-Live, il commença, sans pouvoir l'achever, un temple magnifique de Jupiter Capitolin, où l'on ne voyait ^ue lames d'or, tant sur les lambris que sur les parois^.» Corinthe, devenue romaine, eut aussi son temple de
^ «Ornant signis fiGtilibus aut aereis inauratis earum [aBdium araeostylium ] fastigia , Tuscanico more , uti est ad circum maximum Cereris et Herculis , Pompeiani item Capitolii. » (Vitruvii Architectura, \. III, c. 11.)
« Mazois et Gau, Ruines de Pompéi, t. III, p. 48-5o, pi. XXX-XXXVI.
' a Antiochiae Jovis Gapitolini magnificum templum , non iaqueatum auro tantum, sed parielibus totis lamina inauratum, et alia multa in aliis iocis polficitus, quia perbreve tempus regni ejus fuit, non perfecit. » (Titi Livii Uistor. I. XL!» c. XX.)
Jupiter Capitolin, plus haut que son théâtre ^ mais non dans l'Acrocorinthe ou citadelle. Carthage dut peut-être son Capitole aux libéralités de Fempereur Auguste : nous savons toutefois que cet édifice était devenu, au iv* siècle, Yœrarium généml de la province d'Afrique 2. En reconstruisant Jérusalem, Hadrien ne crut pouvoir mieux remplacer que par un Capitole le fameux temple des Juifs: de cette circonstance la ville tira son nouveau vocable yElia Capitolina^, Byzance avait eu probablement un Capitole avant que Constantin y transférât le siège du gouvernement impérial : ce monument, situé vers le centre de la ville et contigu au forum de Théodose, était encadré par des portiques, qui plus tard servirent d'atrium aux auditoires des cours publics *.
Parmi les villes de la Gaule, nous ne trouvons qu'Autun et Narbonne qui aient, sur l'existence de leurs Capitoles, des témoignages" d'écrivains appartenant à la période romaine. A Augustodunam (nous le savons par le rhéteur Eumène), les fameuses écoles Méniennes s'ouvraient sur la grande voie impériale, entre le temple d'Apollon et le Capitole, édifices qui brillaient au milieu de la ville et en étaient comme les deux yeux. Eumène se félicite de ce que, en raison de ce voisinage, les accents de l'éloquence puissent directement arriver aux trois divinités capitolines : Jupiter, père des honmies; Minerve, protectrice des sociétés; Junon, déesse de la paix^. Pour Narbonne, nous avons à faire parler deux poètes,
* "ÏTtèp 3è ta Q-éa1p6v è(/ltv iepov £iiàs KaiterMov , Ç<ùv^ t^ Peofiaiav * Karât ÈXXdSa 3è yX&oGCLv, Kopv^atoç ovofMdiott' dv, ( Pausan. Descript. Grœciœ, \. Il» c. IV.)
* Constitat. Theodosii et Valentiniani De annona et trihatis, n" xxxiv.
^ Es êè rà iepoa6Xvita ^6Xtv avTov dvTÎ rrjs xaTaaxaÇeiarjs ohchavros, {jv xai A/A/av KairnœXivav (àvôaaae, xai es tdv tov vaov rov Seov réicov, vaàv rcfi uni ërepov dvreyeipavTos , ^aàXe^os oite [uxpbs Svt ôXtyo^pàvtos èxtvT^rj- (Dion Cass. I. LXIX.)
* Urhis Constantinopùlitanœ description reg. viii » apud Notit. dignitatnm, edit. Panciroio. — Theodosii jun. leges De stadiis liberalihus et De operihus puhlicis, — Cf. PetriGylHi Topograpkia Constantinopoleos , 1. III» c. vii; — Ducange, Historiu Byzantina, t. II , 1. I , c. xvi.
» tQuidauiem magis in facie vultuque istiits civitatis situm est, quam haec eadem Meniana, in ipso Iransitu advenientium hue invictissimorum principum
Ausone et Sidoine. Le premier signale dans cette ville un temple en marbre de Paros, dont les proportions grandioses auraient stupéfié le fondateur et les restaurateurs du Capitole romain ^. Le second, énumérant les délices de Narbonne, dit cette ville célèbre par ses Capitules^. Si cet ablatif pluriel était isolé, il pourrait, chez un poète qui parle déjà la langue de la décadence, être considéré conmxe un synonyme générique de temples; mais le mot delubris qui le précède remplissant déjà cette fonction, il n'y a pas lieu de recourir à une telle hypothèse : Capitoliis devra donc être entendu ici dans le sens restreint de Capitole, et sa désinence plurielle s'expliquera surabondanmient par les nécessités de la mesure du vers. Il y a d'ailleurs à Narbonne un lieu que les chartes nonmxent invariablement, suivant qu'elles sont latines ou romanes, Capitolium et Capdaeil^y et de ce point, qui est le plus élevé de la ville, on a
constituta quasi inter ipsos oculos civitatis, inter Apoilims templum et
Gapitoiium? Quis enim melior usus eioquentiae quam ubi, ante aras quo-
dammodo suas , Jovios Herculiosque audiant praedicaii Jupiter pater« et Minerva socia, et Juno placata?! (Eumenii Oratio pro restaurandis sckolis, habita Augustoduni anno 296, c. ix et x. — Cf. Edme Thomas, Histoire de T antique cité d Autan, pubi. en i846 et annotée par ia Société éduenne, p. 55, i33 et i4o.) — Les données archéologiques sont d'accord avec le texte d'Eumèno. pour déter-, miner l'emplacement central du Capitole d'Augustodunum : je tiens cette assurance de M. G. Bulliot, qui connaît si parfaitement le sous-sol de la capitale romaine des Édues.
* < Quodque tibi quondam Pario de marm'ore templum Tantae molis erat, quantam non spemeret olim Tarquinius , Catuiusque iterum , postremus et ille Aurea qui statuit Capitoli culmina Caesar ? »
(Aasonii Carmen ccxcvii, S i3 : Narbo.)
* « Salve Narbo , potens salubritate ,
c Delubris, Capitoliis, monetis,
« Thermis , arcubus »
( Sidonii Apollin. Carmen xxiii.)
' Catel , Mémoires pour thistoire du Languedoc, — Ménard , Histoire de la ville de Nismes, t. VII , p. 1 1 5. — GaUia christiana, t. Vï , pr., col. 21. — Chartes des archives de la ville de Narbonne, deisyôà i352, dont le sommaire m*a été obligeamment communiqué par M. Tournai.
exhumé quantité de magnifiques débris d'architecture en marbre
bknc, ce marbre de Paros signalé par Ausone ^
♦ Actes des saints.
Si nous avons établi des degrés dans la confiance à accorder aux écrivains de profession , à plus forte raison devrons-nous faire des réserves au sujet de ces légendes, la plupart anonymes et de date incertaine, qui relatent les actes dés saints. Pour celles qui ont trait aux martyrs de la primitive Église, les seules qui doivent nous occuper aujourd'hui, on peut les assimiler à un drame dont le thème fondamental est généralement réel, mais où les détails sont plus ou moins imaginaires, suivant que Tauteur a vécu plus ou moins loin, comme temps et comme espace, des événements qu'il rapporte et des lieux qu'il décrit. Le mot Capilolium, qui y intervient fréquemment, n'est souvent qu'un lieu conmxun introduit pour les besoins de la mise en scène, et alors il n'a aucune valeur historique. On ne devra lui accorder créance que s'il se trouve dans une rédaction réellement originale, et s'il y est entouré de dpoonstances suffisamment caractéristiques pour écarter la supposition d'une périphrase banale.
Commençc»is par les légendes qui nous ont paru remplir cette double condition.
Les actes des martyrs Félix et Fortunat nous montrent le préfet impérial Apollinaire arrivant à Aquilée, débutant par un sacrifice dans le temple de Jupiter, puis envoyant un héraut par la ville pour enjoindre à tous d'apporter des offrandes au Capitole de Jupiter ^.
Plus instructif encore est le récit de la passion de saint Apollinaire , à Ravenne. Le persécuteur lui demande s'il ignore le nom de Jupiter, de ce souverain habitant du Capitole de la cité; puis il le conduit dans ce grand temple, merveilleusement orné, où il lui fait voir, avec l'assistance des prêtres du Capitole, la statue de
^ Un fragment desoffîte«n marbre bianc, que Ton dit provenir du Capitole « existe au musée de Narbonne : «indication d'une grande conséquence, veut bien ro'éerire mon savant maître M. J. Quicherat; car si Tentablement était de marbre « le temple tout entier était en cette matière. »
* Acta sfmctorum , yxrai t. II, 1 1 jun.
rinvincibie maître de TOlympe, en l'invitant à brûler de Tencens devant la majesté de Jupiter tonnant. «Ce Capitole, ajoute la lé^ gende, ne renfermait pas moins de trois cents autels. » Une vie plus sommaire du même martyr affirme qu'Apollinaire, après son refus de sacrifier, fut envoyé, chargé de fers , dans une prison peu éloignée du Capitole de Ravenne ^.
La passion des saints Faustin et Jovita offre une peinture ana- Ic^e. La scène est d'abord k Bresda : l'empereur Hadrien se fait dresser un trône dans le (japitole de cette ville , afin de contraindre les deux confesseurs à brûler de l'encens sur l'autd de Jupiter. La procédure est continuée ensuite à Milan, et là le tribunal est installé, i»)n plus dans un Capitole, mais dans les thermes d'Hercule, où étaient les statues d'Hercule et de Saturne*.
Le Capitole de Capoue, indiqué déjà par Suétone et Tacite, joue un rôle dans les actes des saints Rufus etCarponius; il y est dit que oe t^nple fut détruit par le feu du ciel '.
Entre les Capitoles provinciaux de la Gaule, il n'en est pas de plus généralement connu que celui de Toulouse; et cependant le naotif qui l'a rendu populaire, l'appellation Capitoulat affectée au corps municipal de la vifle, n'y a trait en aucune sorte : cette dési^^nation nous parait procéder de ce que, au xn* siède, les prud'hommes toulousains siégeaient comme en diapLtre (in capU inlo) dans l'église Saint-Quintin*. Or on a de nombreux exemples de la transformation, sous la plume des écrivains du moyen âge, de capitulum en cc^itoKum : témoin cette <diarte angevine du XI* siècle^ où figure un c^^itoUum Samti Maxo'itU^. Faut -il ce-r
* Acta sanctomm, jijii t. V, 23 jul.
* Actasanctorum, februarii t. II, i5 febr. — Cf. Octav. hubei Monutiienta Brixiana, p. 27, tab. 9, ap. Graevii Thés, antiq. lixd, t. IV, partie 2.
' Actasanctoram,aLUgvLSti t. VI, 27 aug.
^ «Sciendum est quod Fortil de Molivemeta venit cunxmuitis probis hommi« bus ante capitulum S. Quintini , ubi capituiarii erant tune congregati. » (Charte de 1 175, citée par Catel, Mémoires p<mr l'histoire du Languedoc, p. 1 s 5. -^ Cf. Ra]^Md, Histoire de Toulouse,^, 46o.]
* Godard-Faukrier, Constructions gcMo-romaines de VAryou, dans le Congrès archéologique de France , 2 9° session , 1 862 , .p. 32.
^ Témoin encore ce passage d une légende monastique de l'Allemagne : « Fra-
^ 25 — pendant douter de l'existence d'un Capitole dans la Tolosa romaine? Nous ne le pensons pas. Les actes de saint Sernin, cpii ont tous les caractères d'une version originale, placent le Capitole de Toulouse entre la maison de cet apôtre et la chapelle qu'il avait fondée^ : rapprochement qui indique^bien que, par Capitole, le rédacteur entendait un temple païen. Grégoire de Tours ^, Sidoine^ et Fortunat* sont d'accord avec cette interprétation, car ils placent au Capitole de Toulouse les scènes de la passion du saint évéque.
Le récit du martyre de sainte Afre, qui est tenu pour très-ancien, nous montre le juge Gaïus engageant sa victime à se rendre au Capitole dUAugusta Vindelicorum (Augsboui^) pour y sacrifier^. Mais aucun déterminatif n'acxompagnant ce mot CapitoUum, nous ne savons encœre s'il y a lieu de lui accorder le sens spécial de Capitole.
En s'appuyant sur les actes de saint Tyrse et de saint Euchaire, on a voulu chercha à Trêves un Capitole. Mais d'abord ces deux légendes, écrites au xi* siècle, rentrent dans la catégorie de celles dont nous récusons le témoignage quand il s'agit des choses de l'antiquité; puis, lors même qu'on l'accepterait, ce témoignage serait encore loin d'être positif. En effet , le biographe de saint Tyrse constate seulânent que Trêves était, par ses édifices et ses magistratures, une seconde Rome ^; et quant à l'auteur de la Vie de saint Euchaire, il se borne à mentionner les intrigues dont son héros fut l'objet de la part des prêtres du Capitale ■^, expression qui, dans la lai^e patrologique, veut dire tout simplement les prêtres de l'Eglise paienrte.
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur une l^ende écrite à
tribus ad capitolium consedentibus , coquinam iniravit. » [Vita B, Meinwerci, apud PaderbofD , inter Acta sanctorwny junii t. 1 , 5 jun. )
^ Passio S, Saturnini, apud Ruinart, Acta primor. martyr, sincera, p. i3o.
* Histor, Francor, 1. 1, c. xxvin. -r- Gloria martyr, 1. 1» c. XLvm. ^ De S, Satumino.
* L. II, carm. viii.
* Pasdo S. Afrm, apud Ruinart, Acta primor. martyr, sincera, p. 456.
* Acta sanctorum, octobris t. II, 4 oct.
' Acta sanclorum , ianviSLrii t. IF^agjan.
Embrun, diaprés la relation rustique d'un abbé espagnol , laquelle nous représente un président de la province d'Espagne, sous Dio- •clétien, venant à Roda, en Catalogne, fonder un Capitole^
Nous ne pensons pas qu'il y ait lieu de faire plus de cas d'un passage des actes de sainte Macre, écrits vraisemblablement à l'époque carolingienne, où il est question d'un Capitole, évidemment imaginaire t qui aurait décoré la bourgade de Fismes, près de Reims 2.
Chroniques du moyen âge.
Entre les diverses altératicms du sens de Capiioliam, nées avec le dédin des lettres latines, les chroniqueurs laïques du moyen âge ont opté pour la synonynùe erronée de ce terme avec forteresse. Nous en avons un exemple dans le passage de la chronique d'Aymar de Chabannais, où le château fort de Saintes est appelé Capitolium ^, On est parti de là pour chercher à Saintes les vestiges d'un Capijtole; et conmxe cette ville a joui d'une véritable splendeur à l'époque romaine, on a trouvé dans les débris architectoniques sortis de son sol de quoi reconstituer plusieurs temples. Mais tous les temples n'étaient pas des Capitoles, et aucun de ceux qui ont été rencontrés à Saintes n'étant ainsi qualifié ni par des textes antiques ni par la tradition ^, le propos du chronicfùeur précité doit être considéré comme une figure de rhétorique.
Lieux*dit8.
Dans les enquêtes de l'histoire, comme dans celles de la justice ^ deux catégories de témoins sont particulièrement appréciables : ceux qui ont pleine connaissance de faits qu'ils ont vus, puis, ceux qui répètent naïvement et sans parti pris d'aucune sorte ce qu'ils ont
* Acta sanctoram Vincentu, Orontii et alior. apud Acta sanctonun, januarii t. II , aajan.
* Acta sanctorwn, janiuurii 1. 1, 6 jan. — Cf. G. Maiïot, Histoire de Reims, 1. 1 , p. 5o5-5o7.
3 Scriptor. rer, fronde, édit. Bouc[uet, t, X , p. i5o.
^ LaSauvagère, Recueil d'andqtdtés dans les GaoLes, p. 16-18. — Chaudruc de Grazannes, Antiqu'tés de la ville de Saintes et du département de la Charente- Inférieure , p. 20-318.
entendu <iire. Les lieux-dits sont dans «e dernier cas. Us peuvent être comparés à un écho inconscient, qui transmet à travers les âges des mots se rapportant à un ordre de choses depuis longtemps disparu. Dans son parcours, la formule de cet écho aura pu subir plus d'une inflexion tenant à la nature des parois qui Fauront recueillie pour la répercuter; mais l'essentiel sera que la chaîne des vibrations n'ait pas été interrompue, ni même déviée, par une immixtion réfléchie. En d'autres termes, le lieu-dit n'aura de valeur qu'à la condition de procéder entièrement de la tradition populaire et de n'avoir été remanié par aucune plume ingénieuse ou savante.
Quatre Capitoles nous sont connus par cette source d'inform.a^ tions : celui de Vesontio dont nous avons longuement traité, ainsi que ceux de Florence, de Cologne et de Nîmes.
A Florence, le souvenir du Capitole a fourni le surnom dHine petite ^ise contiguë à la place du Vieux-Marché, qui passe à juste titre pour l'ancien forum de la ville. Cette humble basilique s'appelle Sainte-Marie da Capitole ^.
Les mêmes circonstances se retrouvent à Cologne. Cette seconde Sainte -Marie du Capitole occupe le sonmiet d'un léger pli de terrain qui va mourir sur les bords du grand fleuve. Les chroniques locales rapportent la fondation de cette église monastique à Plectrude, épouse répudiée de Pépin de Herstal; elles ajoutent que la malheureuse princesse utilisa dans ce but le Capitole ou palais des ducs d'Austrasie ^. Qu'il y ait ou non quelque chose de fondé tlans cette histoire, peu importe au but que nous poursuivons : nous n'avons à retenir que le vocable Sainte -Marie du Capitole, qui nous parait extrêmement significatif.
Les chartes Se Nîmes désignait sous le nom de Sanctas Siephanus de Capitoïio, devenu ensuite Saint-Etienne du Capdueil, une pe-
* ViHahi, Historia umversalis, 1. I» c. xxxviii, apud Muratorî, Ber, Ital. script t. XIII. — Poggii Historia Florentina, \. I, apud Graev. Thés, aritiq. îtxd, t. VIII, I '• partie. — Voyez , dans le même volume de Graevius , le n* i o5 d*un plan perspectif de Florence.
* i£gid. Gelenii De magnitadine Coloniœ, p. 3 23. — Mabillon, Annales ordinis Sancii Benedicti, t. I, p. 689. — Lecomte, Annales ecclesiastici Francor. t. IV, p. 2 1 3-2 1 4. — Gallia christiana, t. III , col. 770. — Cf. Acta sanctornm, septembris t. IV, 1 à sept.
tite église qui joignait la Maison-Carrée. Les érudits du xvi* siècle en avaient conclu que. ce beau temple antique avait été le Capitole de la colonie de Nimes K Cette attribution nous semble avoir conservé toute sa force, la seule objection qui lui ait été faite consistant à dire qu'un Capitole ne se conçoit qu'en lieu haut et fortifié ^. Ce dernier préjugé, devenu populaire à force d'avoir été r^roduit, est sans doute l'origine du nom de Capiiok donné par les habitants du bourg de Cailly (Seine-Inférieure) à leur château du moyen a^e^ : aussi, malgré la richesse du lieu en antiquités romaines , ne citerons nous ce prétendu Capitole que pour montrer que les lieux-dits comportent aussi des chances d'erreurs,
VÏI
Dans Texamen critique que nous venons de faire des sources à mettre en œuvre pour retrouver les Capitoles pro>dnciaux du monde romain, vingt -quatre de ces édifices nous ont paru suffîsanmient constatés: onze en Italie, ceux d'Aquilée, de Vérone, deCapoue, de Bénévent, de Florence, de Brescia, de Ravenne, de Paieries, â'Hisionium, de Marruvium Marsorum et de Pompéi; six dans les Gaules, à Narbonne, à Nimes, à Toulouse^ à Àutun, à Besançc^ et à Colc^e; quatre en Orient, dans les villes d'Antioche, de Corinthe, de Constantinople et de Jérusalem ; trois en Afrique, à Car* thage, à Cirta et à Thamugas.
Essayons maintenant, au moyen des données ainsi recueillies, de déterminer les conditions d'origine, de situation et d'existence de ce genre d'édifices.
Dans les provinces, aussi bien qu'à Renne, on entendait par Capitole un temple à trois sanctuaires, dédié aux trois divinités principales de la religion officielle : la nef centrale était consacrée à Jupiter, celle de droite à Minerve, celle de gauche à Junon. Ac-
^ Poido d*Albeiuis, Discours hùtorial de l'€uitiqnje cité de Nismes, Lyon, i56o , in-folio, p. 78-80. — G. Bruin, Civitates orbis terrarwn. Colon. 1872, in-folio, art. Nbmavsus.
^ Ménard , Histoire de la ville de Nismes, t. YII , p. 34 et 1 1 5.
' L*abbé Xllocbet, La Seine -Inférieure historique et archéologique, 2* édition, p. 196-197.
cessoirement , d'autres divinités y étaient admises pour faire cortège aux images des maîtres du lieu ^. Trois Clamines y présidaient à l'exQTcice du triple culte 2. Les parois extérieures du temple servaient sans doute, comme à Home, à fixer les tables des lois^ et les étalons des mesures*. Sous les portiques qui encadraient le monument ^, on plaçait les statues et les bustes des hommes célèbres à qui les municipalités provinciales décemaiait cet insigne honneuir ^. Enfin , comme dans certaines circonstances le sénat de Rome s'assemblait au Capitole de la grande ville'', il est probable que, dans la plupart des autres localités pourvues d'un édifice analogue, ce Capitole faisait fonction de Curie.
Bien que Vitruve eût posé ce principe que les temples des dieux tutélaires, tels que Jupiter, Junon et Minerve, devaient être placés en lieu aussi éminent que possible, afin d'avoir vue sur la plus grande partie des murailles^, cette recommandation ne fit pas loi pour l'assiette des Capitoles. Dans beaucoupde villes, surtout quand les hauteurs étaient déjà pourvues d'autres sanctuaires, on assigna au Capitole une position centrale, ce qui d'ailleurs le rendait plus accessible et plus apte aux divers services que nous avons énumérés. Sur douze Capitoles dont nous connaissons les emplacements, six, qui sont ceux de Capoue, de Cirta, de Thamugas, de Narbonne, de Cologne et de Jérusalem, siégeaient sur des éminences; tandis qu'un pareil nombre, ceux de Pompéi, de Corinthe, de Florence, de Nîmes» d'Autun et de Besançon, étaient fondés en terrain plan.
' J. Rycquii De CapitoUo romano , c. xxiv et xxv. Capitoles de Ravenne et de Besançon.
^ Voyez finscription , citée plus haut , du Capitole de Thamugas. ^ J. Rycquii op. ciL c. xxx.
* Gruter, Corpus inscrtpt. p. CCXXIII , n* 3.
^ Capitoles de Besançon , de Thamugas , de Pompéi et de Constantinople. ^ Capitole de Bénévent.
^ 2uv#A^v 'oSy oCx es rè aiiuifOes avpéèpwv âXX* es ràv toCf ^tds pe^ rov KaneruXiov, 6v oéÊovat Pù^uuoi èv obtpovàXet, (Herodiani Hist 1. VIII, e. x, 8 2.)
* « >£dibiis vero sacris , quorum deorum maxime in tutela oivitas videtur esse , ut Jovi et Junoni et Minervae, in excelsissimo loco, unde mœnium maxima pars conspiciatur, areae distribuantur. » (Vitruvii Architectura , 1. 1, c. vu.)
Les Capitoles provinciaux paraissent résulter de concessions gracieuses du gouvernement impérial, et cette nature de faveurs semblerait avoir été exclusivement le lot des colonies, c'est-à-dire des villes admises à jouir de la jdénitude des institutions romaines. En efifet, sur les vingt^quatre Gapîtoles que nous avons reconnus, vingt -trois appartiennent à des localités soumises au droit colonique ^; et quant à celui de Marravium Marsoram, qui pourrait
* Antioche , métropde de la Syrie , érigée en colonie par Garacalla. (Pauli lib. I L De censibns. — Vaillant» Numismata colon, t. ÎI , p. 35.)
Autun : la persistance de son nom individuel (Augustodunum) est une preuve de sa condition colonique.
Aquiiée, quidifiée colonie par Pline (1. III, c. jtxii) et par Ptolémée (1. I, c. xv).
Bénévent, colonie fondée par Néron sous le vocable Concordia. (Frontini De coloniis. — Plin. 1. III» c. xvi.)
Besançon, Cohnia Seqnanorum, dit une inscription que nous avons citée.
Brescia était, au dire de Pline (1. III, c. xxra). Tune des colonies de la région méditerranéenne.
Capoue, colonie fondée par Jules César, avec le surnom de Julia FeUx. (Frontini De cohniis. — Sueton. Cœsar, c. lxxxi.)
Garthage , première colonie créée par Rome en dehors de fltalie , sous le nom de Junonia; rétabHe par Jules César avec le vocable de JuUa Oxrihago , l'an 7 lo de Rome. (VeUeiùs, 1. II, c» xv. — Plutarcbi C. Gracchus, c. x et xi; C^tsar, c. Lvn. ^ Dion Cass. L XLIILJ
Cirta, colonie fondée par P. Sittius, sous les aus{Mce6 de Jules César. (Plin. 1. V, c, II. — L. Renier, înscript rom. de f Algérie, n" 1807 et suiv.)
Cologne, colonie fondée par l'impératrice Agrippine, dans le lieu de sa naissance. (Plin. 1. rV, c. XXXI. ^- Taciti Annal. 1. XII, c. xxvii.)
Constantinople, auparavant Byzance , ruinée de fond en comble par Sieptime Sévère, puis reconstruite et repeuplée par ce même empereur et par son fils Caracalla; elle prit alors le nom êtAntonina Byzantiorum Augnsta, ce qui indique assez qu*on en avait fait une colonie. (Ducange, ConsteaitinopoUs , 1. I, c. xvi.)
Corinthe, relevée comme colonie par Jules César, en même temps que Garthage. (Plutarchi Cœsar, c. lyii. — Dion Cass. L XLIII.)
Paieries, appelée Colonia Jwnoma par Frontin, qualifiée colonie par Pline (1. III, c. viii), et Colonia Faliscorum par une inscription (Henzen, n* SiSa).
Florence, citée cmnme colonie par Frontin et par Tacite (Annal. 1. I,
c. LXXIX).
Histonium , colonie de la région du Samnium. ( Frontini De coloniis. ) Jérusalem , relevée comme colonie par Hadrien et surnommée alors .^Ha Capitolina. (Dion Cass. 1. LXIX.)
faire exception, rien ne prouve que Tancien chef-lieu des Marses n'a pas été, à un moment de son existence, repeuplé par quelque corps de vétérans des armées romaines.,
Narbonne, la plus ancienne colonie romaine de la Gaule transalpine. (Plin 1. III, C.V.)
Nîmes, c(4onie fondée par Auguste : les monnaies locales et les inscriptions abondent pour en témoigner.
Pompéi , deux fois érigée en colonie , d'abord par Sylla , puis par Auguste : une inscription lui donne cette qualité. (Mazois, Ruines de Pompéi, t. IV, p. 69. — Henzen, n^ 7088*.)
Ravenne, colonisée en même temps que Rimini. (Strabonis Geog. l.V, c. i,
Tbamugas : les inscriptions qualifient cette ville de colonie. (L. Renier, Inscr. romaines d'Alijérie, n" 1479 et suiv.)
Toulouse , appelée colonie par Ptolémée.
Vérone, colonisée par Gallien, avec le surnom de Nova Augusta Galliena : rinscription d'une des portes de ceftc ville en fait foi. (Vaillant, Numismata colon. LU, p. 34a.)
leeàwtw^faitea' à la Jorionns 0111868.
Pl.I.
VESONTIO.
( Besançon.)
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CAPITULE I Plan de'
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