FÊTES DONNÉES AU CAPITOLE AU XV« SIÈCLE
En 1408, le peuple ayant été en partie rétabli par le Saint- Sièg'e dans ses franchises, les bannerets allèrent jurer fidélité et obéissance au cardinal légat qui représentait le pape; ce fut l'occasion d'une fête publique; le cardinal leur remit des bannières qu'on n'avait pas même eu le temps de finir, et ils les portèrent au Capitole où les caporioîii, les chefs de quartiers, les attendaient; on les reçut au son du tambour et des trompes, et ils s'installèrent dans leur palais*.
1473, fol. i3j ; an. 1472-1476, fol. 18; an 1482-1484, fol. 227, 25o. Franciso de Cassia Comestabili ad custodiam Capitolii cum paghis XX conditcto propler absentiam Dni Papae (i3 juillet), et ainsi de suite. Plus tard, en i486 : Flor. LXXV lohanni de Ferraria Comestatili Capitolii pro eius et XXX pagharum uniits mensis provisione (28 novembre). — Flor. XXV Juliano de Aqiiila Comestabili Capitolii pro sua et X pagharum unius mensis provisione (i" décembre). — Flor. XXV Juliano de Aquila pro eius et X pagharum provisione unius me«5t5 (i" janvier 1487) (Mand. Camer., an. 1484-1489, fol. 262, 264 ; an. 1487-1488, fol. 317). En septembre 147011 avait été fait quelques travaux dans les logements des gardiens du Capitole : Flor. XXXII bol. LXXI Magro Dominico de Florentia fabro lignaminis per eum expensis in faciendas cei'tas domus in palatio Capitolii pro usu stipendiatorum (Mand. Cam., an. 1470-1471, fol. 21). — i. A propos des gardiens du Capitole, il n'est peut-être pas hors de propos de parler des oies. Le Musée du Capitole en possède deux de bronze ; elles viennent des thermes de Dioclétien où les pères chartreux, qui y avaient un couvent, les conservaient pieusement avec beaucoup d'autres antiquités; en mars 1727, un antiquaire, du nom de Bertoli, acheta toutes ces antiquités pour compte de l'empereur d'Allemagne à la réserve des oies que les conservateurs réclamèrent pour le Capitole. (Cancellieri, // Colombo, p. 390.) Il a été parlé plus haut de la peinture murale remontant, d'après Gerardi, à la première moitié du xiv* siècle et retrouvée en 1898, qui représentait les oies capitolines {Dullettino Arch. Corn., an. 1889, tav. xii). Si on les vénérait à Rome, on les poursuivait encore d'une haine tenace en P'rance au commencement du siècle dernier, à en croire, du moins, le comte sénateur Lanjuinais ; voici ce qu'il écrivait, en mai 1810, à l'abbé Cancellieri en réponse à une lettre de celui-ci : « ...Quant au jeu du décollement de l'oie, il est encore pratiqué fréquemment dans les communes autour de Paris et il l'a été autrefois dans les fêtes municipales de Paris. J'ai entendu conjecturer qu'il vient d'une espèce de vengeance et de haine des Gaulois contre l'espèce d'oiseau qui empêcha leur armée de prendre le Capitole. y (Cancellieri, // Mercato e Lago, p. 276.) .Voici en quoi consistait ce jeu : on bandait les yeux des joueurs, on les plaçait à une certaine distance d'une oie pendue, et ils devaient aller lui trancher le cou d'un coup.de couteau ; comme ils déviaient le plus souvent dans leur marche, ils frappaient en l'air. La longueur du cou de l'oie, plus que la haine séculaire dont parle Lanjuinais, semble l'avoir désignée pour le rôle qu'elle joue dans ce jeu. Maintenant, on le pratique encore dans les campagnes, mais on a remplacé l'oie par un bouquet attaché à une ficelle. — 2. Muratori, R. It. Script., XXIV, ç8q ; Gregorovius, III, 592.
nh LE CAPITOLE ROMAIN.
Des réjouissances plus régulières s'établirent au couronnement de chaque pape; les officiers 'et les magistrats municipaux se réunissaient le soir dans un banquet ; le trésor communal payait la dépense qui s'éleva en 1471, à l'occasion du couronnement de Sixte IV, à la somme considérable de cinquante florins*.
Vers le milieu du siècle, l'habitude s'introduisit que les caporioni présentassent devant le sénateur et devant le peuple assemblé sur les degrés du Capitole les taureaux qui devaient figurer aux jeux que l'on célébrait chaque année, au mois de février, sur le mont Testaccio, et qu'ils avaient la charge de fournir; ensuite, ces taureaux étaient promenés en grande pompe dans toute la ville. La rivalité des quartiers éclatait en lutte sanglante quand les taureaux amenés par l'un des caporioni remportaient trop de suffrages; il en fut ainsi en 1483; les marescalchi (la maréchaussée) du quartier Monti en vinrent aux mains avec ceux du Transtévère dont la population passait du reste, et à juste titre, pour éminemment batailleuse; les milices des autres quartiers prirent parti dans la querelle, et la mêlée devint générale et si sanglante que les conservateurs, après s'être vainement interposés, durent se retirer en hâte dans leur palais*.
Les combats de taureaux du mont Testaccio et l'exhibition faite au Capitole continuèrent au siècle suivant ; parfois la course avait lieu sur la place même; on lâchait les taureaux que des chiens excitaient et les joueurs devaient les maîtriser. Il est parlé d'un « spectacle de taureaux fait au Capitole » dans une signification adressée en i535 aux meuniers de la ville pour leur enjoindre de participer aux frais de la représentation '.
Le cérémonial de la fête n'était d'ailleurs pas modifié, le défilé avait lieu comme d'habitude; en i536, les habitants de Tivoli, l'une des cités vassales de Rome, se présentèrent avec « leurs
I. Solvatis Mag^i» aime Urbis Conservatoribus fl. L pro expensis per eos factis in prandio ofjicialium et civitim romanorum qui offitiarunt SS»»^ D. N-', in die coronationis (25 septembre 1471). {Archiv. di StatOy M. Camer., 1471-1473, fol. 17.) — 2. MuRATORi, Ibid., XXIV, 1082. — 3. En marge : Significatio pro molendinariis. Texte : Vobis Mag*' Conservatoribus aime Urbis et aliis ad quos spectat. De mandato Etc. auctoritate Etc. harum série significamus qualiter cum molendinarii molarum aime Urbis ex causa solutionis impositionis trium Duc. pro qualibet mola pro publico festo sive spectaculo Taurorum Garnisprivii in Capitolio die lune facto ad S. N. D. recursum habuissent S. S'»* hujus' modi causam nobis in Cam. Ap. cognoscere commisit. Ideo magnificentiam vestram hortamur ut eosdem Molendinarios donec causa hujusmodi in dicta Caméra cognita et decisa fuerit molestare facere nolint. Dat. Rome in Cam. Ap. die Xmensis Februarii i535. {Archiv.Seg. Vat., Div. Camer., vol. 97, fol. 90.) Des combats de taureaux avaient eu lieu deux siècles auparavant au Colisée. P. Adinolfi, Roma nelV Età di Mezzo, I, 367. Cf. F. Clementi, Il Carnevale Romano, Rome, sans date, p. 33. Chronique de Monaldeschi dans Muratom, XII, 535.
AURELIA ÈXTRICATA. ii5
^ joueurs > à cheval, vêtus de velours noir et tenant, en signe de
soumission, l'étendard rouge du peuple romain*.